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- Sommaire
- Éditorial: Recherches et technologies nord-américaines en français et financement de la culture
- SCIENCES ET TECHNOLOGIES
- CULTURE AU QUÉBEC ET AU CANADA
- AUTRE COOPÉRATION CANADIENNE
- En bref
- Index de publicité et messages:

Recherches et technologies nord-américaines en français et financement de la culture

Il y a deux ans, nous avions produit une publication sur la technologie nord-américaine que le Canada peut transmettre en français au reste du monde. Récemment, M. Boutros Boutros Ghali, Secrétaire général de la Francophonie, invitait le Canada à faire encore plus pour contribuer à diminuer le fossé technologique entre le Nord et le Sud.
Nous voulons donc profiter de la tenue des Jeux de la Francophonie à Ottawa-Hull pour aborder encore une fois ce que le Canada peut apporter au reste de la francophonie en matière de sciences et technologies: les jeunes qui participent aux Jeux de la Francophonie sont appelés à devenir des leaders importants dans l'avenir et qui auront donc à prendre des décisions importantes dans le domaine des sciences et technologies.
Et comme les Jeux de la Francophonie disposent d'un volet culturel, nous avons décidé de profier de l'occasion pour exposer des modes de financement de la culture au Québec et au Canada qui peuvent servir de modèle à d'autres pays francophones.
Nous évoquerons le point de vue du gouvernement du Canada en publiant un texte de docteur Gilbert Normand, Secrétaire d'État aux Sciences et à la technologie avant de nous étendre sur l'expertise canadienne en matière de nouvelles technologies de l'information qui dépasse celle de la France, notamment en reproduisant une entrevue de M. Roger Dehaybe, administrateur général de l'Agence de la Francophonie et l'initiative de 100 millions de dollars du gouvernement du Canada pour des études sociales sur la nouvelle économie. Cité du multimédia, Montréal, a vu naître le logiciel de Softimage à la base de l'animation de grands succès cinématographiques américains qui sont le "Parc Jurassique", "Titanic" et "La Guerre des étoiles". M. Daniel Langlois, créateur de ce logiciel vient de mettre au point un complexe multimédia à Montréal; «Ex-centris», qu'il a financé de sa poche au coût de 35 millions de dollars.
Dans le domaine spatial, le Canada, 3e pays à avoir lancé son satellite en 1962 après les États-Unis et l'ex-Union soviétique, premier pays à exploiter commercialement un satellite de télécommunication depuis 1972, premier pays à envoyer un francophone dans l'espace, Marc Garneau et qui a organisé en 1999 le voyage de la québécoise Julie Payette à la Station spatiale internationale, a des projets importants, avec des partenaires diversifiés.
En matière de la santé, le Canada, qui a su utiliser le savoir-faire nord-américain tout en maintenant un système de santé plus égalitaire que celui du grand voisin a beaucoup à offrir à la Francophonie internationale surtout grâce aux initiatives de Santé Canada.
En recherches universitaires, le Canada a aussi beaucoup à offrir. L'expertise de l'université Laval, la plus ancienne université francophone d'Amérique peut servir de modèles à toute la Francophonie.
Le Canada, membre du G7, peut offrir la recherche et la technologie nord-américaines en français. Des chefs d'État et cadres africains et d'autres pays francophones qui envoient de plus en plus leurs enfants étudier plutôt au Canada qu'en France ont commencé à comprendre cette nouvelle donnée. Ils leur restent à renforcer leur coopération avec le savoir-faire canadien pour bien se préparer à la nouvelle économie basée sur le savoir.

Il est une vérité de La Palice que dans l'économie du savoir, la science, la technologie, la recherche et l'innovation technologique sont des éléments clés qui influent sur la croissance de la productivité et ultimement sur le standard de vie des nations. Le Canada ne fait pas exception à cette règle d'or, et, comme les autres grands pays industriels, il consacre une part non négligeable de son PIB, soit 1,7 % en 1998, exclusivement à la recherche et au développement (R-D). Il s'agit là d'une dépense annuelle de plus de 15 milliards de dollars. Avec la France, le Canada est le pays de la Francophonie qui consacre le plus de ressources à la R-D.
La science et la technologie (S-T) canadienne s'organisent autour de trois grands facilitateurs : l'industrie, les gouvernements fédéral et provinciaux, ainsi que les universités et collèges. Les activités de R-D au Canada sont d'abord reliées à la recherche industrielle. En fait, plus de la moitié des dépenses faites au chapitre de la R-D au Canada sont réalisées par des entreprises commerciales. Statistique Canada estime que les entreprises commerciales ont exécuté des travaux de R-D d'une valeur de presque 10 milliards de dollars en 2000.
