Magazine Transatlantique - janvier 2002 - 1

 

Sommaire

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Numéro spécial

Décembre 2001-Février 2002

12e année

Après le 11 septembre 2001

Magazine Transatlantique

 

Le développement, la francophonie, le monde et nous

 

Après le 11 septembre 2001

 

 

1253 McGill College, suite 232

Montréal, Québec, Canada, H3B 2Y5

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Canada 5$, Afrique (zone CFA) 1600 CFA, Belgique 150 FB, États-Unis 5$, France 18 FF, Maroc 20 DH, Suisse 6 FS

 

RÉDACTION

 

ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF

 

Kanyurhi T. Tchika

 

CONSEILLÈRE À LA RÉDACTION

 

Mercédès Durosel

 

ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO

 

A. Bolamba, Tarik Bellil, Andrée Dubois, Mamadou Ly, Afifa Maaninou, Pierre Marois, Moïse Mougnan, Obonga, Dr Sima Samar, Muhamed Soulami & A. Tandia

 

INFOGRAPHIE

 

Serge Fortin (SF TEXT): Tél.: (514) 284-6050

Internet: http://www.sftext.com/

E-mail: sftext@sftext.com

 

REPRÉSENTATION

 

Afrique

Richard Oyourou

Immeuble Amiral, rue du Commerce

16 B.P. 1521 Abidjan 16 Côte d'Ivoire

Tél.: (225) 32 20 88

 

Europe

Caya Makhele

Me Hamuli Rety, Paris, France

Mya Carson, Paris, France

 

ADMINISTRATION

 

PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL

 

Kanyurhi T. Tchika

 

DIRECTRICE ADMINISTRATIVE

 

Andrée Dubois

 

DIRECTEUR DES RELATIONS PUBLIQUES

 

Moïse Mougnan

 

Dépôt légal: ISBN387802

Bibliothèque Nationale du Québec

Bibliothèque nationale du Canada

Numéro spécial

 

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Sommaire

 

  1. Éditorial (4)
  2. Les Noirs américains et le drame du 11 septembre 2001 (6)
  3. Les communautés arabes ou musulmanes et diversité ethnique au Québec et au Canada (10)
    1. L'apport des communautés arabes ou musulmanes du Québec et du Canada (10)
    2. Afifa Maaninou, une militante des droits humains d'origine marocaine devenue présidente du Conseil scolaire de l'île Montréal (12)
    3. Mohamed Soulami et Actions interculturelles (14)
    4. Une fonction publique à l'image du Québec d'aujourd'hui (15)
    5. Terrorisme et droits et libertés de la personne (16)
  4. Coopération Canada-Monde arabe ou musulman (17)
    1. Discours du Dr Sima Samar, vice-présidente de l'Afghanistan (17)
    2. Relations entre le Canada, l'Algérie et le Maroc (19)
    3. OmniChem au Maroc et en Algérie (23)
    4. Fondation Gérin Lajoie (26)
    5. Le Collège Montmorency, synonyme d'ouverture sur le monde (29)
    6. Toptech : La production à valeur ajoutée du Canada vers la Tunisie (31)
  5. En bref (34)
  6. Index de publicité et messages:
    1. ACDI (22)
    2. Collège Montmorency (30)
    3. Conseil du Trésor (Canada) (36)
    4. Conseil du Trésor (Québec) (2)
    5. Élections Canada (35)
    6. ESHD (28)
    7. MAECI (25)
    8. OmniChem (22)
    9. Reso Innovac (28)
    10. Toptech (32)
    11. Université Laval (33)

 

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Secrétariat du Conseil du trésor Québec

 

Une fonction publique à l'image du Québec d'aujourd'hui

 

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http://www.tresor.gouv.qc.ca/egalite/

 

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EDITORIAL

 

3 mille morts aux États-Unis et 3 millions de morts au Congo-Zaïre

 

Par Kanyurhi T. Tchika

 

M. Kanyurhi T. Tchika et Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de la Francophonie

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Le 11 septembre 2001 sera marqué en lettres de sang dans l'Histoire : des avions civils transformés en bombes humaines ont attaqué les deux tours du World Trade Center de New York, le symbole même du capitalisme américain et le Pentagone, le siège de l'armée américaine, la plus puissante du monde. On dit qu'un autre avion destiné à la Maison-Blanche, la présidence américaine, s'était écrasé sur un territoire inhabité.

Pendant quelques heures, la confusion fut totale aux États-Unis où l'on craignait même pour la sécurité du Président en visite en Floride qui a dû se rendre en lieu sûr au lieu de regagner la Maison-Blanche.

Quelques jours après le choc, la machine de la première puissance du monde, blessée dans son amour propre s'est mise en marche en déclarant la guerre au terrorisme. Tous les Américains se rangèrent derrière leur Président, Georges W. Bush, d'autant plus que les auteurs du 11 septembre, qui ont fait plus de 3000 morts, étaient la première attaque d'envergure perpétrée par des étrangers contre les États-Unis sur leur propre territoire.

Toutes les pistes d'enquête menèrent à M. Ousama Ben Laden, riche saoudien d'origine yéménite vivant en Afghanistan où il avait pris le pays en otage à cause de ses relations étroites avec le Mollah Omar, chef spirituel et politique du régime, opprimant les populations, notamment les femmes.

M. Ousama Ben Laden n'est pas un inconnu pour les Américains : il est même une de leurs monstrueuses créations.

Lorsqu'en 1979, l'Union soviétique envahit l'Afghanistan, les États-Unis décidèrent d'opposer au communisme l'Islamisme en finançant et en armant les Moudjahidines, des militants religieux prêts à livrer la guerre sainte, le djihad, à l'empire athée soviétique.

Ousama Ben Laden, étudiant à l'université de Riad, l'un des héritiers d'une des plus riches familles d'Arabie Saoudite, dont le père, d'origine yéménite, avait fait fortune dans les travaux publics en étant un ami du fondateur du Royaume d'Arabie Saoudite, décida de se créé un destin personnel en s'engageant dans la lutte contre les « infidèles » soviétiques.

Grâce à sa famille qui a déjà eu la plupart des grandes entreprises américaines comme partenaires d'affaires et des personnalités importantes comme les présidents Bush, père et fils, et plusieurs de leurs collaborateurs, Ousama Ben Laden devint rapidement un élément capital dans le recrutement des volontaires arabes et musulmans pour aller aider les combattants afghans contre les Soviétiques. Grâce aux missiles Stinger américains, les combattants afghans réussir à mettre fin à la supériorité aérienne soviétique et libérèrent le pays en 1989. Après la guerre, Ben Laden retourna à ses affaires tout en mettant au point une organisation islamiste internationale Al-Qaïda qui en arabe signifie la base.

En 1991, les États-Unis attaquèrent l'Irak pour l'obliger à se retirer du Koweït. Ben Laden profita de l'occasion pour se libérer de ses maîtres américains dont il savait déjà plusieurs secrets et faiblesses. Il s'installa au Soudan, dirigé par un régime islamiste, et dénonça la présence des armées américaines en Arabie Saoudite, terre sainte de l'Islam. En Afghanistan, après le départ des Soviétiques, les différentes fractions de la résistance commencèrent à se livrer une guerre plus meurtrièreque l'occupation soviétique. Les services secrets américains et pakistanais se rangèrent derrière un groupe marginal d'étudiants en religion, les Talibans, qui finirent par occuper 90 % du pays en 1996. Leur chef, le Mollah Omar, ami intime de Ben Laden, se hissa à la tête de l'État. Ben Laden devint par ricochet le vrai maître de l'Afghanistan d'autant plus qu'il savait financièrement soutenir ses amis.

