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Reconnu actuellement comme une composante majeure de la coopération canadienne tant par son expertise professionnelle que par les valeurs d'humanisme qui le portent, le Centre canadien d'étude et de coopération internationale (CECI) est une ONG de coopération directe, présente dans plus de 20 pays en développement. Les programmes du CECI permettent à des Canadiens d'offrir généreusement leurs compétences comme volontaires. De plus, le CECI mise également sur des professionnels nationaux ¦uvrant dans leur propre pays ou dans d'autres pays du Sud afin d'offrir à ses partenaires une assistance technique dans de nombreux domaines du développement.
Le CECI s'est engagé depuis déjà plusieurs années en faveur de l'égalité des rapports entre hommes et femmes et il a développé au fil des ans une expertise reconnue dans le domaine. En se dotant en 1992 d'une politique Femmes et développement et par la suite d'un plan d'action GED annuel pour l'ensemble de l'organisation, le CECI affirmait ainsi sa volonté institutionnelle de contribuer, par ses programmes et projets, à une participation pleine et entière des femmes au développement. Cette politique s'inscrit dans la philosophie et les orientations générales du CECI visant à bâtir un développement solidaire centré sur les personnes, fondé sur un développement démocratique, équitable et participatif. La politique Femmes et développement du CECI ainsi que la pratique que nous avons développées jusqu'à maintenant nous amènent donc à viser, en priorité, la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes et le renforcement du pouvoir des femmes.
La Conférence de Vienne sur les droits de l'homme en 1993, puis la Conférence sur les femmes de Beijing en 1995, ont rappelé que les droits des femmes sont des droits humains. Dans la majorité des pays, des réalités économiques, sociales et juridiques maintiennent les femmes dans un statut d'infériorité face aux hommes et ce, malgré la contribution indispensable qu'elles apportent à la vie socio-économique de leurs pays. La persistance de ces inégalités est maintenant reconnue comme un frein majeur au développement humain. L'égalité entre les hommes et les femmes, le renforcement du pouvoir des femmes et la détermination à combattre la discrimination fondée sur le sexe figurent donc haut dans les objectifs de développement que le CECI poursuit à travers ses interventions.
Une vision du développement humain qui place les personnes au centre de ses préoccupations, telle que soutenue par le CECI, implique nécessairement l'inclusion de la dimension genre. Pour ce faire, nous avons la conviction que cette vision doit s'appuyer sur les considérations suivantes:
L'égalité des droits entre les hommes et les femmes doit être consacrée comme un principe fondamental. Les barrières juridiques, économiques, politiques, sociales ou culturelles doivent être identifiées et levées.
Les droits humains et les droits des femmes sont universels et indivisibles. Ils ne peuvent être remis en cause sous le couvert du respect des différentes cultures. Ils peuvent se réaliser de manière différente selon les contextes culturels, mais le principe de l'égalité et de l'équité entre hommes et femmes s'applique à tous les êtres humains, sans exception.
Les femmes et les filles doivent être considérées avant tout comme des protagonistes du développement. Elles doivent donc être actrices et bénéficiaires des changements recherchés. Il n'y a pas de développement humain ou de développement démocratique sans leur pleine participation.
Les projets de développement ont des effets différents sur les hommes et les femmes de par leur position distincte dans la société. Les femmes et les hommes doivent donc participer pleinement au processus de prises de décision afin de recevoir et profiter équitablement des retombées des projets.
Pour le CECI, la recherche de l'égalité et de l'équité homme/femme ne relève pas d'un secteur distinct ou parallèle, mais traduit une préoccupation générale qui touche tous les secteurs. La promotion de l'égalité homme/femme n'est donc pas seulement une affaire de femmes. C'est un enjeu de société auquel les femmes et les hommes doivent s'attaquer de façon concertée.
Il s'agit donc de déplacer l'accent généralement mis sur les femmes comme groupes cibles directs des interventions des projets pour considérer les rapports de genre dans l'ensemble des buts et des résultats recherchés.
Par ailleurs, l'approche genre et développement implique des responsabilités à partager au sein de l'organisation dans la mise en oeuvre des projets. Cette approche doit donc être portée par l'ensemble du personnel, hommes et femmes, impliqués dans le développement de ces projets.
Nous considérons qu'il est essentiel de faire l'analyse de la problématique des rapports entre les hommes et les femmes dans les différents pays et secteurs où nous prévoyons intervenir. Dans les études de base de démarrage de projets, nous privilégions, dans la mesure du possible, une approche qui nous permette d'obtenir des données comparatives entre les sexes. Dans les cas où cela n'est pas possible, nous établissons des diagnostics complémentaires GED. Par ces analyses, nous pouvons ainsi identifier les contraintes spécifiques qui restreignent la participation des femmes dans les projets de développement et ainsi chercher à développer différentes mesures visant à la fois à renforcer leurs positionnements déjà acquis et à agir, autant que possible, sur les facteurs d'iniquités.
Nous avons acquis la conviction que le dialogue avec les partenaires est un facteur clé dans ce domaine particulièrement délicat des interventions visant la promotion de la participation des femmes et le renforcement de leur pouvoir. En effet, le dialogue sur les stratégies GED développées avec les partenaires de nos projets nous garantit une meilleure appropriation des objectifs visés par ces interventions et nous permet de mieux prendre en compte le contexte dans lequel nous intervenons, avec une meilleure connaissance des résistances et des opportunités. Cela nous permet également d'apprendre de ce dialogue et d'enrichir notre pratique.
Travailler à l'égalité entre hommes et femmes implique pour le CECI deux approches complémentaires:
Nous cherchons à développer dans chaque programme ou projet s'adressant à une population mixte une approche transversale, incluant une stratégie GED explicite. Il s'agit de faire en sorte que la question des rapports de genre soit intégrée dans toutes les dimensions du programme ou projet et que cela se traduise dans les indicateurs et dans les résultats recherchés.
Par ailleurs, nous considérons qu'il est parfois nécessaire de développer des programmes qui ciblent spécifiquement les intérêts des femmes. Dans ce cadre, le CECI a développé des interventions visant à soutenir des initiatives ou des réseaux de groupes qui travaillent spécifiquement à la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes dans le champ économique, politique, juridique, ou social.
L'élimination des barrières à la pleine participation des femmes à la vie de leurs pays pose ainsi des défis particuliers qui doivent faire l'objet de stratégies en conséquence. Le CECI a développé plusieurs programmes visant la participation et le renforcement du pouvoir des femmes, soit dans des projets orientés directement vers des femmes, soit dans des projets s'adressant aux communautés dans leur ensemble. Dans la perspective d'un développement centré sur l'égalité et l'équité entre les genres, nous travaillons entre autres à:
- renforcer la participation politique des femmes,
- former des ressources nationales sur les enjeux liés aux rapports de genre,
- promouvoir le leadership féminin,
- lutter contre les violences faites aux femmes,
- favoriser l'accès aux opportunités économiques,
- renforcer le pouvoir économique des femmes,
- contribuer à la scolarisation des filles,
- promouvoir la participation civique des femmes,
- promouvoir la participation des femmes aux prises de décision au sein des organisations de la société civile,
- appuyer des réformes législatives favorables aux droits des femmes,
- renforcer les réseaux d'action en faveur des droits des femmes,
- faire connaître les droits des femmes par l'éducation civique du public, des leaders de la société civile,
- stimuler les débats publics sur les enjeux de l'équité et l'égalité entre les hommes et les femmes,
- renforcer la capacité de négociation des femmes pour la prévention des conflits et la consolidation de la paix.
Des mesures concrètes dans la mise en oeuvre des programmes et projets
Le CECI peut développer différentes mesures pour faciliter l'intégration de la dimension GED dans ses programmes et projets. En voici quelques exemples:
Mettre en place un système de suivi-évaluation qui comprenne des indicateurs permettant de mesurer le degré d'accès et de contrôle des femmes par rapport aux ressources et avantages du projet, de même que l'impact des réponses à leurs besoins pratiques et intérêts stratégiques.