Le gouvernement fédéral joue quatre rôles, soit bailleur de fonds, facilitateur, exécuteur de R-D (estimation de 3,3 milliards de dollars en 2000) et organe de réglementation. Au dernier décompte, 48 organismes fédéraux faisaient et/ou finançaient de la R-D, incluant 120 laboratoires de recherche fédéraux. Ainsi, à lui seul, le Conseil national de recherches Canada (CNRC) réunit 16 instituts de recherche et quatre centres d'innovation. D'autres ministères et organismes fédéraux à vocation scientifique, comme Environnement Canada, Ressources naturelles Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Pêches et Océans, et Santé Canada, opèrent également des centres de recherche dans tout le pays. Ces établissements et ces laboratoires remplissent le rôle de chercheur du gouvernement en appui à l'élaboration des politiques et des règlements ainsi qu'au développement économique. Trois autres organismes fédéraux &endash; soit le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, le Conseil de recherches en sciences humaines et les Instituts de recherche en santé du Canada &endash; financent la recherche effectuée dans les universités. Dans des programmes supplémentaires, ils encouragent également les partenariats de recherche entre les universités, les établissements publics et le secteur privé, et ils forment la prochaine génération de gens très qualifiés. Le gouvernement fédéral reçoit des conseils en S-T de deux organes indépendants qui rendent compte directement au Cabinet fédéral et au Premier ministre du Canada. Il s'agit du Conseil consultatif des sciences et de la technologie, qui conseille le gouvernement sur les questions de S-T de portée nationale, et du Conseil d'experts en sciences et en technologie, qui conseille le gouvernement sur des questions de S-T internes au gouvernement fédéral. À noter que les programmes élaborés par le gouvernement fédéral au cours des cinq dernières années sont parmi les plus novateurs qu'ait connus le pays. Il s'agit, notamment, de la Fondation canadienne pour l'innovation, des Instituts de recherche en santé du Canada, de Génome Canada et des Chaires de recherche du Canada pour le XXIe siècle.
Les chercheurs universitaires font certes avancer les connaissances par la recherche fondamentale, mais plus de 100 universités et collèges canadiens collaborent eux aussi avec des partenaires de l'industrie nationale et internationale sur des questions de recherche et de technologie d'intérêt commercial. Parallèlement, elles offrent à des étudiants la meilleure expérience possible sur le plan pédagogique et technologique dans des programmes de formation ordinaires, professionnels et coopératifs. Les plus récentes données font état d'exécution de travaux de recherche d'une valeur de presque 4,5 milliards de dollars par le secteur de l'enseignement supérieur canadien.
Plusieurs provinces ont également mis sur pied des programmes novateurs afin d'encourager le développement des S-T. Les provinces fournissent, pour l'essentiel, l'infrastructure matérielle de base et couvrent les frais de fonctionnement pour l'enseignement et la recherche dans les universités et les hôpitaux universitaires et ce dans tout le pays. Certaines provinces font et financent également de la recherche de façons similaires au gouvernement fédéral. Cette relation fédérale-provinciale garantit que les chercheurs canadiens disposent des installations et des fonds nécessaires pour effectuer des recherches de tout premier ordre et assurer la formation de personnes hautement qualifiées indispensables dans l'économie du savoir. Finalement, mentionnons l'apport des organismes privés sans but lucratif et/ou bénévoles qui recueillent des fonds pour des domaines de recherche précis, comme les sciences de la vie. Il s'agit là d'une autre source de soutien à la recherche qui prend actuellement de l'ampleur.