Depuis l'Afghanistan, Ben Laden déclara la guerre sainte à l'Amérique et ouvrit des camps d'entraînement pour des islamistes du monde entier. En 1998, ses hommes attaquèrent une base américaine en Arabie Saoudite. Il y eut quelques morts. En 1999, ils détruisirent les ambassades américaines du Kenya et de la Tanzanie en Afrique de l'Ouest. On pense aussi que c'est Ben Laden qui a fourni aux miliciens somaliens les moyens d'abattre des hélicoptères américains en 1992 et de tuer des soldats américains sans oublier qu'il a été le recruteur des islamistes algériens qui une fois revenus chez eux sont à la base du mouvement qui a produit une guerre civile qui a encore des poches de résistance et à des alliés chez les mouvements extrémistes palestiniens opposés aux accords de paix avec Israël.

En Afrique, un autre chef de guerre fanatique, Kagame, président du Rwanda, a aussi bénéficié d'une déterminante complaisance américaine comme Mobutu avant lui.

En 1990, le Front patriotique rwandais (RPR) attaqua le Rwanda. Composé de réfugiés tutsis dont les parents étaient chefs d'un régime féodal renversé en 1959 par une révolution populaire, ayant aidé M. Museveni, issue d'une ethnie apparentée à la leur à prendre le pouvoir en Ouganda en 1986, le FPR fut repoussé par l'armée rwandaise aidée par un contingent zaïrois et des conseillers militaires français. Le chef du FPR fut même tué. De retour d'un stage aux États-Unis, au nom de l'armée ougandaise dont il était chef des renseignements militaires, Kagamé prit la tête du FPR. Après l'élection américaine de 1992, les démocrates de Bill Clinton ne l'écoutèrent plus, d'autant plus qu'il se présentait comme un combattant de la liberté luttant contre la dictature et pour les droits des minorités, thèmes chers aux Démocrates dont la base électorale est composée de plusieurs membres de minorités ethniques.

Alors que le président Habyarimana venait d'accepter de partager le pouvoir avec le FPR, ce dernier décida d'abattre son avion le 6 avril 1994. Le pouvoir en place ne réussit pas à réunir l'armée pour combattre, mais se mit à faire tuer des civiles tutsis. Ce qui aux yeux des États-Unis légitima encore les revendications du FPR.

En période de cohabitation politique, la France a eu de la peine à réagir à cette nouvelle situation d'autant plus que son allié de la région, Mobutu du Zaïre dont les mercenaires tutsis avaient fourni beaucoup d'argent au FPR, n'a permis à la France de traverser son territoire pour une mission humanitaire au Rwanda que quand le FPR avait déjà pris la capitale Kigali. La France commit l'erreur de laisser l'armée et le gouvernement rwandais se réfugier au Zaïre avec plus de 2 millions de réfugiés.

En 1996, Kagamé et Museveni mirent au point un mouvement d'opposition baptisée « Alliance des Forces Démocratiques de Libération (AFDL) pour le Congo-Zaïre ». Un ancien maquisard au chômage, Laurent Kabila, en prit la tête. Pour éviter le pire, au Congo-Zaïre et aux réfugiés rwandais, la France réussit à convaincre le conseil de sécurité des Nations-Unies d'envoyer une force multinationale entre le Rwanda et le Congo-Zaïre.

Au courant de la maladie de Mobutu et de la faiblesse de son armée, grâce à ses mercenaires tutsis, Kagamé envoya son armée attaquer les camps de réfugiés dont la majorité n'eut d'autre choix que de retourner au Rwanda. La Secrétaire d'État américaine, Madeleine Albright, décida d'annuler la force des Nations-Unies en affirmant qu'elle n'avait plus d'objet. L'incompétence et la corruption de la classe politique zaïroise furent tel qu'elle fut incapable de trouver rapidement un remplaçant à Mobutu et de défendre le territoire, et ouvrit ainsi la route à l'AFDL de Kagamé et de Kabila jusqu'à Kinshasa. Une fois au pouvoir, en 1992, Kabila décida de se débarrasser de ses maîtres tutsis. Ces derniers tentèrent de le chasser du pouvoir grâce à une opération aéroportée qui échoua grâce à l'intervention de l'Angola et du Zimbabwe. De Kinshasa, les envahisseurs tutsis se replièrent sur les provinces de l'Est du pays dont le Kivu que le gouvernement de Kagamé a toujours cherché à annexer. Les troupes de Kagamé et de Museni ont réduit l'Est du Congo-Zaïre en un enfer où l'on affirme qu'il y a eu plus de 3 millions de morts dans l'indifférence générale de la communauté internationale. Kagamé et Museni ont provoqué 100 fois plus de morts d'innocents que les victimes américaines de Ben Laden. Si les États-Unis veulent vraiment être pris au sérieux par le reste du monde, ils doivent soumettre M. Kagamé et Museveni au même traitement que Ben Laden et devront reconnaître que dans ce dossier comme dans beaucoup d'autres, le gouvernement de Bill Clinton a commis des erreurs monstrueuses tout en cherchant une solution acceptable pour les Palestiniens au Moyen-Orient.

Le général Colin Powell, le premier Africain-américain à diriger la diplomatie américaine devrait mettre fin au drame du Congo-Zaïre s'il ne veut pas passer à l'histoire comme complice du plus grand génocide ayant frappé l'Afrique après la Traite négrière. Le Premier ministre Jean Chrétien du Canada qui présidera en juin prochain le Sommet du G7 consacré à l'Afrique devrait s'associer à la France pour faire comprendre aux États-Unis et aux autres membres que le développement de l'Afrique passe par la paix dans la région des Grands Lacs et au Congo-Zaïre, deuxième pays francophone du monde et potentiellement le plus riche du continent africain si on arrive à l'intégrer à l'économie mondiale.

Notre numéro veut apporter sa modeste contribution à la diminution du traumatisme des événements du 11 septembre 2001 et dont l'une des principales conséquences qui a été l'aggravation des préjugés au sujet des gens d'origine arabe ou musulmane. Dans toutes les religions, dans toutes les ethnies, il y a des fanatiques, des intégristes. Alors qu'on demandait à Muhammed Ali s'il n'avait pas honte d'être de la même religion que Ben Laden, il avait brillamment répondu qu'il n'est pas plus honorable de partager la même religion que Hitler.

Nous voulons exposer l'attitude des Noirs américains qui forment la plus grande communauté musulmane du pays.

Nous insisterons aussi sur l'apport des membres des communautés musulmanes ou arabes du Canada, ainsi que sur les relations entre le Canada et le monde arabe ou musulman qui ont permis le développement de plusieurs entreprises canadiennes.

 

Lors d'une visite au Canada pour recevoir un prix de l'organisme Droit et Démocratie, Mme Sima Samar a appris qu'elle était nommée vice-présidente du gouvernement de l'Afghanistan et ministre de la Condition féminine. Pour souligner cette heureuse coïncidence, nous mettons la photo de Mme Samar sur notre page couverture et reproduisons son discours lors de l'acceptation du prix.

 

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Les Noirs américains et le drame du 11 septembre 2001

 

Depuis le 11 septembre 2001, on a vu apparaître sur la plupart des télévisions occidentales plusieurs spécialistes du monde arabe ou musulman dont certains n'ont vraiment qu'une connaissance élémentaire ou eurocentrique d'une réalité pourtant très complexe.

Très peu de spécialistes ont évoqué l'importante place des Noirs américains dans le conflit alors que Ben Laden s'adressait aux millions de musulmans américains dont la seule communauté vraiment enracinée dans le pays est celle des Noirs américains qui forment plus de la moitié de plus de 6 millions de musulmans américains. Les autres musulmans américains sont souvent des immigrants fraîchement arrivés en provenance de l'Afrique, du Moyen Orient ou d'autres parties de l'Asie. D'aucuns pensent que l'intégration progressive des Africains-Américains à la société américaine à laquelle ils s'identifient de plus en plus a permis aux États-Unis d'éviter la reprise des revendications de Ben Laden par une population longtemps privée de bienfaits de la prospérité américaine.