Hélène Lagacé
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Le Comité québécois femmes et développement (CQFD) de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) est un comité d'échange, d'information et d'expertise sur les questions touchant les femmes et le développement dans le Tiers Monde. Formé en mai 1984, le comité est issu de l'intérêt manifesté par les organismes membres de l'AQOCI. Le CQFD regroupe actuellement une quarantaine de personnes, dont la moitié est issue d'organismes membres de l'AQOCI, l'autre étant issue de divers milieux : groupes de femmes, milieux universitaire, syndical ou communautaire, soit à titre de représentante de leur organisme soit à titre de membre individuelle.
Depuis quelques années, partout dans le monde, les femmes s'organisent de plus en plus et tentent de faire reconnaître leur rôle et leur contribution à tous les niveaux de la vie sociale dans leur pays. Dans le domaine du développement comme dans tous les autres domaines, une prise de conscience a émergé quant à l'apport primordial des femmes dans l'agriculture, la santé, l'éducation et tous les domaines reliés à la satisfaction des besoins de base. On constate que les pratiques concrètes des femmes laissent entrevoir une vision alternative du développement. Or, on réalise que partout dans le monde les femmes sont exclues des lieux de décisions économiques, politiques et sociales et que cette exclusion des femmes des lieux de pouvoir se répercute négativement sur les femmes du Tiers Monde et sur le développement de leur société.
Des forums internationaux, telle la décennie des femmes (conférence d'ouverture de 1975 à Mexico, de 1980 à Copenhague et de 1985 à Nairobi), ont porté à l'avant plan de l'actualité le rôle des femmes dans le développement. D'autres exemples montrent l'importance accordée à cette question dans les hautes sphères du développement et laissent soupçonner le bouillonnement de réflexion et d'action de base. Cette prise de conscience collective amène une profonde remise en question quant à la place insuffisante accordée aux femmes dans tous les domaines importants, particulièrement des femmes à la base, tant ici qu'au Tiers Monde.
Le Comité québécois femmes et développement se propose de :
Initiée par la Fédération des femmes du Québec, la marche mondiale des femmes va se dérouler selon les étapes suivantes:
Le 8 mars prochain marquera le début des activités liées à la Marche mondiale des femmes. Des lancements sont prévus dans la plupart des pays participants. Pour plusieurs, ces événements sont intégrés à leurs activités habituelles entourant le 8 mars. Nous invitons les coordinations nationales à organiser un lancement médiatique de la Marche le 8 mars (ou dans les environs) et à contacter les agences de presse internationales présentes dans leur pays. Un communiqué de presse commun et un scénario adaptables seront fournis à chacun des pays. Nous explorons aussi la faisabilité d'une conférence de presse à Montréal qui serait en lien avec : Genève où la coordination européenne organisent leur lancement: un événement médiatique à New York avec les membres du Comité de liaison international présents à la session de la Commission femmes de l'ONU et un lancement dans le Sud (lieu à déterminer).
À partir des données dont nous disposions lors de la session de travail, nous avons fixé notre objectif minimum de signatures à atteindre à 10 millions. Les femmes font montre d'imagination quant à la forme que les cartes prendront dans divers pays. En raison des coûts associés à la production des cartes ou des pétitions de papier mais aussi en vue de passer des messages spécifiques, des groupes envisagent d'inviter les femmes à signer sur des objets symboliques tels: des lacets de Nike ou des pièces électroniques (Philippines), des «dothie» un vêtement réservé aux hommes (Inde et Bangladesh), une courtepointe, etc.
II semble y avoir une certaine confusion entourant notre dernier envoi aux groupes participants de la Marche concernant la campagne de signatures en appui aux revendications mondiales. Les exemples d'une carte d'appui et d'une pétition que vous avez reçus n'étaient que des modèles. Il est souhaité que chaque pays remplace l'adresse de retour avec une adresse locale (ex: Son Excellence Kofi Annan. Secrétaire Général des Nations Unies A/S Coalition nationale XYZ, nom du pays, etc.) afin que chaque pays puisse effectuer la collecte et la comptabilisation des signatures pour ensuite acheminer le tout à l'adresse de New York.
Rappelons que chaque pays est invité à produire les cartes, pétitions, ou autre forme choisie, avec le contenu commun tout en ajoutant leur slogan national ou d'autres éléments (tel un dessin). Les coordinations nationales de chaque pays sont donc responsables de l'ensemble de leur campagne de signatures. Pour les pays qui n'ont toujours pas de coordination nationale, vous êtes fortement encouragées à vous regrouper avec les autres groupes de votre pays. Cela vous permettra de coordonner la campagne de signatures dans votre pays, en plus d'élaborer vos revendications nationales et d'organiser des activités communes et ainsi d'avoir un meilleur impact au niveau national. Pour plus d'informations sur la campagne de signatures, voir le guide d'accompagnement de la carte d'appui, envoyé en octobre dernier.
La présence d'une délégation internationale à Washington (le 15 octobre 2000) et le rassemblement à New York (le 17 octobre 2000) seront les points culminants de la Marche mondiale des femmes en l'an 2000. Nous avons adressé une demande de rencontre au Secrétaire Général, Monsieur Kofi Annan. Nous souhaitons aussi pouvoir nous adresser à l'Assemblée générale des Nations Unies le 17 octobre 2000. Une demande de rencontre sera aussi envoyée aux présidents du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Lors de notre passage à Washington, nous comptons sur leur présence pour entendre les demandes des femmes du monde. Nous comptons particulièrement sur les femmes des États-Unis pour mobiliser des femmes du monde. Nous comptons particulièrement sur les femmes des États-Unis pour mobiliser des femmes venant de tous horizons et de diverses cultures lors de ces rassemblements. Bien entendu, l'ensemble des groupes participants à travers le monde sont invités à participer. Nous voulons nous assurer qu'il y ait une représentation de l'ensemble des pays engagés dans la Marche. Nous souhaitons aussi que ces rassemblements obtiennent une couverture médiatique importante.
Lors de la session de travail, nous avons mis un certain temps à nous entendre sur la composition de la délégation qui rencontrera Kofi Annan ou autres représentants des institutions auxquelles nous nous adressons. Nous voulons une délégation à l'image de l'ensemble des groupes participants et représentative de la diversité des femmes. Le consensus s'est donc établi autour de la composition suivante: une représentante par pays participant (143 en ce moment) accompagnées des membres du Comité de liaison international, de membres du Comité de coordination de la Marche mondiale ainsi que des représentantes de femmes en situation de conflits plus criants (à déterminer selon la conjoncture).
Comme nous souhaitons agir à l'unisson le 17 octobre 2000, où que nous soyons sur la planète, nous appelons les groupes participants à organiser une action (locale, régionale ou nationale) d'une durée d'une heure. De plus, les pays participants sont invités à suggérer un geste visible à poser individuellement en cette journée qui marquera la fin de la Marche mondiale des femmes en l'an 2000.

OXFAM-Québec se préoccupe de plus en plus dans ses projets de la situation économique des femmes. C'est ainsi que l'organisme se trouve à s'occuper actuellement des projets concernant l'indépendance économique des femmes dans plusieurs pays.
Le projet d'appui aux activités génératrices de revenus pour des femmes palestiniennes est financé par le ministère des Affaires étrangères (Pays-Bas). C'est la preuve que d'autres bailleurs de fonds en dehors du Canada font confiance à l'expertise d'OXFAM-Québec.
Les femmes ont joué et jouent un rôle primordial dans l'économie palestinienne, mais elles ne sont pas vues comme des bénéficiaires prioritaires des programmes de crédit et de formation. De plus, les programmes de crédit qui ont été réalisés jusqu'à présent en Palestine ont tendance à reproduire les schémas traditionnels dans lesquels vivent les femmes plutôt que de favoriser des changements dans la société.