L'approche canadienne, en ce qui concerne la recherche scientifique, consiste à s'appuyer sur des partenariats et des réseaux. Elle remonte à l'origine même du Canada où il fallait coopérer pour survivre. L'excellence est également l'ingrédient essentiel à tous les niveaux du système d'innovation canadien, des gouvernements aux universités en passant par l'industrie et jusqu'aux partenariats internationaux qui aident les milieux d'affaires internationaux à voir dans le Canada « un des meilleurs endroits où faire de la R-D ». Le milieu canadien des S-T souhaite former avec d'autres pays, notamment les pays de la Francophonie, des partenariats et des réseaux, formels et informels, car des idées et des technologies novatrices peuvent naître à tout moment, partout dans le monde, à l'initiative de personnes, de réseaux de recherche, de centre d'excellence et d'entreprises. Le Canada a déjà conclu des accords formels en S-T avec plusieurs pays, notamment la France et l'Union européenne. De plus, il existe plus de 500 ententes bilatérales ou multilatérales entre des ministères fédéraux et provinciaux canadiens et des organismes de recherche étrangers. Au cours des dernières années, et dans le cadre de la Francophonie, notre pays a été particulièrement actif au niveau des technologies de l'information et des communications. En effet, depuis le Sommet de Cotonou en 1995 , le Canada a fait des efforts pour assumer un certain leadership en matière de l'autoroute de l'information. Le Canada s'est aussi impliqué, il y a un certains temps déjà, dans le développement et la mise-en-oeuvre de la Banque internationale d'information sur les États francophones (BIEF). La BIEF un réseau de ressources humaines, documentaires, archivistiques et technologiques axé sur la communication, la liaison, le transfert de l'information dans un cadre de mise-en-commun et de partage de ressources. La BIEF est un artisan du développement de l'inforoute francophone. Poursuivre et accroître cette collaboration internationale en R-D est un des principaux objectifs du Canada. La collaboration en R-D, notamment dans le domaine industriel, est une des principales sources mondiales de nouveaux produits, procédés et technologies de services et de production très concurrentiels. En fait, nous estimons qu'elle est essentielle pour renforcer notre base de recherche et notre économie parce qu'elle permet :
Tout cela aide l'ensemble des pays participants, notamment les pays Francophones, à prendre des décisions stratégiques en S-T afin de maximiser leur expertise et leurs ressources.


La France est un leader mondial dans bon nombre de secteurs d'une importance clé pour le Canada pour ne citer que les télécommunications, les biotechnologies, l'agriculture, la recherche médicale et l'espace.

Le Canada et la France partagent les mêmes priorités sectorielles et il y a déjà un volume important d'échanges et de collaborations en S-T entre nos ministères et agences, nos instituts et laboratoires et entre les chercheurs au plan individuel de part et d'autre de l'Atlantique. Ces collaborations s'étendent à des participations conjointes à des propositions pour les programmes de recherche de l'Union européenne de même que dans le programme spatial.
Les relations formelles de gouvernement à gouvernement se font sous l'égide de la Commission mixte scientifique Canada-France (CMS). La CMS est issue d'un accord culturel conclu en 1965. La première session de la CMS eut lieu en 1969. Pendant la 9e session, tenue à Paris en 1996, les deux pays se sont mis d'accord pour augmenter la coopération autour de six secteurs dits "privilégiés" de coopération:
- médecine et biotechnologies
- agriculture
- pêches et océans
- forêts
- sciences humaines et sociales
- technologies de l'information et des communications
La dixième session de la commission mixte scientifique qui s'est déroulée à Ottawa le 29 septembre 1998, a permis d'établir un état de la coopération dans les secteurs privilégiés qui ont été confirmés à cette occasion. Il a été également convenu d'accorder une attention particulière aux secteurs des biotechnologies et des nouvelles technologies de l'information et la communication et de faciliter la coopération technologique entre PME. La France et le Canada ont convenu de renforcer leur partenariat dans les sciences de base, en particulier en mathématiques. Les deux pays ont convenu de renforcer les échanges de chercheurs et de faciliter l'accès aux laboratoires et aux programmes de chaque pays de manière équilibrée, tant dans les relations bilatérales que multilatérales. Sur le plan institutionnel, les deux pays confirment leur intention de continuer d'intensifier les relations entre:
La France et le Canada ont aussi convenu de faciliter la coopération technologique entre PME/PMI; l'Accord signé entre l'ANVAR et le programme PARI du CNRC en octobre 1998 est un pas positif dans cette direction.
La France est intéressée à approfondir ses relations en S-T avec le Canada. Les Français sont particulièrement intéressés par l'expérience canadienne dans les sujets suivants:
Finalement, le Canada est une destination de premier choix pour les jeunes chercheurs français qui souhaitent pratiquer des stages postdoctoraux, mais aussi pour les chercheurs français.