 

La conversion à l'Islam, une quête d'identité

 

Au 16e siècle, quand commença le honteux commerce triangulaire de la Traite négrière, le plus grand crime de l'histoire humaine, une grande partie de l'Afrique de l'Ouest et de l'Est était déjà islamisée.

L'empire du Mali fondé au 13e siècle par Soudjiata Keita qui créa à Tombouctou l'une des meilleures universités de l'époque d'inspiration islamique. On raconte que l'un de ses successeurs, Kanka Moussa distribua tellement d'or lors de son pèlerinage à La Mecque que le cours du métal baissa pendant près d'un siècle. On note aussi que l'empereur Kanka Moussa avait envoyé des navires explorer les limites de l'océan Atlantique. Aucun ne revint. D'aucuns se servent de cet épisode pour avancer que les Africains étaient arrivés en Amérique avant Christophe Colomb d'autant plus en 1992, un navire du même genre parti de l'île du Cap-vert au large de l'Afrique de l'Ouest a facilement atteint les côtes brésiliennes. On estime qu'au moins 30 % des esclaves africains arrivés aux États-Unis étaient musulmans. Ils furent baptisés chrétiens et durent renoncer à leur religion contrairement aux esclaves dans les Antilles qui réussirent à conserver de façon secrète la religion vaudou issue du Golfe de Bénin. Les esclaves américains profitèrent de la liberté du protestantisme pour créer des églises autonomes qui fournirent plusieurs pasteurs qui furent des leaders luttant contre l'esclavage et après pour les droits civiques des Noirs. À la fin du 19e siècle, se créèrent aux États-Unis des mouvements réclamant l'indépendance des pays africains et la possibilité pour les Noirs américains de retrouver sur le continent de leurs ancêtres. C'est ainsi que furent créés des pays comme le Liberia ou la Sierra Leone. Au début du 20e siècle, William Dubois, de père blanc et de mère noire écrivit « âmes noires » pour demander plus de dignité pour ses congénères et fondit l'Association pour l'avancement des gens des couleurs (NCCP) qui reste actuellement la plus importante organisation de défense des intérêts des Africains américains. Ayant épousé la cause africaine, William Dubois s'installa au Ghana à son indépendance en 1957 comme conseiller du président Kwamé Nkhrumah et y mourut en 1963. Parallèlement à William Dubois, Marcus Garvey, immigrant d'origine jamaïquaine fonda à New York un vaste mouvement de retour vers l'Afrique et prôna l'indépendance du continent en lançant le slogan « L'Afrique aux Africains ». En 1930, Marcus Garvey fut à la base d'un mouvement spirituel qui divinisait Hailé Selassié qui venait de devenir empereur d'Éthiopie, le seul pays africain à n'avoir pas été colonisé. Le mouvement se nomma Rasta en référence au titre de Rasta Fari que portait Hailé Sélassé avant de devenir empereur. Le mouvement rasta a donné naissance à la musique reggae qui a conquis le monde surtout grâce au génie de Bob Marley qui a su marier de bons rythmes aux revendications politiques.

 

Elijah Muhammad

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Dans les années 1930, également Elijah Muhammad décida d'introduire l'Islam chez les Noirs américains en considérant que c'est leur religion d'origine. Il créa la « Nation of Islam », qui est aujourd'hui dirigée par Louis Farrakhan et compte plus de deux millions de fidèles. La Nation of Islam prêche un Islam qui se concentre sur les Noirs et utilise même la bible en s'éloignant de certaines pratiques de l'Islam traditionnel. La rééducation des jeunes délinquants des quartiers défavorisés augmente sa popularité. Ce mouvement a vu naître des leaders charismatiques comme Malcolm X dont le Noir musulman était Malik Shabbaz et le boxeur Muhammed Ali dont la vie vient faire l'objet d'un film donc l'acteur principal est Willy Smith.

 

Malcolm X

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En 1964, à 22 ans Cassius Clay devient champion des poids lourds. Sous l'influence de Malcolm X, il se convertit à l'Islam en prenant le nom de Muhammed Ali et commença une vie de militant pour les droits de ses congénères et des peuples opprimés. Il perdit son titre pour avoir refusé d'aller combattre au Vietnam. Autorisé à reprendre la boxe, il exigea que son combat se déroule sur la terre de ses ancêtres. Il rencontra Mobutu alors au sommet de sa gloire aux Émirats Arabes Unis. Ce dernier accepta de couvrir tous les risques financiers d'un combat d'une telle envergure en Afrique. Grâce à Mobutu, Don King devint donc un grand promoteur de boxe qui organisa le combat de Kinshasa au Zaïre en 1974 qu'Ali gagna contre George Foreman.

Les années 1960 et 1970 furent très mouvementées pour les Noirs américains surtout après l'assassinat de Martin Luther King en 1968, prix Nobel de la paix en 1963 et qui prêchait la non-violence. C'était l'époque des Blacks Pathers qui voulaient défendre les Noirs même en créant la guerre civile aux États-Unis et qui avaient comme élégie Angela Davis. On se souviendra qu'aux Jeux olympiques de Mexico en 1968, des champions noirs américains d'athlétisme décidèrent de brandir le poing droit, le salut des Black Pathers au lieu de saluer le drapeau américain. Les Black Pathers avaient l'appui des plus grands pays africains dits progressistes et dont plusieurs étaient musulmans comme l'Algérie, l'Égypte de Nasser et la Guinée de Sékou Touré. Si des événements comme ceux du 11 septembre 2001 s'étaient produits dans les années 1960 ou 1970, les Black Pathers auraient profité de l'occasion pour embrasser les États-Unis. Dans les années 1970, Mohammed Ali aurait probablement été du côté de Ben Laden.

 

Muhammed Ali

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Dans les années 1980, les leaders politiques et économiques des États-Unis comprirent que la possibilité d'une guerre civile nuirait au monde des affaires qui a besoin de calme pour se développer. Ils décidèrent d'éliminer le mal à la racine en intégrant les Noirs dans le système économique et politique américain.

 

Intégration politique et économique des Africains américains

 

Lors de l'abolition de l'esclavage en 1860, le président Lincolm avait un conseiller noir, Frederick Douglas qui fut plus tard ambassadeur en Haïti. Au 20e siècle, on peut citer le cas de M. Raph Bunche, sous-secrétaire général des Nations-Unies et prix Nobel de la paix en 1952, pour avoir servi de médiateur entre les Juifs et les Arabes est à souligner. Mis à part ces cas exceptionnels, après l'abolition de l'esclavage jusqu'au milieu des années 1960, les Noirs étaient des citoyens de deuxième classe. Lors de son élection en 1960, le président Kennedy avait promis de s'intéresser aux problèmes des Noirs qui avaient contribué à son élection en délaissant le parti Républicain, le parti d'Abraham Lincoln dans lequel ils ne se reconnaissaient plus. Le président Kennedy nomma quelques noirs dans son staff dont l'adjoint de son attaché de presse, mais c'est le président Johnson, qui remplace Kennedy à sa mort en 1963, qui fit le plus pour l'avancement des Noirs. Il signa en 1965 la loi sur les Droits civiques interdisant toute discrimination raciale et nomma le premier noir ministre et en 1968 le premier noir juge à la Cour suprême M. T. Marshall. C'est aussi en 1968 que furent élus les premiers députés noirs au parlement américain et l'élection du premier noir maire d'une grande ville à Cleverland. Dans les années 1970 et 1980, la plupart des grandes villes américaines eurent des maires noirs dont Detroit, Los Angeles, Chicago et en 1990, New York. Il est à noter que dans la plupart de ses villes, les Noirs sont minoritaires et les maires pour se faire élire ont dû donc faire montre de beaucoup de leadership et de diplomatie.