Le projet s'est donc donné comme objectif de renforcer la présence des femmes palestiniennes dans leur société en appuyant leurs activités génératrices de revenus. Pour ce faire, le projet leur fournit les services suivants : accès au crédit, formation (gestion, marketing, techniques), appui-conseil. Une importance toute particulière est accordée à l'exploration de nouveaux secteurs économiques rentables et non traditionnels pour les femmes afin de leur permettre d'avoir accès à ces secteurs porteurs d'avenir.
Les activités de la Phase I visent à permettre l'atteinte des résultats suivants :
Le projet fait suite à une étude de potentiel économique des femmes vietnamiennes, réalisée par OXFAM-Québec/OCSD avec un appui financier de l'ACCT. Cette étude identifiait les possibilités de développement d'activités génératrices de revenus ou entrepreneuriales par les femmes vietnamiennes, ainsi que les problèmes et les obstacles auxquels celles-ci sont confrontées. Sur la base des résultats de cette étude, et en fonction des problèmes et des besoins constatés, OXFAM-Québec/OCSD a formulé une proposition de projet qui a été approuvé par l'ACDI en décembre 1996.
Le projet vise à faciliter l'accès des femmes (groupes et individus) à l'activité économique et l'entrepreneuriat, en mettant à leur disposition des services appropriés de formation, d'encadrement et d'appui dans trois provinces du Vietnam (Hai Hung, Quang Ninh et Hanoi), en collaboration avec des institutions locales. Il vise également à faciliter l'accès des femmes aux programmes de crédit qui sont déjà disponibles au Vietnam, mais auxquels elles font peu appel.
Par le biais des activités du projet, OXFAM Québec/OCSD vise l'atteinte des résultats suivants :
Le projet MPP veut permettre aux femmes de mieux assumer leur rôle économique en renforçant leurs qualités entrepreneuriales et en favorisant la croissance de leurs revenus de façon durable. En même temps, par sa finalité même, l'amélioration du bien-être économique des femmes et de leur famille, il répond aux besoins fondamentaux des populations et relève de la problématique Femmes et Pauvreté.
Dans sa définition actuelle, le projet veut réaliser le renforcement de coopératives d'épargne et de crédit spécialisées dans le micro-prêt productif aux femmes (CECPROM). Il veut aussi assurer leur intégration à un réseau de caisses populaires camerounaises, la Ligue des Caisses Populaires Coopératives Limitées du Cameroun (CAMCCUL). Le projet prévoit en outre, l'assistance technique et financière à deux de ces coopératives qualifiées de pilotes: l'une localisée à Yaoundé, la CEC-PROM MATURE, l'autre à Douala, la CEC-PROM DOUALA.
La stratégie du projet s'appuie sur le désengagement d'OXFAM-Québec dans l'offre directe de services aux femmes menant des micro-projets productifs ou des petites entreprises. Pour ce faire, le projet procédera au renforcement institutionnel de coopératives d'épargne et de crédit pour les femmes par l'entremise d'expertises canadiennes et locales.
Le projet vise le développement de l'entrepreneuriat féminin avec l'appui du ministère des Affaires de la Femme et de la Famille et des ONG tunisiennes. Il s'agit de mettre en place un mécanisme durable d'appui aux activités économiques des femmes tunisiennes.
Les objectifs du projet sont les suivants :
Certains ont dit que ce serait impossible. Pourtant, le 16 novembre 1999, un Tribunal des droits de la personne a entrepris le dernier acte d'une plainte concernant l'équité salariale. Cette saga avait tenu l'affiche plus longtemps que tout autre spectacle sur Broadway. Les principaux acteurs de cette dramatique étaient l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) et le gouvernement fédéral du Canada; il y avait également une distribution de milliers - littéralement, 230 000 membres de l'Alliance, actifs et anciens.
Le premier acte de cette dramatique ayant dure plusieurs années remonte a la fin de 1984, lorsque l'AFPC avait déposé une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne, prétendant que le gouvernement fédéral enfreignait sa propre loi sur les droits de la personne en refusant d'accorder un salaire égal pour des fonctions équivalentes à ses employés et principalement des femmes, qui travaillaient comme commis.
Pour tenter de résoudre la question, le gouvernement du jour a profité de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 1985, pour annoncer une initiative mixte patronale-syndicale en vue d'étudier l'équité salariale dans la fonction publique fédérale. Cette étude, la plus considérable du genre au Canada, et probablement dans le monde, a mis en présence un nombre égal de représentants de l'employeur et du syndicat et exige quatre années de travail. Les résultats ont démontré clairement qu'il existait un écart salarial entre les hommes et les femmes accomplissant un travail de valeur égale.
En 1990, le gouvernement canadien a fait marche arrière au sujet des résultats de l'étude mixte et accorde unilatéralement des rajustements paritaires symboliques à quelques-uns des groupes d'employés en cause. Le syndicat a donc déposé une deuxième plainte qui débordait le cadre du groupe original de commis pour inclure tous les groupes a prédominance féminine représentés par l'Alliance - les commis, les secrétaires, les employés d'hôpitaux, les bibliothécaires, le personnel de soutien de l'enseignement et le personnel du traitement des données - et elle a demandé que les mesures nécessaires soient prises pour réduire l'écart salarial identifie par l'étude.
La Commission canadienne des droits de la personne a jugé les rajustements du gouvernement insuffisants et renvoyé la plainte a un Tribunal des droits de la personne. Ce tribunal de trois personnes a été nommé en janvier 1991. La suite ne peut être décrite que comme un exercice d'endurance pour le syndicat et nos membres. A peine le tribunal avait-il été nommé que le gouvernement s'est présenté pour la première - et non la dernière - fois devant les tribunaux pour contester la compétence du tribunal a entendre l'affaire. Il a perdu cette fois-là et toutes les autres fois ou il a comparu devant les tribunaux tout au long du processus.
Dans l'intervalle, l'équité salariale est devenue une question prioritaire lors de la grève nationale de 1991 des membres de l'AFPC contre le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Au lieu d'aborder les enjeux, le gouvernement a mis fin à la grève au moyen d'une loi et bloqua la négociation collective. Tout désir de réaliser l'équité salariale à la table de négociation collective a été mis en suspens lorsque le gouvernement libéral de Jean Chrétien a prolongé le gel sur la négociation jusqu'en 1997.
Tout au long de cette période, malgré de nombreux retards et plusieurs efforts pour le détourner, le tribunal a tenu plus de 260 jours d'audience au cours d'une période de six ans prenant fin en janvier 1997. Il a fallu 18 mois de plus au tribunal pour rédiger sa décision.
Plusieurs mois après la conclusion des audiences, et à la veille du congrès triennal de 1997 de l'Alliance, le gouvernement a coulé une offre de règlement au Toronto Star. Personne n'avait approché le syndicat directement. L'offre semblait représenter beaucoup d'argent, mais c'était considérablement moins que le montant requis pour réduire l'écart salarial. Le gouvernement a spéculé sur le fait que les membres de l'Alliance accepteraient un montant moindre. Après tout, la capacité financière du gouvernement de faire traîner le dossier aussi longtemps que possible devant les tribunaux, de même que son pouvoir législatif, constituaient des menaces toujours présentes. Mais il a perdu son pari. Même si les membres de l'Alliance avaient déjà attendu longtemps l'équité salariale, les tentatives du gouvernement, de leur faire accepter sans réfléchir un règlement bon marche, ont échoué complètement.
Enfin, le 29 juillet 1998, le tribunal a rendu publique sa décision - une victoire écrasante pour l'Alliance de la Fonction publique du Canada ! Le tribunal a ordonne des rajustements salariaux rétroactifs au 8 mars 1985, fondés sur les résultats de l'étude mixte, des calculs annuels de l'argent dû, plus l'intérêt simple sur tous les montants dus jusqu'a la date où les paiements seraient finalement versés.