La présence de l'Union européenne comme soutien gouvernemental à la recherche augmente à mesure que la politique européenne en matière de recherche et d'innovation prend de la maturité. Sur la période 1990-1996, il y a eu 7 036 participations de laboratoires ou d'industries françaises dans les programmes-cadres de R-D de l'UE. En 1997, l'allocation du Programme Cadre de Recherche Développement dépassait le total des crédits incitatifs de tous les ministères français (3,38 milliards FF contre 3,35 milliards FF). La France est le second contributeur et un important bénéficiaire des budgets de R-D de l'Union européenne. Les groupes français peuvent jouer un rôle facilitateur en amenant des partenaires canadiens dans leurs équipes pour préparer des propositions dans le Programme cadre de R-D. Les Canadiens peuvent participer en vertu de l'Accord de Coopération Canada-UE en S-T.
L'Ambassade du Canada à Paris organise périodiquement des ateliers de partenariats thématiques afin de favoriser la formation d'équipes pour répondre aux appels d'offres de l'Union européenne selon les règles d'accès établies dans l'Accord Canada-UE en S-T. Les derniers ateliers ont porté sur les technologies de l'information, sur l'agro-alimentaire, les biotechnologies et la télédétection.
Transatlantique Juillet 1999

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M. T.: |
Pouvez-vous nous décrire l'Agence intergouvernementale de la Francophonie? |
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R. D.: |
Le Sommet de Hanoi en 1997 a modifié les structures de la francophonie et les objectifs des différents intervenants. Il a décidé d'une francophonie plus politique, plus présente, plus agressive sur le plan international. C'est la raison pour laquelle on a élu un Secrétaire général, M. Boutros Boutros-Ghali. Par rapport à ce nouveau cadre institutionnel, 1'Agence intergouvernementale de la Francophonie opérateur principal a du se restituer, s'insérer dans le cadre politique global, renforcer son rôle de terrain, mais surtout de penser davantage en termes de stratégie. Dans ce nouveau paysage institutionnel, il m'est apparu nécessaire d'adapter les structures et le fonctionnement de l'Agence à ce changement. La réforme adaptée pour la Conférence ministérielle de la Francophonie en décembre 1998 a permis notamment de mettre en place un nouvel organigramme plus conforme au caractère interdisciplinaire des programmes et aux exigences de rapidité et de souplesse que requièrent les actions du terrain. L'Agence intergouvernementale de la Francophonie est l'opérateur principal des programmes de coopération conçus en concertation avec les États et les gouvernements membres. Elle met en oeuvre les actions sur le terrain dans les domaines de l'éducation, de la formation professionnelle et technique, la culture, les médias, les nouvelles technologies et la promotion des valeurs démocratiques. Elle est aussi chargée de l'organisation et du suivi des conférences ministérielles sectorielles décidées par les sommets des chefs d'État et de gouvernement de la Francophonie. |
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M. T.: |
Quelles sont les grandes lignes de vos projets d'avenir pour l'Agence intergouvernementale de la Francophonie ? |
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R. D.: |
Lors du Sommet de Moncton, il y a quelques mois, nous avons présenté une programmation sous forme de chantiers pour mobiliser l'ensemble des opérateurs et d'abord les directions de l'Agence. Cette programmation laisse davantage de place aux jeunes, renforce, et c'était urgent, l'action en matière d'éducation, favorise les langues, pas seulement la langue française, mais les langues partenaires également, et renforce toute la dynamique de la diffusion des nouvelles technologies dans les pays du sud, où il y a aussi urgence. À ces grandes orientations, il faut ajouter la problématique de la démocratie et des droits de l'homme. Dans les mois qui viennent, nous allons, sous l'égide de Boutros Boutros-Ghali, organiser un grand symposium à Bamako sur le bilan des pratiques démocratiques dans l'espace francophone. C'est l'un des grands chantiers 2000. Autre chantier important : la préparation de la conférence des ministres de la culture en 2001. Depuis lu Conférence de Liège en 1990, le moment est venu de faire le bilan du rôle de la francophonie dans le domaine de la culture. Nous préparons cette conférence sous la thématique « diversité des cultures, dialogue des cultures ». Nous allons travailler essentiellement sur trois axes : un premier axe est le dialogue entre les grandes institutions à la fois linguistiques et politiques. Quel rapport entre le monde arabe et le monde francophone ? Entre le monde hispanophone et le monde francophone ? Les lusophones ? Les Anglophones ? Il sera également intéressant de voir comment, à l'intérieur de leur espace, ils organisent leurs cultures et assument