En 1979, un Noir fut élu sénateur avec le Parti Républicain et dans les années 1990, Douglas Widler devient le premier Noir élu gouverneur en Virginie. En 1976, Andrew Young, maire d'Atlanta fut nommé par le président Jimmy Carter représentant des États-Unis à l'ONU. Il dû démissionner en 1979 pour avoir rencontré le représentant de l'OLP.

Sous la présidence de Reagan en 1986, après le scandale de l'Irangate, une vente illégale d'armes à l'Iran pour financer les Contra, rebelles du Nicaragua, sans passer par le Congrès, un jeune général noir, Colin Powell fut nommé conseiller spécial du président en matière de sécurité pour remettre de l'ordre dans les différents services secrets américains. C'était la première fois dans l'histoire américaine qu'une personne d'ascendance africaine avait un tel pouvoir.

 

Colin Powell

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On raconte qu'à son élection en 1988, le président George Bush qui devait caser les collaborateurs du président Reagan auquel il devait en partie son élection, proposa à Powell de devenir président de la CIA que Bush lui-même avait déjà dirigée. Son mentor Frank Calucci, ancien secrétaire à la Défense lui aurait conseillé de demander plutôt le commandement de l'armée : ce qui constitue pour tout militaire un couronnement de carrière. Colin Powell devint ainsi le premier Noir chef d'État major interarmes des États-Unis. Il conduisit avec brio la guerre du Golfe en 1991 et se fit connaître ainsi du monde entier. Sous la présidence de Georges Bush, une jeune femme noire s'occupait des dossiers de la Russie au conseiller national de sécurité et a donc ainsi contribué à la chute du communisme. Il s'agit de Condoleezza Rice, docteur en science politique à 26 ans.

À l'arrivée de Clinton à la présidence, Powell refusa un prolongement de mandat et écrivit son autobiographie qui lui permit de devenir millionnaire pendant que mme Rice devenait aussi millionnaire en entrant au conseil d'administration de Chevron dont un des pétroliers portait son nom il y a pas encore longtemps.

Bill Clinton, dont d'aucuns qualifient de « premier président noir des États-Unis » parce qu'il est le premier président à avoir vécu une enfance pauvre dans les mêmes quartiers que les Noirs parmi lesquels il s'est fait beaucoup d'amis, a nommé dans son administration cinq ministres noirs dont Ron Brown au Commerce, un poste important. On regrette pourtant qu'il n'ait pas eu le courage de le nommer comme secrétaire d'État d'autant plus que c'est Brown alors président du parti Démocrate qui a dirigé sa compagne gagnante. L'affaire Monica Lewesky a permis aussi de ressortir l'importance de l'avocat noir Verdon Jordan confident de Clinton que d'aucuns s'amusaient à qualifier de personne non élue la plus puissante de l'administration Clinton.

En dépit de tout ce qu'a fait Clinton, on doit reconnaître que c'est sous les Républicains que les Noirs ont atteint les plus hauts postes politiques. En 2001, en devenant secrétaire d'État dans l'administration de George Bush fils, Colin Powell devenait ainsi le nº 3 du gouvernement américain après le vice-président et concepteur de la politique étrangère des États-Unis qui domine le monde, un pouvoir qu'aucun n'autre Noir n'avait eu avant lui. Avec Condoleezza Rice, conseillère spéciale en matière de sécurité, on trouve deux Noirs à des postes clés qui permettent d'influencer la politique étrangère et militaire des États-Unis ce qui n'est pas étranger au fait que les Noirs se sont sentis très solidaires des autres Américains lors des événements du 11 septembre 2001. Il faut aussi souligner que l'émergence économique des Noirs des 20 dernières années les rapproche de plus en plus des préoccupations de toute la population américaine d'autant plus qu'ils influencent désormais la musique, les sports et même la télévision de tout le pays et y gagnent des millions de dollars.

 

Condoleezza Rice

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Le jazz fut la première musique des ghettos noirs à avoir ses lettres de noblesse. Ses promoteurs n'ont pas fait beaucoup d'argent parce que le marché n'était pas encore très organisé et que le jazz reste une musique élitiste.

Le rock lui s'est généralisé et a bénéficié du marché en pleine expansion et a créé plusieurs multimillionnaires du disque dont le plus connu est Michael Jackson.

Le rap, une musique de contestation apparue dans les années 1980, a été récupéré par l'industrie du disque et ses auteurs se sont assagis au fur et à mesure qu'ils font des millions de dollars.

Le sport professionnel a permis aussi à des Noirs des ghettos de faire carrière et beaucoup d'argent. C'est le cas de la boxe qui transforme de petits délinquants comme Mike Tyson en multimillionnaires et motive ainsi plusieurs voyous à canaliser leur énergie, et non à détruire la société, mais à faire de l'argent. Les sports comme le baseball, le basketball, le football et même le golf avec Michael Jordan, Tiger Woods et le tennis avec les soeurs Williams ont créé leurs millionnaires et font rêver beaucoup de jeunes nés dans la misère.

La télévision, principal vecteur de mode de vie américain, est désormais aussi influencée par les Noirs. Pendant une dizaine d'années, le Cosby show a été l'émission la plus regardée aux États-Unis depuis les années 1980. Aujourd'hui, Oprah Winfrey est la reine de la télévision américaine depuis une dizaine d'années et gagne plus de 50 millions de dollars par année. Et bientôt, AOL-Time Warner, la plus importante entreprise de communication des États-Unis et du monde sera dirigée par un Noir, Richard Parsons.

Des Noirs américains restent parmi les personnes les plus pauvres des États-Unis, mais ils elles peuvent désormais faire partie du rêve américain et ils savent que leur couleur n'est plus un obstacle à la richesse.

Pour sa mise en marché médiatique de la guerre contre le terrorisme, l'administration Bush a tenu à montrer à la face du monde que les Noirs sont parties prenantes à tous les niveaux de la politique américaine. On a souvent vu le Président au début de la guerre en conférence de presse entourée du secrétaire d'État Powell et de la conseillère Condoleezza Rice qui ont aussi donné des interviews à la chaîne de télévision Alghezira que d'aucuns appellent la CNN du monde arabe.

M. Tom Ridge, nommé secrétaire à la sécurité intérieure, a été assermenté devant le juge noir Clerence Thomas de la Cour suprême. Lors de la première cérémonie officielle à New York à la mémoire des victimes du 11 septembre 2001, l'animatrice Oprah Winfrey était maîtresse de cérémonie et secondée par un acteur noir. Lors de la prière oecuménique dite à l'occasion, la partie musulmane a été confiée à un Imam noir.

 

Oprah Winfrey

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On ne peut pas passer sous silence le fait que même avant le débarquement des premières troupes américaines en Afghanistan, elles avaient reçu sur le bateau de sermon patriotique d'un motivateur noir, le lieutenant-colonel Chris Burne. Le gouvernement américain a tout fait pour que les Noirs américains parmi lesquels on trouve la communauté musulmane la plus importante, la plus organisée et la plus enracinée au pays ne puissent pas suivre les conseils de Bne Laden. Pour le moment, il a bien réussi. On pense que l'évolution de la société américaine lui a été utile dans cette lourde tache.