Compte tenu de la performance du gouvernement en matière de litige, personne ne s'est étonnée lorsque, un mois plus tard, il a annoncé son intention d'en appeler de la décision du tribunal. L'appel a été entendu par le juge John Evans au cours d'une période de 10 jours à la Cour fédérale (section de première instance), à compter du 31 mai 1999.
Le 19 octobre 1999, le juge Evans a rendu sa décision, laquelle maintenait celle du tribunal. Le gouvernement a subi une défaite totale. Malgré que certains étaient d'avis qu'il fallait poursuivre ce dossier devant les tribunaux, l'opinion publique a laissé entendre qu'il était temps pour le gouvernement d'abandonner ces tactiques et de payer. Et c'est ce qu'il a fait. L'Alliance et le gouvernement ont signé un accord à la fin d'octobre au sujet des conditions d'application de la décision du tribunal. Trois semaines plus tard, le tribunal confirmait l'accord et le spectacle a finalement pris fin.
Les salaires seront finalement rajustés et tous les paiements rétroactifs, plus les intérêts, seront versés en 2000. En l'absence des informations détaillées dont le gouvernement fédéral dispose, l'Alliance ne peut que donner une estimation du montant total payable au titre de la rémunération et des intérêts rétroactifs. Nous estimons que le montant total se situe de dollars. La majorité des femmes dont les salaires seront rajustés gagnaient 30 000 $ par année ou moins.
Un simple récit des dates et des faits de la plainte ne peut rendre compte de l'effet que cela a eu sur le syndicat et ses membres au cours des années. Comment peut-on d'écrire les vagues de joie à l'annonce de la victoire devant le tribunal, ou les sentiments de découragement à la pensée d'une lutte judiciaire prolongée lorsque le gouvernement a annoncé qu'il en appellerait. Comment peut-on décrire le niveau de frustration ressenti par les milliers de travailleuses, qui savaient qu'elles n'étaient pas rémunérées à leur juste valeur et que leur employeur ne s'en souciait pas. Comment peut-on décrire l'engagement des militants qui ont organisé d'innombrables manifestations au cours des années, qui ont fait distribuer des milliers de cartes postales et organisé la rédaction de milliers de lettres, qui ont fait du lobbying, tenu des ralliements, organisé des activités et encouragé leurs collègues a tenir encore un peu plus longtemps au cours d'une période de quinze ans. Que doit-on dire aux familles des femmes qui n'ont pas vécu assez longtemps pour célébrer la victoire?
Le défi pour l'AFPC, et pour tous les syndicats, est de s'inspirer de cette victoire afin que les femmes n'aient pas a attendre des décennies pour que la Loi sur l'équité
salariale soit appliquée par leurs employeurs.
Pierre Lebel
J'ai voulu faire ce rapide survol pour quatre raisons principales.
€ La première, c'est que je désirais mettre en évidence le fait que le mouvement syndical, du moins dans ses origines, ne détient pas, malheureusement, de "lettres de noblesse" quant à la lutte aux discriminations spécifiques aux femmes sur le marché du travail.
La plupart du temps contrôlés par des hommes qui occupaient les postes de direction, les syndicats reproduisaient le modèle patriarcal de nos sociétés et véhiculaient les mêmes idées préconçues à l'égard des femmes, de leur rôle, de leur responsabilité maternelle. C'est aux syndicats à fort pourcentage de femmes et dirigés par des femmes qu'on peut attribuer les premières luttes supportant des revendications spécifiques pour corriger les situations vécues par les femmes.

Cela illustre avec beaucoup d'à-propos la nécessité absolue pour les femmes de prendre leur place et toute leur place au sein des organisations syndicales.
€ La seconde c'est que je voulais mettre en relief le fait que la culture organisationnelle des syndicats a un effet d'exclusion des femmes. En ce sens, "les absentes n'ont pas tous les torts". Il faut donc que le mouvement syndical identifie ses pratiques qui ont un tel effet, les modifie et se dote de programmes d'accès à 1'égalité syndicale pour corriger la sous-représentation des femmes à tous les paliers de l'organisation.
Et c'est bien plus qu'une simple question de ''justice mathématique". Quand des femmes, des féministes occuperont des fonctions de leadership... et donc d'influence, les revendications spécifiques des femmes seront portées à travers l'ensemble des préoccupations et leur situation sera mise en évidence à travers l'ensemble des interventions .
€ Cela m'amène ma troisième considération. Il faut que nous pratiquions un syndicalisme féministe. Cela commande, en plus de la représentation équitable et de l'accès au pouvoir syndical, la nécessité de maintenir au sein des centrales syndicales - et des syndicats - des comités de condition des femmes. Afin que la vigilance continue de s'exercer et les analyses de se déployer. Les féministes, dans leur action syndicale, sont celles qui dérangent... et qui permettent d'aller plus loin et de changer ainsi l'ordre établi de l'inégalité entre les femmes et les hommes.
Car l'histoire est têtue. Même si des progrès substantiels ont été réalisés, l'égalité pour les femmes est encore affaire de droit plutôt que de fait. Les femmes sont davantage touchées par le chômage qui dure plus longtemps dans leur cas; elles gagnent toujours, compétence et qualifications égales, 60 p. cent du salaire des hommes; elles sont toujours sous-représentées dans les postes de direction et de pouvoir. Quand elles occupent des emplois fortement féminisés et où le taux de syndicalisation est élevé, leur métier est dramatiquement sous-évalué en termes de rémunération. Citons, à titre d'exemples, l'enseignement et les soins infirmiers.
C'est ainsi que le syndicalisme pourra être une "voix" en faveur des femmes.
€ Enfin, mon quatrième élément de réflexion sera à l'effet que le féminisme doit être syndicaliste. Dans nos sociétés où les valeurs conservatrices sont à la hausse, nous n'avons pas les moyens - et les femmes moins que quiconque - de nous priver de l'apport conjugué des deux forces progressistes que constituent le mouvement féministe et le mouvement syndical.
Le syndicalisme est devenu, au fil des ans, une force organisée au sein de nos sociétés. C'est même dans certains cas la seule à part, bien sûr, celle des partis politiques. En ce sens, il peut et doit être un outil essentiel pour forger le progrès social et faire fleurir le changement.
Si, à ses origines, il n'a pas relevé le défi de la prise en compte et de la défense pleine et entière des injustices faites aux femmes, cela a bien changé. Les congés de maternité, l'accès à 1'égalité, le harcèlement sexuel, 1'équité salariale, la lutte en faveur de la maternité librement consentie et du contrôle par les femmes de leur corps sont autant de thèmes autour desquels le mouvement syndical a su mobiliser et rassembler. C'est ainsi que le syndicalisme pourra être une "voie" pour les femmes.
Ma conclusion sera brève. Les femmes doivent accéder au pouvoir dans les syndicats. Comme elles doivent y accéder dans toutes les sphères d'activités. Mais aussi parce que le syndicalisme étant de par son essence même instrument de démocratie, d'équité et de liberté, il constitue une voie privilégiée sur le chemin de la justice et de 1'égalité. Oui le "pouvoir syndical" peut servir de façon exceptionnelle à transformer nos sociétés dans le sens des espoirs qui nous animent. Ensemble, et plus nombreuses dans les lieux de pouvoir, nous pourrons influencer le cours des choses dans le sens de nos intérêts, de nos convictions, de nos valeurs... et ainsi recréer le monde.