 

Kanyurhi T. Tchika

 

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LES COMMUNAUTÉS ARABES OU MUSULMANES ET DIVERSITÉ ETHNIQUE AU QUÉBEC ET AU CANADA

 

L'apport des communautés arabes ou musulmanes du Québec et du Canada

 

Depuis le 11 septembre 2001, partout en Occident, on essaie de comprendre le monde arabe et le monde musulman dont plusieurs ressortissants vivent depuis longtemps dans plusieurs pays occidentaux et, notamment, au Canada où pendant longtemps personne n'a fait attention à eux alors que plusieurs ont apporté une contribution importante au pays dans différents domaines. Il est important de souligner cet apport pour éviter certains préjugés nés du 11 septembre 2001.

 

Chrétiens et musulmans arabes et musulmans non arabes

 

L'Islam fut fondé en 622 après Jésus-Christ par le prophète Mohammed à la Mecque dans l'actuelle Arabie Saoudite. Avec plus d'un milliard de fidèles à travers le monde, l'Islam est la deuxième religion au monde après le Christianisme et est en perpétuelle expansion. Certains y voient le seul vrai contrepoids à l'Occident basé sur le modèle judéo-chrétien et tentent même de voir dans les événements du 11 septembre 2001 un véritable choc de civilisation. Si la religion islamique s'est imposée dans le monde arabe où il subsiste quelques poches de confessions chrétiennes comme au Liban où les Chrétiens forment 40 % de la population, en Égypte où les groupes chrétiens forment plus de 10 % de la population et ont produits des personnalités importantes comme M. Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général des Nations-Unies et actuel secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie. Il existe aussi des minorités chrétiennes en Syrie, en Irak et en Palestine où le Président Arafat a toujours respecté les minorités chrétiennes auxquelles appartient sa femme.

Dès sa fondation, l'Islam s'est répandu dans le monde arabe et en Afrique du Nord où avait immigré des populations d'origine arabe qui se mélangeaient de plus en plus aux autochtones berbères qui se convertir à l'Islam après avoir offert au christianisme des Saints dont Saint Augustin, l'un des plus grands pères de l'Église catholique et sa mère Sainte Monique, ainsi que Sainte-Catherine d'Alexandrie.

Une fois convertis à l'Islam, les Berbères, dont furent issus Hannibal et Jugurtha qui firent trembler l'empire romain et lui donnèrent après des empereurs comme Septine Sevère, né dans l'actuel Libye, jouèrent une importance capitale dans l'expansion de la nouvelle dans l'actuelle Espagne qu'on appelait l'Andalousie qui avait développé une brillante civilisation islamique tolérante envers les Chrétiens et les Juifs, aussi en Afrique noire ou Tombouctou au Mali avait développé une grande université islamique.

En Asie et dans d'autres parties d'Europe, l'Islam fut exporté par l'empire ottoman, dirigé par des Turcs convertis, qui fut pendant plus de 800 ans le plus grand empire du monde régnant sur l'Asie, l'Afrique du Nord et une partie de l'Europe, et que d'aucuns comme Ben Laden consolidèrent comme l'âge d'or de la civilisation islamique. Cette ouverture sur le monde fait qu'aujourd'hui les plus grands pays musulmans dont le premier est l'Indonésie avec plus de 200 millions d'habitants, le Pakistan avec 140 millions et l'Inde avec plus de 100 millions de musulmans ne sont pas des pays arabes dont le plus peuplé est l'Égypte avec 62 millions d'habitants.

Les premiers Arabes arrivés au Canada vers le début du siècle dernier furent des chrétiens d'origines égyptiennes, libanaises ou syriennes dont plusieurs connaissaient le français et s'installèrent au Québec, notamment à Montréal où ils furent rejoints après la Deuxième Guerre mondiale par d'autres vagues d'immigration chrétiennes et musulmanes au point que dernièrement M. Bernard Landry, premier ministre du Québec, soutenait que Montréal est la première ville arabe du Canada. C'est dans la vague des immigrants algériens et autres des années 1990 qu'on trouve quelques militants islamistes.

Des immigrants musulmans venus surtout de l'Inde et du Pakistan se sont installés ces dernières années dans plusieurs autres provinces canadiennes, surtout en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta, les provinces les plus riches du pays. Avant que les projecteurs soient pointés sur eux à partir du 11 septembre 2001, les membres des communautés arabes et musulmanes du Canada ont apporté souvent leur contribution au développement du Canada dans le domaine les plus divers.

 

Le sénateur Pierre Bustros De Bané

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Ministres, députés et hauts fonctionnaires

 

Des membres des communautés arabes du Canada se sont tellement bien intégrés au Canada que plusieurs sont devenus ministres, députés ou hauts fonctionnaires sans que personne ne fasse même attention à leurs origines. Sous le régime de M. Trudeau, il y avait le député Pierre De Bané de la Gaspésie et qui est devenu ministre et aujourd'hui sénateur. Très peu de gens peuvent difficilement imaginer qu'un représentant d'un comté du Québec profond est d'origine libanaise et donc arabe. Il en va de même de Georges Farah, député fédéral des Îles de la Madeleine et ancien ministre provincial du Commerce et de l'Industrie dont la famille est installée dans la région depuis très longtemps. Nous n'oublions pas M. Sam Elkas qui fut ministre au Québec. On ne peut pas passer sous silence Mme Fatima Houda-Pépin, la seule députée musulmane au Canada, membre de l'Assemblée nationale du Québec. D'autres politiciens du Québec ont des conjoints d'origine arabe, c'est le cas de la ministre Louise Harel du Québec et du Député Yvon Charbonneau du parlement fédéral.

 

Mme Fatima Houda-Pépin

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Il faut souligner le cas de M. Joe Ghiz, d'origine libanaise qui fut premier ministre de l'Île du Prince-Édouard dans les années 1990 et qui est aujourd'hui juge dans le système fédéral. On se souviendra aussi d'un autre magistrat d'origine libanaise, le juge Maalouf de la Cour supérieure du Québec, rendu célèbre par l'enquête publique qu'il a menée sur l'organisation des Jeux olympiques de Montréal en 1976 et a fait connaître l'autre face d'une communauté dont les membres se faisaient déjà remarquer dans le monde des affaires.

 

René Angélil, Farhah et d'autres hommes d'affaires

 

Les Arabes ont depuis des temps immémoriaux été considérés comme de bons commerçants. C'est le commerce qui avait au début répandu la religion islamique. Au Canada, des membres des communautés arabes ou musulmanes ont développé des petits commerces et d'autres ont poussé leur génie jusqu'à créer des entreprises d'envergure nationale ou même internationale. René Angélil, né à Montréal de parents d'origine syrienne, mari et manager de la chanteuse Céline Dion, a réussi à faire d'elle une grande vedette internationale qui n'a pas d'équivalent dans l'histoire canadienne. Le créateur de la marque d'eau minérale Naya est aussi d'origine arabe. M. Fouad Farhah, propriétaire des lunetteries Farhah a réussi à faire de son entreprise la plus importante dans son domaine au Québec.

 

René Angélil et Céline Dion

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Membre d'une délégation commerciale canadienne en Algérie et au Maroc en octobre 2000, j'ai pu remarquer combien il y avait de gens d'origine arabe ou musulmane habitant plusieurs provinces canadiennes. Ce qui prouve que plusieurs entreprises canadiennes ont compris l'importance d'utiliser les gens pour affaires dans une région qu'ils connaissent. C'est ainsi qu'on a M. Zacaria Fellah d'origine algérienne qui est responsable de l'Afrique à SNC-Lavalin.

D'autres entreprises ont confié des postes importants à des personnes d'origine arabe ou musulmane. C'est le cas de la Banque Royale, la plus importante au Canada, dont M. Ibrahim Dia d'origine mauritanienne est l'un des vice-présidents au Québec, des ciments Saint-Laurent qui ont M. Filali Baba d'origine marocaine comme vice-président et EXFO, une entreprise de fibre optique du Québec qui a confié un poste à Mme Farida d'origine algérienne qui comme d'autres professionnels apporte sa part à ce pays qui l'a accueilli.