Extraits d'un discours prononcé en avril 1990

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M. T.: |
Comment avez-vous traversé les événements de la Polytechnique ? |
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T. D.: |
Le soir du carnage, ma famille et moi avons vécu dans un suspens effroyable. Je n'étais pas certaine que ma fille était du nombre des victimes. C'était ses heures de classe, j'osais espérer qu'elle ne fut pas à l'endroit où les meurtres se perpétraient à ce moment-là. Tout en écoutant les événements à la télévision et n'ayant reçu aucune nouvelle d'elle, j'avais quand même une certaine force pour affronter le pire. Les amis sont venus nous entourer sachant que notre fille fréquentait la Polytechnique à l'heure de ce crime atroce. Finalement, on a appris la terrible nouvelle et vous pouvez imaginer comment on se sentait. On était comme dans les nuages, on ne comprenait pas pourquoi ni comment une telle chose pouvait arriver. C'était très difficile d'accepter une telle réalité. On était comme engourdi. Après, il y a eu l'exposition des victimes, les funérailles, un grand défilé de gens. Là, nous avons compris que c'était vraiment fini, qu'elle ne reviendrait plus. Maintenant, six ans après, nous assumons le fait qu'elle soit décédée. Je pense que c'est la violence utilisée pour enlever ces quatorze vies innocentes qui nous révolte et nous donne encore ce sentiment de non-acceptation vis-à-vis de ce meurtre collectif. |
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M. T.: |
Que faut-il faire pour éviter de tels événements tragiques ? |
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T. D.: |
Personne ne peut prétendre que de tels événements seront enrayés pour toujours. Il existe beaucoup de gens misérables de par le monde : misère morale, misère physique, misère psychologique. Certains ont mal dans leur intérieur et ne trouvent d'autres moyens d'exprimer ce mal que par le crime, le vol, le viol. Cependant, il faut beaucoup de prévention pour réussir à sinon éliminer, mais réduire le nombre d'événements de ce genre. En ce sens, l'adoption récente de la loi visant un contrôle plus serré des armes à feu constitue un grand pas vers le but à atteindre. Nous pensons aussi que 1'éducation représente un autre outil pour combattre cet état de fait. Par exemple, les propriétaires d'armes doivent apprendre à mettre celles-ci dans des lieux sécuritaires. Ils doivent apprendre à barrer leurs armoires afin d'éviter des accidents. On doit interdire l'accès aux armes à des personnes inexpérimentées. Ce sont des objets conçus pour tuer et la mort est fréquente en quelques secondes. Alors, il ne faut pas que les armes soient à la portée de tous. Depuis quatre ans, nos statistiques démontrent qu'il y a eu au Canada 1000 accidents causés par des armes à feu et 6000 suicides commis au moyen d'une arme à feu, dont 60 pour 100 sont des jeunes. D'où l'urgence d'agir. Nous espérons que cette loi adoptée en novembre 1995 servira à réduire considérablement ces pertes de vie par armes à feu domestiques. |
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M. T.: |
Que pensez-vous de l'évolution du mouvement féministe au Québec et au Canada ? |
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T. D.: |
Personnellement, je pense que le mouvement des femmes a été et est encore plus important ici que dans les autres pays du monde, même aux États-Unis et en France. Elles ont été à l'avant-garde depuis les années 70 et le sont encore de nos jours. Bien que je ne sois pas une militante féministe, mon travail de conseillère municipale depuis bientôt vingt ans me permet de faire cette constatation. Le mouvement a évolué en ce sens que les femmes ont appris à prendre leur place. Elles ne se contentent pas du secteur des services qui leur a été attribué par la société d'hommes. Les femmes occupent maintenant des postes autrefois réservés aux hommes, tels qu'ingénieure, mécanicienne, électricienne, etc. Certes, les femmes ont eu des acquis après tant d'années de lutte, mais il y a encore beaucoup à faire. L'essentiel c'est de continuer à se battre pour conserver ces acquis et tendre vers l'égalité. Il ne faut pas lâcher ! |

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M. T.: |
Pouvez-vous nous décrire vos attributions ministérielles ? |
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L. R.: |
En fait, comme présidente du Conseil du Trésor du Canada, je préside à la fois un des quatre comités du Cabinet du Conseil privé tout en ayant la responsabilité ministérielle de l'appareil administratif qui s'y rattache, le Secrétariat du Conseil du Trésor, qui constitue un ministère distinct. Le Conseil du Trésor assume les responsabilités du gouvernement canadien touchant les finances, le personnel et l'administration. En outre, le Conseil du Trésor définit le cadre stratégique dans les domaines suivants : comptabilité, vérification et évaluation, marchés, gestion financière, technologies de l'information, biens immobiliers, ainsi que les affaires réglementaires visant les méthodes administratives et les actifs fédéraux. Je m'acquitte de ma responsabilité de gestion du gouvernement en mettant en oeuvre les politiques et les programmes approuvés par le Cabinet et en fournissant aux ministères les ressources et l'appui administratif dont ils ont besoin pour effectuer leur travail. Le Conseil du Trésor examine et approuve les plans de dépenses proposés par les ministères fédéraux. Il examine également l'élaboration des programmes préalablement approuvés. Le Conseil du Trésor définit les conditions en vertu desquelles la fonction publique recrute et maintient à son service le personnel dont elle a besoin. Les éléments suivants, à ce titre, revêtent une importance particulière : la prestation d'un service approprié au public, un milieu de travail où l'on utilise les deux langues officielles et une représentation équitable dans les institutions fédérales pour les Canadiens de langue française, les Canadiens de langue anglaise et les membres des quatre groupes désignés, notamment les femmes, les personnes handicapées, les minorités visibles et les Autochtones. |
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M. T.: |
Quelles sont les grandes lignes de l'équité salariale prônée par votre ministère ? |
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L. R.: |
Le gouvernement canadien reconnaît qu'il lui incombe d'offrir à ses employés un salaire égal pour des fonctions équivalentes et il continue à appuyer le principe de l'équité salariale. À cet égard, nous avons conclu en 1999, avec le plus important syndicat de la fonction publique canadienne, une entente touchant plus de 230 000 employés, présents et passés, travaillant dans des groupes professionnels majoritairement féminins. Cette entente avait pour but de corriger certaines iniquités du passé. De plus, nous poursuivons, avec la collaboration des syndicats et de la Commission canadienne des droits de la personne, la mise en oeuvre d'une norme générale universelle de classification des postes sans discrimination basée sur le sexe. Cette norme est un moyen plus simple, plus direct et plus efficace d'évaluer et de décrire toute la gamme des caractéristiques du travail exécuté par les hommes et les femmes oeuvrant au sein de la fonction publique du Canada, y compris les catégories d'emploi traditionnellement sous-évaluées. Ainsi, l'équité salariale sera partie intégrante du système de rémunération du gouvernement du Canada. |
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M. T.: |
Que pensez-vous de l'avenir de la condition féminine au Canada ? |
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L. R.: |
Dans le cadre de mes responsabilités, il m'incombe de voir à ce la fonction publique fédérale soit représentative de la population canadienne. J'ai la conviction que l'un des rôles fondamentaux de l'État est de présenter aux citoyens et aux citoyennes un reflet de leur société. En ce qui concerne les femmes qui travaillent au sein de la fonction publique du Canada, je puis vous dire qu'il y a eu beaucoup de progrès au cours des dernières années. Par exemple, je suis ravie de constater que plus de 52 pour cent des employés de la fonction publique sont maintenant des femmes et que plus de la moitié d'entre elles occupent des postes administratifs, scientifiques, professionnels ou de gestion. Un bon nombre de ces postes ont été comblés par des femmes qui occupaient auparavant des postes de commis et de secrétariat dans la fonction publique. Cela est très encourageant et s'explique en grande partie par les opportunités d'apprentissage continu que nous offrons à nos fonctionnaires. Cette tendance me permet donc d'envisager l'avenir avec optimisme. Je crois qu'en ce début du 21e siècle, les femmes canadiennes pourront continuer à se voir offrir des opportunités de croissance professionnelle et personnelle tout en étant reconnues à leur juste valeur pour leur contribution. Nous oeuvrons notamment à faire en sorte que la fonction publique canadienne constitue un milieu de travail de choix, un environnement exempt non seulement de toute forme de discrimination ou de harcèlement, mais dont les gens sont fiers. En un mot, nous nous devons de créer pour toutes celles qui y travaillent un milieu stimulant et invitant, qui puisse attirer les meilleurs éléments de la société. Cela signifie également que des efforts doivent être investis pour les y garder. Les éléments essentiels pour bâtir ce milieu de travail ont pour noms la communication, la collaboration et, avant toute chose, le respect mutuel. Finalement, je fais le voeu que les réunions des femmes francophones qui auront lieu au Luxembourg et au Canada permettront d'approfondir la réflexion sur les questions qui influent sur l'avancement des femmes dans de nombreux domaines au plan mondial. |
Mme Finestone conduisait la délégation canadienne à la 4e conférence mondiale sur les femmes qui avait eu lieu en Chine en septembre 1995.