 

Médecins, professeurs, journalistes et autres

 

Il y a beaucoup de membres des communautés arabes ou musulmans dans les professions libérales, surtout chez les médecins, pharmaciens et avocats. On peut souligner le cas du Dr Ayoub d'origine libanaise qui avait suivi l'ancien premier ministre Bourassa du Québec jusqu'à son dernier soupir. M. Omar Aktouf, d'origine algérienne, professeur à l'école des Hautes Études commerciales de Montréal et son compatriote, le politologue Zabouri qu'on voit souvent à la télévision ces derniers temps, sont très respectés dans leurs domaines respectifs. Mme Afifa Maninou d'origine marocaine est l'une des principales dirigeantes de la Commission scolaire de Montréal.

Tous les immigrants se souviennent de Mme Lily Tasso, journaliste retraitée du journal La Presse, d'origine libanaise, qui durant des années a tenu une chronique sur les réalisations des immigrants et des membres des communautés culturelles. Elle a ouvert la voie à Mme Rima Elkhouri née à Montréal de parents d'origine sénégalo-libanaise et arménienne qui est actuellement chroniqueuse au quotidien La Presse.

On ne peut pas passer sous silence M. Akli Ait Abdallah, de la radio de Radio-Canada d'origine algérienne qui fait beaucoup de reportage au Moyen-Orient. Côté culturel, il faut souligner l'apport du jeune dramaturge Wadji Mouawad, qui dirige le théâtre de quatre sous l'un des plus importants du Québec, preuve que les communautés arabes ou musulmanes continuent à enrichir le paysage québécois et canadien dans tous les domaines.

 

Andrée Dubois

 

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Afifa Maaninou, une militante des droits humains d'origine marocaine devenue présidente du Conseil scolaire de l'île Montréal

 

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Originaire du Maroc, je suis arrivée avec ma famille au Québec en janvier 1988. Je me suis installée par hasard dans le quartier Côte-des-Neiges et j'y suis restée. Engagée politiquement pour les droits de la personne dans mon pays d'origine, je me suis impliquée tout naturellement dans l'action communautaire et scolaire.

À l'école primaire Saint-Pascal-Baylon que mes filles fréquentaient, je me suis impliquée dans le comité d'école et le conseil d'orientation où je me suis retrouvée engagée dans des revendications de parents concernant particulièrement la propreté et la rénovation des locaux scolaires ainsi que le manque de places d'élèves. Dès lors les revendications timides et sans succès des parents auprès du Conseil des commissaires de l'ex-CECM se sont transformées en revendications plus articulées (manifestations au Conseil des commissaires, sorties dans les medias, etc.) et ont surtout donné des résultats : construction d'un gymnase, rénovation de l'école et acquisition d'une nouvelle école, Simonne-Monet. Mon intérêt pour la politique scolaire était bien amorcé et je m'y engageai à fond au point de me présenter aux élections scolaires de 1994 où je devins commissaire.

Forte du soutien des parents, j'utilisai mon nouveau rôle davantage pour les informer, les motiver et les maintenir mobilisés afin que le dossier épineux de surpopulation dans les écoles à Côte-des-Neiges soit réglé définitivement et que leurs enfants aient de meilleures conditions de réussite. Ce travail sur le terrain, en direct avec les parents, a donné fruit et d'autres nouvelles écoles ont été ouvertes dont l'école des Nations, l'école St-Kévin, un centre d'éducation des adultes et tout récemment l'annonce de la construction d'une nouvelle école primaire.

En outre, l'intégration des divers groupes ethnoculturels à la société montréalaise est aussi une de mes préoccupations. J'ai participé à la création d'un comité-femmes au centre d'études arabes pour le développement (CEAD) où, de 1990 à 1992, j'ai été membre du conseil d'administration et du comité exécutif de cet organisme voué à favoriser l'intégration des membres des communautés arabes du Québec, à la société montréalaise, et à la promotion de la solidarité canado-arabe.

Poussée par le désir de m'associer à la communauté, j'ai siégé au comité pour les équipements collectifs du quartier Côte-des-Neiges qui a permis, notamment, à la suite de nombreuses interventions, la réalisation du projet de construction d'un complexe sportif dans le quartier. J'ai également siégé comme co-présidente du Comité du Oui d'Outremont afin de soutenir les revendications et les aspirations du peuple québécois.

Diplômée en informatique de gestion et en linguistique générale de l'Université de Paris VIII, j'ai ¦uvré dans le milieu de l'informatique pendant 12 ans. Jusqu'à ma nomination à la vice-présidence de la Commission scolaire de Montréal en août 1998, je travaillais au centre d'études ethniques de l'Université de Montréal.

Depuis l'automne 1998, je suis membre du comité exécutif du Conseil scolaire de l'île de Montréal (CSIM), où j'alterne entre des fonctions de présidente du comité exécutif et présidente du Conseil scolaire.

 

Motivations

 

Depuis mon enfance, j'ai été sensibilisée par ma famille aux injustices sociales et à la lutte pour les droits à la dignité pour tous les humains. Mon père, qui n'avait qu'un garçon et 6 filles, nous encourageait vivement à bien étudier, particulièrement nous les filles et nous disait souvent : « Mes chers enfants, j'insiste peut-être un peu trop sur les études, mais sachez que c'est le seul héritage que je vais vous laisser. Je veux que vous soyez autonomes ». J'ai l'impression que j'ai été façonnée pour combattre l'injustice et l'exclusion partout où je me trouve. Ce combat peut prendre plusieurs formes ; des gestes individuels qui ne sont généralement pas connus mais qui peuvent avoir des répercussions positives sur des individus ; sur leur prise de conscience ; des implications dans des mouvements progressistes ¦uvrant pour la paix, la justice sociale, l'émancipation des femmes ou le droit à l'éducation ou dans des causes qui soutiennent des aspirations légitimes de peuple à l'indépendance comme ici, au Québec, mon engagement au dernier référendum; des revendications plus concrètes telles les nouvelles écoles pour les enfants de CDN. Quelle que soit la forme, toutes contribuent à l'avancement de la justice et de la solidarité sociale.

 

Réalisations significatives

 

Les rénovations, les agrandissement et l'ouverture de nouvelles écoles primaires dans le quartier Côte-des-Neiges, l'ouverture d'une école pour l'éducation des adultes pourraient m'être associés en tant que représentante politique. Il en est de même pour le gèle de la taxe scolaire en 2000 où j'ai défendu le dossier auprès du ministère de l'éducation au nom du Conseil scolaire dont j'étais la présidente. En réalité, toutes ces réalisations n'ont pu se concrétiser que grâce au travail et au soutien de personnes qui généralement restent dans l'ombre. C'est ce travail en équipe qu'il faut reconnaître ; sans lui personne ne peut rien faire avancer.

 

Relations entre majorité et ma communauté

 

Dans mon implication, la dimension interculturelle a toujours été présente. J'ai toujours travaillé avec toutes les communautés, je ne me suis jamais limitée à ma communauté. Je pensais que c'était la meilleure façon de connaître et de se faire connaître par les autres, de développer la compréhension mutuelle et la connaissance nécessaire afin de lutter contre les préjugés et la discrimination. Je pense qu'il faut continuer à travailler avec toutes les nationalités sans distinction, c'est ce qui va permettre un jour aux humains de vivre en harmonie, dans le respect des autres cultures mais également dans la fierté de sa propre culture. Toutefois, depuis les événements survenus aux USA, un vent de méfiance s'élève vis-à-vis des Musulmans en général et des Arabes en particulier, sans distinction confessionnelle d'ailleurs ; et je sens la nécessité de joindre ma voix à celles de toutes celles qui clament la Paix et dénoncent la Guerre, et d'expliquer aux autres Québécois ce qu'est la civilisation musulmane, ce qu'est la réalité du monde arabe et du monde musulman, les distinctions et les nuances entre ces divers univers, etc., afin d'informer et de contrer la méconnaissance qui engendre l'intolérance et de développer ainsi la solidarité entre tous les peuples. J'ai confiance que nous saurons tous ensemble construire un monde plus convivial.

 

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Mohamed Soulami, à la tête d'une organisation dynamique;

Actions Interculturelles

 

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Mohamed Soulami est originaire du Maroc. Fils d'un éditeur, intéressé par les différentes facettes de la comunication, il a baigné dès son jeune âge dans le domaine de la création, de l'édition et des affaires. Après une formation multidisciplinaire, Mohamed Soulami s'est orienté vers l'interculturel international.

 

Par son rôle prépondérant au sein de l'organisme AIDE, Mohamed Soulami s'est vu décerner le prix de la fête de la fraternité et, grâce à son dynamisme, l'organisme s'est vu octroyer le prix d'excellence et du bon sens de l'organisation de l'Université de Sherbrooke. Il fut décoré du titre de Chevalier de l'ordre de la pléiade, ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures, en janvier 2000 à l'Assemblée Nationale du Québec.

 

Directeur général de l'AIDE depuis 1997, il s'est montré rassembleur, organisateur de grand talent et audacieux visionnaire par l'élaboration et la réalisation de projets d'une originalité structurante et marquante en Estrie.

 

AIDE a été fondé en 1990 à l'Université de Sherbrooke par des étudiants qui avaient la volonté d'accroître les échanges interculturels sur le campus. En 1996, l'organisme élargit son mandat pour devenir un lieu de rencontre et de partage interculturels, ouvert à la région estrienne. Depuis 2001, l'évolution de ses mandats nécessite le changement de nom de l'organisme pour devenir Actions interculturelles de développement et d'éducation (AIDE). Lesdifférentes sphères d'activités permettent à l'organisme de viser le raprochement interculturel par l'éducation, la sensibilisation et l'intervention. L'organisme met l'accent sur l'éducation interculturelledans les contextes de l'immigration, de la mondialisation et des nouvelles technologies de communication. L'unicité de AIDE est de promouvoir le rapprochement interculturel par des moyens éducatifs non traditionnels tels que l'autoformation, la formation informelle et l'éducation directe. De plus, l'organisme garde le cap afin de prendre position et appuyer des initiatives locales ou internationales, visant à promouvoir des relations bénéfiques, harmonieuses et équitables entre différents groupes ethniques. L'accent est mis aussi sur la richesse des différences culturelles et l'importance de la culture dans les relations internationales pour les gens d'affaires.Au fil des années, plusieurs projets de nature internationale ont été élaborés au sein de l'organisme. En voici quelques exemples :

 

Étudiantes ambassadrices et étudiants ambassadeurs de l'Estrie (EAE)

 

En 1997, l'AIDE lance le projet Étudiantes ambassadrices et étudiants ambassadeurs de l'Estrie dans le but de développer des relations entre l'Estrie et le reste du monde, en collaboration avec les étudiants étrangers de passage à l'Université de Sherbrooke et à l'Université Bishop's. Ce projet a été cautionné par les instances décisionnelles gouvernementales et municipales de même que l'entreprise privée et corporative. Le projet aura permis à plus de 25 étudiants de 17 pays à soutenir des entreprises à développer des liens d'affaires avec leur pays respectif.

 

Jeunesse Estrie-Maroc-Brésil (JEMB)

Le projet Jeunesse Estrie-Maroc-Brésil (JEMB) permet de placer des diplômés universitaires avec des entreprises avec l'objectif de réaliser un mandat sur la scène internationale. Cette formule offre la possibilité à de jeunes diplômés de se réaliser en tant qu'agent de développement de marchés internationaux et par la même occasion, à des entreprises d'ici de développer, d'enrichir ou d'entretenir des relations commerciales à l'étranger. Ce projet a d'abord exploré les marchés marocains (Jeunesse-Estrie-Maroc), puis récemment le marché brésilien. Développement des Ressources humaines Canada a décrit le projet comme une histoire à succès qui illustre bien les résultats escomptés de cette initiative régionale. Les stages sont axés sur le milieu des affaires, et de plus, ont dépassé les objectifs fixés par l'organisme.

 

Option Jeunesse Internationale

 

Le projet, orienté vers divers pays, est développé cette année sous le vocable Option Jeunesse Internationale en partenariat avec Développement des ressources humaines Canada, Emploi-Québec et Développement économique Canada. Le projet permet aux entreprises exportatrices ou qui font de la recherche de marchés d'engager à moindre coût, un agent de développement de marchés international qui sera mandaté à l'étranger. L'aide financière reçue correspond à 80% des coûts de la mission. Pour une période de six mois, l'agent se voit confier un mandat tel que la mise en oeuvre d'une étude de marché, la recherche en marketing, l'évaluation de la concurrence, la recherche de partenaires ou de distributeurs à l'étranger. Cette mission doit se dérouler dans un pays d'Amérique latine, d'Afrique ou d'Asie.

 

aide@aide.org

 

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Une fonction publique à l'image du Québec d'aujourd'hui

 

Accès à l'égalité

 

Le Québec d'aujourd'hui se caractérise par sa modernité, son ouverture et sa diversité. La fonction publique se doit donc de refléter cette richesse.

Vous êtes autochtone, anglophone ou membre d'une communauté culturelle ? Le gouvernement du Québec a justement instauré des mesures pour vous faire une place équitable au sein de la fonction publique.

 

Des nouvelles mesures

 

Une nouvelle mesure, qui est entrée en vigueur le 10 juillet 2001, s'adresse notamment aux membres des communautés culturelles.

 

Ainsi, si vous êtes membre d'une communauté culturelle, vous pouvez désormais postuler à un concours ou à une réserve de candidatures même si vous n'appartenez pas à la zone géographique indiquée dans les conditions d'admission à ce concours ou à cette réserve. Cela signifie que vous pouvez postuler à des emplois dans toutes les régions du Québec.

Le gouvernement du Québec avait également annoncé, en mai 1999, que 25 % des nouvelles embauches dans la fonction publique doivent désormais provenir des autochtones, anglophones ou membres d'une communauté culturelle. Cet objectif s'étend à tous les statuts de personnel : régulier, occasionnel, étudiants et étudiantes stagiaires ou occupant un emploi d'été.

Ces deux mesures s'ajoutent aux mesures d'accès à l'égalité déjà existantes, notamment le programme d'accès à l'égalité pour les femmes, celui pour les communautés culturelles et le plan d'embauche du gouvernement pour les personnes handicapées.

Pour en savoir davantage sur les programmes et les diverses mesures, nous vous invitons à consulter le site Internet du Secrétariat du Conseil du trésor à la section « Accès à l'égalité en emploi à l'adresse : http://www.tresor.gouv.qc.ca/egalite

 

Comment poser votre candidature ?

 

Vous êtes intéressé à joindre la fonction publique québécoise ? Vous désirez postuler à un emploi régulier ou occasionnel ? Alors, vous devez répondre à un appel de candidatures, c'est-à-dire à une offre d'emploi. Les appels de candidatures sont accessibles sur le site Internet du Secrétariat du Conseil du trésor (http://www.tresor.gouv.qc.ca/emploi) et dans ses bureaux régionaux, auprès d'organismes représentant les groupes visés par les mesures d'accès à l'égalité, dans les centres locaux d'emploi, les carrefours jeunesse-emploi et les bureaux de Communication-Québec.