Diriger la délégation canadienne à la Conférence mondiale fut une expérience inoubliable. Quelque 17 000 délégué(e)s de 189 pays ont participé à cette conférence, la plus importante jamais tenue par les Nations Unies.
On a qualifié le Forum des ONG qui s'est déroulé à Huairou à environ une heure de Beijing de plus grand rassemblement de femmes de l'histoire. Plus de 30 000 femmes du monde entier y ont participé, dont 500 Canadiennes.
J'ai visité Huairou plusieurs fois et j'ai rencontré un grand nombre d'ONG canadiennes et internationales. Bien sûr, elles ont dû surmonter beaucoup d'obstacles - la pluie, la boue, un site isolé, des moyens de transport inadéquats et l'accès insuffisant pour les personnes handicapées.
Mais contrairement à ce que laissaient entendre les reportages des médias, les femmes étaient déterminées à délibérer des questions de la condition féminine et elles l'ont fait assurément.
En somme, jamais auparavant n'avait-on vu tant de Canadiennes et de Canadiens visiter la Chine au même moment. Ce qui m'a convaincue de l'importance que les femmes du Canada ont attaché à cette conférence.
L'objectif du Canada était de quitter Beijing avec un plan d'action ferme et concret pour faire avancer l'égalité des femmes d'ici l'an 2000 et je suis fière du résultat.
Le Canada a travaillé d'arrache-pied, avant et pendant la Conférence de Beijing, pour s'assurer que les droits humains des femmes soient solidement établis comme fondement de l'égalité des femmes. Il y a eu des négociations de dernière minute difficiles sur certaines incompatibilités entre les droits humains des femmes et les traditions nationales, culturelles et religieuses. Certaines délégations voulaient restreindre la portée des droits humains des femmes à cause de ces coutumes.
Finalement, le Programme d'action adopté à Beijing reconnaît l'importance du patrimoine culturel, mais affirme clairement que les États, quels que soient leurs systèmes politiques, économiques et culturels, ont le devoir de promouvoir et de protéger tous les droits humains et toutes les libertés fondamentales.
Le Programme établit un solide plan d'action afin de faire disparaître la violence faite aux femmes. Il s'agissait de l'une des priorités du Canada. On y réitère que le viol en situation de conflit constitue un crime de guerre et un crime contre l'humanité. On y indique que le viol est un acte de génocide dans certaines circonstances, ce qui est un élément nouveau dans les documents des Nations Unies. On y affirme aussi que les gouvernements doivent intervenir pour prévenir et éliminer la violence faite aux femmes.
Pour la première fois, une conférence des Nations Unies a énoncé clairement que les droits humains des femmes comprennent le droit de contrôler leur sexualité, sans coercition, discrimination et violence.
La Conférence a également réaffirmé les droits génésiques des femmes, comme le droit de contrôler le moment choisi pour avoir des enfants, l'espacement des naissances et le nombre d'enfants.
Le Programme reconnaît que la violence sexuelle et la persécution en raison du sexe sont des motifs qui peuvent jouer dans la demande de statut de réfugié présentée par des femmes. Ce texte a été soumis par le Canada.
Le Canada a joué un rôle dans la négociation d'un texte équilibré où l'on reconnaît que la famille, dans toutes ses formes, est l'unité de base de la société et doit être renforcée. Le Programme précise que l'éducation des enfants doit être partagée par les parents - femmes et hommes - et la société en général. Le document fait aussi état du rôle important de la maternité tout en soulignant que ce rôle ne devrait pas limiter la pleine participation des femmes dans toutes les sphères de la société.
Le Canada a pris l'initiative afin de faire adopter un texte fort sur le travail non rémunéré. Le Programme exhorte les gouvernements à mesurer et, ce qui importe encore plus, à évaluer le travail non rémunéré, dont la majeure partie est exécutée par les femmes. On reconnaît ainsi que le travail non rémunéré, comme les soins aux enfants et aux personnes âgées ainsi que le bénévolat au sein des communautés, est essentiel à la société.
Le document comprend des paragraphes fermes sur la nécessité de faire participer les femmes autochtones au développement, de reconnaître leur droit à l'éducation, d'assurer l'égalité d'accès aux soins de santé et de reconnaître les soins de santé traditionnels. Il y est aussi question de la nécessité de promouvoir la participation des femmes autochtones à la prise de décisions à tous les niveaux et de reconnaître leurs connaissances en matière de gestion de l'environnement.
Le Programme affirme la liberté d'association des femmes et leur droit de s'organiser. Ce libellé a été présenté par le Canada et, bien qu'il puisse sembler fondamental, les femmes dans de nombreux pays ne peuvent exercer ces droits.
À la Conférence, le Canada s'est vu décerner le Prix mondial pour les plus grands progrès réalisés dans la condition féminine par la Fédération internationale des femmes de carrières libérales et commerciales. Ce prix a été attribué au Canada pour son évolution constante et remarquable en matière de changements législatifs au cours de la dernière décennie. Le Canada a été l'un des 106 pays que la Fédération a évalués à l'égard des progrès réalisés dans la mise en oeuvre des Stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme, élaborées à la troisième Conférence mondiale sur les femmes en 1985.
En se préparant pour la Conférence, le Canada a élaboré son propre plan d'action national pour l'égalité entre les sexes. À l'aube du XXIe siècle: Plan fédéral pour l'égalité entre les sexes est un cadre d'intervention fédérale destiné à faire progresser l'égalité des femmes au Canada jusqu'en l'an 2000. Vingt-quatre ministères et organismes fédéraux ont participé à l'élaboration du Plan.
Le Plan fédéral énonce des engagements précis au sujet de la promotion de la santé des femmes, de leur égalité économique et culturelle, de la réduction de la violence, ainsi que de l'accès à tous les paliers de décision au Canada. Il décrit des mesures concrètes pour instaurer l'égalité, y compris une stratégie sur la santé des femmes et un effort de recherche important à cet égard, un nouveau fonds de recherche et de développement sur les services de garderie, un programme de garderie pour Autochtones dans les réserves et les communautés inuites et un mécanisme assurant l'égalité d'accès auxprêtscommerciaux.
La mesure la plus stratégique du Plan est le fait qu'il préconise l'analyse comparative entre les sexes à l'échelle du gouvernement fédéral. Le Plan demande que les ministères et les organismes fédéraux fassent en sorte que les mesures législatives et les politiques comportent à l'avenir une analyse qui permet d'évaluer les répercussions différentes que ces mesures législatives et politiques peuvent avoir sur les femmes et les hommes. Le Plan fédéral pour l'égalité entre les sexes complète le Programme d'action et constitue la pierre angulaire de la mise en oeuvre du Programme d'action au Canada. Au seuil du XXIe, le Canada est fermement déterminé à améliorer la situation des femmes.