Pour vous inscrire, il vous suffit de remplir le formulaire Offre de service, accessible dans les mêmes endroits que les appels de candidatures, et d'identifier clairement votre appartenance à un des groupes sous-représentés mentionnés précédemment, en répondant aux questions prévues à cette fin.

Les renseignements que vous fournirez dans ce formulaire seront traités de manière confidentielle tel que le prévoit la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

Si vous répondez aux conditions d'admission de l'appel de candidatures, vous serez convoqué aux examens de qualification de la fonction publique.

 

Pour plus d'information

 

Pour plus d'information composez :

à Montréal : (514) 873-7701

à Québec : (418) 528-7157

ailleurs au Québec (sans frais) : 1 888 772-3657 ;

ou

Consultez le site Internet du Secrétariat du Conseil du trésor (http://www.tresor.gouv.qc.ca).

 

Quelques définitions

 

Par membre d'une communauté culturelle, on entend toute personne membre d'une minorité visible ou toute personne dont la langue maternelle est autre que le français ou l'anglais. On définit comme personne membre d'une minorité visible toute personne qui n'est pas de race ou de couleur blanche et par langue maternelle la première langue apprise et encore comprise.

Les autochtones sont les personnes d'origine amérindienne, d'origine inuit ou d'origine amérindienne et inuit. Pour leur part, les anglophones sont les personnes dont la langue maternelle est l'anglais.

 

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Terrorisme et droits et libertés de la personne

 

Les membres et le personnel de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse ont été profondément touchés par les attentats survenus le 11 septembre aux États unis. Touchés, comme des millions d'autres personnes, par la violence extrême manifestée dans ces attentats et ce qu'elle dévoilait, brusquement, sur l'état du monde. Touchés par la perte de chacune des victimes et par le deuil que devront affronter leurs proches, sans aucune préparation. Nous pouvons seulement espérer qu'ils puiseront quelque réconfort dans la certitude, amplement démontrée, que leur deuil est partagé par une grande partie de l'humanité. Cette compassion considérable fut la première - et fondamentale - réponse à l'inhumanité des actes terroristes.

Les membres et le personnel de la Commission ont aussi été touchés d'autant plus que ces attentats frappaient au coeur de ce pour quoi ils et elles oeuvrent : l'affirmation de la dignité humaine et la protection des droits et libertés de la personne. Les auteurs des attentats frappaient ainsi, à une heure de vol de chez nous, des valeurs qui sont essentielles non seulement pour les citoyennes et citoyens des sociétés démocratiques, mais aussi - voire davantage - pour ceux et celles qui, dans toutes les parties du monde, sont exclus de cette démocratie et du droit premier, le plus fondamental, parce que sans lui tous les autres sont sans objet : le droit à la vie.

Au Québec, la reconnaissance de ces droits et libertés et la garantie que leur confère la préséance de la Charte des droits et libertés de la personne représentent des fondements de notre propre démocratie. Les Québécois n'ont pas été attaqués directement par ces terroristes, mais ils et elles ont bien senti et sentent encore que certaines menaces pèsent désormais de façon plus évidente sur ces libertés qui sont des composantes primordiales de notre qualité de vie. Les événements du 11 septembre nous ont rappelé d'une façon brutale la fragilité des acquis.

 

Indispensable vigilance

 

Ces menaces sont réelles et correspondent à la double peur qui a, rapidement, assailli nombre de gens : peur du terrorisme et peur de la colère soulevée et des conséquences de la riposte annoncée. Les réponses aux questions que ces menaces posent aujourd'hui à nos sociétés ne seront pas faciles à trouver. La démocratie, par exemple, ne peut accepter des crimes comme ceux commis par les auteurs des attentats, au risque de se miner elle-même. Mais quels sont les gestes à poser qui favoriseront un approfondissement et un élargissement de la démocratie, et non sa réduction ? Des questions difficiles, mais qui ne trouveront de réponses ni dans le sentiment d'impuissance ni dans la soumission à des décisions prises par d'autres sans y avoir participé et sans avoir été dûment informés.

Il importe donc, dans ce moment crucial, d'être et de demeurer présent, actif et vigilant. La Commission, pour sa part, s'y engage, confiante dans le fait qu'elle ne sera pas seule dans cette détermination. Il est déjà réconfortant de voir que nos chefs de gouvernement ont rapidement mis en garde contre les généralisations abusives qui auraient porté préjudice à des personnes innocentes. Des gestes d'individus ne sauraient être reprochés au peuple où à la race auxquels ils appartiennent ou la religion qu'ils pratiquent. Réconfortant de voir déjà, venus d'horizons multiples et divers, des appels à la réflexion sur les causes proches et lointaines de ces événements et des rappels du fait que, si des gestes d'éclat doivent être utilisés, ceux-ci doivent avoir la paix comme objectif, non la guerre. Il est également réconfortant de pouvoir entendre ou lire, dans nos médias, de multiples et diverses analyses de la situation ; cela démontre - et c'est primordial - un refus des propositions simplistes et une détermination courageuse à affronter la complexité. Il est impératif, en situation de crise, de ne pas négliger d'approfondir notre compréhension des choses.

Dans l'immédiat, la Commission entend elle-même prendre part à cette discussion publique en soumettant certaines réflexions, la présente déclaration en constitue le premier acte.

La première est une question que la Commission avait déjà soulevée dans les semaines précédant le Sommet des Amériques de Québec au printemps dernier ; elle a trait à cette conception qui soutient que le respect des droits et libertés de la personne est une entrave à la sécurité publique. Qu'il faudra donc accepter, au nom de notre sécurité, des restrictions à nos libertés.

Or, qu'il faille, dans le court terme, par exemple, revoir certaines mesures de sécurité, dans les aéroports, aux douanes, etc., cela se peut ! Mais ne faudrait-il pas d'abord vérifier si les mesures actuellement autorisées sont effectivement mises en application, avec rigueur et compétence ? Peut-être n'avons-nous pas besoin d'inscrire des nouvelles restrictions dans des textes législatifs ou réglementaires où elles risqueront de perdurer. Il faudrait prendre garde aujourd'hui d'accepter sans interrogations préalables des mesures dont il pourrait être difficile, après coup, de se défaire. Les mêmes questions pourraient être soulevées relativement aux règles d'immigration ou à des modifications aux droits judiciaires.

 

Réduire les inégalités criantes

 

À moyen et long terme, par ailleurs, cette conception nous paraît fallacieuse, comme le démontre la réalité : n'est-ce pas dans les pays où le respect des droits est élevé que la sécurité, publique et privée, est la mieux assurée ? N'est-ce pas, à l'inverse dans les pays où les droits sont peu protégés que l'insécurité est la plus grande, nourrissant l'extrémisme ? Le caractère exceptionnellement tragique des événements du 11 septembre doit nous rappeler que dans le domaine de la sécurité comme ailleurs il faut s'attaquer non seulement aux symptômes, mais surtout aux causes.

Dans ce sens, la promotion et le respect des droits et libertés deviennent des instruments dont la mise en oeuvre rigoureuse favorise la sécurité, loin de s'y opposer. La riposte au terrorisme échouera si elle n'est pas accompagnée - voire fondée sur - des politiques internationales et nationales visant la contribution à la mise en place de la démocratie, la redistribution des ressources et richesses, la lutte à la pauvreté et aux inégalités.

C'est dans cette perspective, qui est la sienne depuis sa création, que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse continuera d'assumer ses responsabilités de protéger les droits fondamentaux de tous les citoyens ce qui est particulièrement important dans ces périodes de crise. Les récents événements détruisent certaines de nos assurances, mais n'affectent en rien notre idéal et notre détermination.

 

Pierre Marois

Président

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

 

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