Depuis la dernière Conférence mondiale sur les femmes tenue à Nairobi il y a dix ans, le Canada a fait des progrès considérables pour améliorer la situation de la femme. Nous avons l'intention de poursuivre nos efforts en ce sens en nous basant sur le Programme d'action adopté à Beijing et le nouveau Plan fédéral pour l'égalité entre les sexes. Je crois sincèrement que nos efforts contribueront à améliorer la vie des femmes, des hommes et de leurs familles au Canada.
Nous commémorons cette année le vingt-sixième anniversaire du Rapport de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme. Le Rapport était une étude qui fait époque sur la situation de la femme au Canada. Il renfermait 167 recommandations visant à assurer l'égalité des chances pour les femmes en milieu de travail et à reconnaître les contributions égales des deux partenaires pour le partage des biens familiaux lors de la dissolution du mariage.
Aujourd'hui, la plupart des recommandations ont été mises en oeuvre. Par exemple, la discrimination fondée sur le sexe est maintenant interdite dans toutes les lois canadiennes du travail, les salaires minimums sont les mêmes pour les femmes et les hommes, et on peut demander des congés de maternité et des prestations parentales.
La Commission royale d'enquête n'a pas mentionné la violence au nombre des problèmes graves de l'heure, mais ses membres entrevoyaient déjà les mesures à prendre pour réaliser l'égalité entre les sexes. Ils avaient prédit qu'au fur et à mesure que les racines, les causes et les conséquences de l'inégalité des femmes seraient identifiées, il surgirait de nouveaux problèmes auxquels il faudrait trouver des solutions.
Aujourd'hui, les Canadiennes ont accès à une autonomie et une indépendance financières plus grandes grâce à leur niveau d'instruction, à leur participation à la population active et aux améliorations apportées aux régimes de pension. En raison des changements d'attitudes à l'égard du rôle et des capacités des femmes, qui sont en grande partie attribuables à l'influence du rapport de la Commission, les «enjeux féminins» sont devenus les enjeux de la société.
Il y a maintenant 54 femmes à la Chambre des communes. Peu importe notre allégeance politique, nous partageons la même dette de gratitude envers la Commission royale d'enquête. Sans la vision éclairée de ses membres, la route aurait été encore plus longue et difficile.
Transatlantique 8 mars 1996

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M.T.: |
Pouvez-vous nous parler de votre participation au Sommet de la francophonies de Moncton qui était pour vous une première comme Présidente de la Suisse ? |
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R. D.: |
Certes, c'était la première fois que je participais à un tel sommet. Mais je dois préciser que, dans notre système de gouvernement collégial, nous suivons avec attention les activités présidentielles et les Sommets auxquels le Président participe. C'est dire que je connaissais la Francophonie, ses enjeux et ses difficultés. Ce que je retire de ma participation, c'est la conviction que la Francophonie représente un espace culturel qui, de plus en plus, reconnaît ses valeurs communes : ces valeurs communes devraient pas à pas inspirer des actions communes. Le processus n'est en rien facile, quand on sait que la Francophonie réunit des pays à l'histoire et aux conditions économiques si différentes les uns des autres. Le Sommet de Moncton aura renforcé la volonté d'agir ensemble. Beaucoup de travail reste à faire, et sera fait dans les prochaines années. |
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M.T.: |
Comment comptez-vous renforcer les relations entre la Suisse et le Canada et faire connaître davantage la Suisse au Canada ? |
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R. D.: |
La Suisse est un petit pays, qui entretient des relations internationales universelles. Dès lors, il n'est pas dans notre tradition de déterminer des actions spéciales pour mieux faire connaître notre pays dans un autre pays en particulier. Ce que nous voulons, c'est inscrire nos relations bilatérales dans la durée et dans la continuité. Et c'est ce que nous faisons avec le Canada. Bien sûr, il y a aussi les liens entre les populations, qui renforcent la connaissance que l'on peut avoir d'un pays dans l'autre. Et là, les liens entre le Canada et la Suisse sont forts. De nombreux Suisses ont émigré au Canada ; de nombreux canadiens viennent passer une partie de leur vie en Suisse. Enfin, dans les enceintes multilatérales, la Suisse et le Canada défendent les mêmes visions, ce qui, forcément, rapproche encore nos pays. Le Canada a, avec la Norvège, développé le concept de « sécurité humaine », et en assure la promotion. La Suisse a été associée à cette initiative innovatrice, qui correspond tout à fait à notre tradition humanitaire. |
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M.T.: |
Que peut apporter la Suisse à la Francophonie internationale et que pouvez-vous personnellement proposer pour la promotion de la femme dans le monde francophone ? |
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R. D.: |
La Suisse apporte à la Francophonie son expérience multiculturelle; nos priorités s'inscrivent dans les domaines de la culture, de la communication et de l'appui à l'Etat de droit. De nombreux pays de la Francophonie ont eux aussi des communautés culturelles très diverses. Nous avons par ailleurs une culture de la concertation et du respect mutuel que nous pouvons faire partager. Concernant la promotion de l'égalité, le chemin est encore long, et ce dans tous les pays. Car nous sommes arrivés au stade où la plupart des lois discriminatoires ayant été corrigées, il s'agit de faire entre l'égalité dans la réalité quotidienne. Et les échanges d'expérience sont des plus utiles. La Suisse s'engage d'ores et déjà dans la préparation de la conférence des femmes francophones qui aura lieu en février 2000 au Grand-Duché de Luxembourg. Cette concertation francophone précédera la Conférence des femmes de l'ONU à New York en juin 2000, qui fera le bilan des évolutions engagées depuis 1995, date du Sommet de Pékin, auquel j'ai participé. Il y a aussi l'effet d'entraînement que jouent toutes les pionnières. En Suisse et ailleurs. J'aimerais que la francophonie fasse partie du peloton de têtes des pays qui partagent les responsabilités politiques entre hommes et femmes. |
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M. T.: |
Pourriez-vous faire le point des relations de coopération bilatérale dans différents secteurs? |
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Mme L.: |
Soulignons tout d'abord que le Canada et le Vietnam ont établi des relations diplomatiques le 21 août 1973 mais des liens directs remontent à plus de 40 ans quand le Canada participait aux Commissions internationales de contrôle faisant suite aux Accords de Genève en 1954 et de Paris en 1973. Les liens de partenariat actuels entre nos deux pays sont très dynamiques et je m'en réjouis. Le Canada et le Vietnam ont si je puis dire une relation aux multiples facettes. Dans le cadre de notre programme de coopération, l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a participé depuis 1990 à la mise en oeuvre de quelque 260 projets au Vietnam. Le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) participe aussi activement à des projets de nature scientifique et technologique. Tous ces projets de coopération permettent aux Canadiens et aux Vietnamiens de travailler conjointement à la réalisation des réformes économiques du pays, au soulagement de la pauvreté, à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, à l'éducation et à la formation, à l'introduction de nouvelles technologies, sans négliger la participation accrue des femmes au développement et à la protection de l'environnement. On estime à environ $18 millions de dollars canadiens les fonds déboursés au titre de l'aide bilatérale et à $41 millions les fonds qui ont été versés par l'entremise d'organisations multilatérales en 1997/98. Depuis 1990, l'aide publique au développement du Canada au Vietnam s'est élevée à $212 millions. Des centaines de gens d'affaires et de nombreuses délégations du Canada ont visité le Vietnam ces dernières années. Le Vietnam est reconnu pour sa main d'oeuvre qualifiée et industrieuse qui s'adapte facilement aux technologies venues de l'extérieur. Les sociétés canadiennes ont investi $236 millions de dollars américains au Vietnam depuis 1988, plaçant le Canada au 20e rang des investisseurs étrangers. Bien qu'il se soit accru ces dernières années et que les entreprises canadiennes démontrent un intérêt certain pour ce marché, le commerce entre nos deux pays demeure modeste. Les échanges commerciaux entre le Canada et le Vietnam ont atteint $236 millions de dollars canadiens en 1998 comparativement à $61,1 millions en 1994. Les exportations canadiennes au Vietnam ont totalisé $54,5 millions en 1998 comparativement à $34,8 millions en 1995. Les principales exportations canadiennes au Vietnam sont les engrais, les textiles, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, les machines, la pâte à papier et les matières plastiques. Les importations canadiennes du Vietnam ont atteint $181.7 millions en 1998, contre 76,1 millions de dollars en 1995. Ces importations sont principalement le café, le thé, les épices, et les produits de la mer ainsi que les vêtements et articles d'habillement, les souliers et autres articles en cuir. Soulignons aussi que plusieurs visites de haut-niveau effectuées dans les dernières années ont valorisé les relations entre le Canada et le Vietnam, et plus particulièrement la visite du Premier ministre Jean Chrétien en novembre 1994. Le Canada a alors ouvert un bureau commercial à Ho Chi Minh Ville, qui a été élevé par la suite au rang de Consulat général. Le Premier ministre du Canada s'est aussi rendu à Hanoi en novembre 1997, en compagnie des Premiers ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick, pour participer au Sommet de la Francophonie. Le Secrétaire d'état (Asie-Pacifique) Raymond Chan et le ministre de l'Agriculture Lyle Van Clief ont dirigé des missions commerciales au Vietnam en 1998 et 1999, tandis qu'en 1997, des parlementaires canadiens se rendaient au Vietnam. Le Canada a aussi eu l'honneur de recevoir diverses délégations et personnalités vietnamiennes, dont le Premier Ministre Phan Van Khai (à l'époque Vice-Premier ministre), les ministres de la Justice Nguyen Dinh Loc et du Commerce Le Van Triet. Comme vous le savez aussi, la Vice-Présidente du Vietnam Nguyen Thi Binh était à Moncton au Nouveau-Brunswick en septembre dernier pour assister au Sommet de la Francophonie. Ces rencontres de haut niveau ont permis au Canada et au Vietnam de signer un nombre important d'accords bilatéraux, dont celui de la Nation la plus favorisée, de Double taxation, des Renvois et d'Importation des textiles. Notons aussi que le Vietnam fait partie de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Dans le cadre du Forum régional de l'ASEAN, nos ministres des affaires étrangères se rencontrent régulièrement pour discuter de questions d'intérêt commun, notamment la sécurité régionale. Le Vietnam est aussi membre de la Coopération économique Asie-pacifique, connue sous son acronyme anglais d'APEC et là encore nous seront heureux de continuer nos fructueux échanges tout comme dans le cadre de la Francophonie. |
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M. T.: |
Comment renforcer nos relations avec le Vietnam ? |
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Mme L.: |
Je crois qu'il faut surtout favoriser les échanges de tout ordre et à tous les niveaux. En plus des échanges officiels entre nos deux pays dans des forums tels que la Francophonie, l'ASEAN ou l'APEC, des liens étroits se développent entre Canadiens et Vietnamiens de tous les horizons. Depuis ces dernières années on assiste à une véritable croissance du partenariat entre le Vietnam et le Canada. Celui-ci rassemble des personnes de tous les horizons - dans les villes, les communes, les villages des techniciens, des fonctionnaires, des gens d'affaires, des professeurs et des volontaires - qui créent et échangent pour une compréhension et des bénéfices mutuels. Il ne s'agit pas pour le Vietnam d'importer un modèle de développement canadien, mais plutôt de trouver sa propre voie grâce à ces divers échanges. Il ne faut pas oublier les quelque 200 000 Canadiens d'origine vietnamienne qui participent activement au développement de nos deux pays. Leur visite régulière dans leur pays d'origine nous permet aussi de tisser des liens humains, culturels et commerciaux privilégiés. Enfin, je soulignerais que le Canada est bien placé pour contribuer aux importantes réformes économiques engagées au Vietnam. L'expertise et les capacités canadiennes correspondent aux besoins du Vietnam dans les secteurs dont le développement est jugé prioritaire, comme les transports, les télécommunications et l'énergie. Dans ce cadre, nous espérons que les compagnies canadiennes pourront effectuer prochainement au Vietnam des investissements à la hauteur de leur potentiel. |
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M. T.: |
Que pensez-vous de l'avenir de la Francophonie au Vietnam ? |
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Mme L.: |
Je crois que la Francophonie au Vietnam est pleine d'avenir. De plus en plus on rencontre dans ce pays des gens de tous les âges et de tous les milieux qui parlent français ou s'intéresse à cette langue. Je suis persuadée que l'espace francophone au Vietnam s'agrandira. Il faut aussi noter le resserrement des liens entre le Vietnam et les Canadiens francophones. Le Canada a été heureux de soutenir les efforts de préparation du gouvernement vietnamien lors du Sommet de la Francophonie à Hanoi en 1997. Ce fut un véritable succès. La Francophonie offre au Vietnam et au Canada de nombreuses occasions de participer à d'importants réseaux d'organisation et d'institutions présentes dans toutes les parties du monde. |
CRC SOGEMA, l'une des plus importantes sociétés canadiennes de conseil en gestion oeuvrant sur la scène internationale est très présente en Afrique francophone et spécialement au Mali, un pays souvent cité en modèle pour sa démocratisation et dont le Président était parmi les orateurs principaux à l'ouverture du Sommet de la Francophonie de Moncton où il a dénoncé l'utilisation d'enfants-soldats en Afrique. CRC SOGEMA gère actuellement deux importants projets au Mali à savoir le Projet d'appui à la mobilisation des recettes intérieures et Soutien à la coordination de la nouvelle politique éducative
Au Mali, comme dans la plupart des pays africains où règne l'économie informelle, on a de la peine à percevoir les différentes taxes et d'aider les acteurs économiques à structurer leurs entreprises. SOGEMA veut aider le gouvernement du Mali à renforcer ses capacités de perception de recettes intérieures.
Description détaillée du projet :
Le projet d'appui à la mobilisation des recettes intérieures (PAMORI), pour la réalisation duquel CRC SOGEMA a été sélectionnée en juin 1997, a pour finalité d'augmenter de façon pérenne la capacité endogène de l'État malien à satisfaire les besoins de base et à réduire la pauvreté.
Le PAMORI vise les trois objectifs suivants :
Pour atteindre ces objectifs, le projet est doté de quatre composantes, soit :
Description détaillée des services fournis :
Dans le cadre d'une approche itérative, CRC SOGEMA a mené initialement le diagnostic de la situation terrain et précisé la démarche de travail par la définition de sous-projets interreliés et complémentaires. Quatre sous-projets identifiés et précisés dans le plan de gestion ont effectivement été présentés et retenus par le Comité directeur, soit :
1) sous-projet 1 : Optimisation de la Division des grandes entreprises;
2) sous-projet 2 : Étude sur la fiscalité globale actuelle et potentielle;
3) sous-projet 3 : Étude du cadre législatif de la fiscalité;
4) sous-projet 4 : Réforme de l'impôt général sur le revenu (IGR) et introduction d'un impôt synthétique.
Chacun des sous-projets réalisés avec la participation de divers cabinets maliens fait appel aux volets thématiques suivants :
Le Mali est parmi les pays les moins alphabetisés d'Afrique, mais dispose de certains cadres très compétents qu'on peut utiliser à restructurer l'enseignement pour qu'il soit accessible au plus grand nombre d'enfants y compris les filles.
Description du projet :
Dans le cadre de la mise en ¦uvre du programme décennal de réforme de l'éducation (PRODEC), CRC SOGEMA a été retenue pour fournir au Comité de pilotage et aux membres de la Cellule technique un appui à la coordination de la nouvelle politique éducative, notamment en matière d'appui-conseil ad hoc, d'études spécifiques et de formation sur mesure.
Description détaillée des services rendus et biens livrables:
Plus spécifiquement, l'appui fourni par CRC SOGEMA porte sur les composantes suivantes :