leur diversité culturelle. Deuxième niveau, l'Agence est en train de procéder aujourd'hui à une évaluation de son action dans le domaine de la culture. On voit bien qu'on ne peut plus prendre la culture aujourd'hui au sens étroit du terme, c'était pourquoi notre bilan portera également sur la politique de l'éducation et la politique des langues. Troisième axe dans le cadre de cette préparation: nous allons réunir des créateurs, des spécialistes, des artistes, des écrivains, des créateurs de l'espace francophone et nous allons les mobiliser et favoriser le dialogue et la réflexion entre eux. L'ensemble des travaux analyses sera présenté aux ministres, lors de leur conférence en 2001. Il est évident que le biennum 2002-2003, donc l'après Beyrouth se prépare aujourd'hui, en procédant à la fois à une évaluation permanente de ce que nous faisons, mais aussi à une réflexion sur l'avenir. |
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M. T.: |
Quel est selon vous le rôle du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick dans la Francophonie internationale ? |
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R. D.: |
Ce rôle est important, historiquement d'abord, parce que le Canada et le Québec font partie des 21 États et gouvernements fondateurs de l'Agence. Ce sont les pionniers de la francophonie. Bien avant la création de l'Agence en 1970, l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF) dont le siège est à Montréal, a été à la base du dynamisme, du rayonnement, et de la coopération entre les universités francophones. Le Secrétaire général de l'AUPELF était un Québécois, Jean-Marc Léger. En soixante-dix, Diori du Niger, Bourguiba de Tunisie et Senghor du Sénégal ont réussi à mettre sur pied une organisation à niveau intergouvernemental, l'Agence dont nous fêtons le trentième anniversaire. À leurs côtés, dans les coulisses, il y avait des Québécois, des Canadiens, des Français, il y avait André Malraux, dont on parle moins, mais qui a joué un rôle essentiel. Le Canada et le Québec sont donc des fondateurs avec les difficultés institutionnelles que l'on peut deviner et que l'on connaît. Moi qui suis belge, j'ai vécu le même type de problème. Il est difficile, à un niveau intergouvernemental de définir la place de ce que nous appelons les entités fédérées, les communautés et les régions en Belgique comme les provinces au Canada, mais la volonté politique de l'ensemble des États a permis de faire en sorte que le Québec soit autour de la table, permettant aux Québécois et aux Canadiens d'être ensemble dans la Francophonie. Le Canada et Québec sont le deuxième bailleur de fonds. Ils ont une contribution importante, au-delà de leur présence politique, intellectuelle ou culturelle, car ils permettent à nos programmes de se réaliser. Le Nouveau-Brunswick est venu plus tard, mais il s'est bien rattrapé. En accueillant le sommet de Moncton en septembre dernier, il a montré comment une petite communauté francophone, dynamique, car au Nouveau-Brunswick, les francophones ne sont que 30 % - lorsqu'elle se défend, lorsqu'elle s'organise, lorsqu'elle s'affirme, peut effectivement avoir droit à l'expression politique au plus haut niveau. Nous retrouvons des Canadiens, des Québécois, des habitants du Nouveau-Brunswick dans beaucoup de nos activités et nos programmes, notamment dans le secteur des nouvelles technologies. Nous avons là des experts, des spécialistes d'une technologie, dite américaine et qui l'utilisant et la diffusent en français. Nos amis du Québec et du Nouveau-Brunswick sont à la pointe de cette technologie qui est largement envahie par une autre langue, mais qui est devenue, paradoxalement, un outil de diffusion du français ou de résistance à d'autres langues. C'est pour cette raison que s'est tenue à Montréal la conférence des ministres chargés des inforoutes en 1997 jetant les bases de ce que la Francophonie fait aujourd'hui dans le domaine des nouvelles technologies. C'est un problème majeur pour le Nord comme pour le Sud. |
Transatlantique Septembre 2000
Le Centre de recherches sur les communications Canada (CRC) est, à l'administration fédérale, le principal laboratoire chargé d'exécuter des travaux de R-D en communications de pointe. En tant qu'institut de recherches d'Industrie Canada, le CRC apporte son soutien au Ministère pour qu'il puisse s'acquitter de ses responsabilités législatives en matière de gestion du spectre.
Le CRC exécute des travaux de recherche en science de la radio, en communications terrestres sans fil, en technologie de radiodiffusion, en communications par satellite, en applications destinées aux réseaux à large bande, ainsi qu'en microélectronique et en optique.
Au CRC, le transfert de technologie à l'industrie est une tradition bien ancrée. À preuve, au fil des ans, le CRC a contribué à la création de plus de 60 entreprises. Il exploite aussi un Centre d'innovation dans le but de procurer aux petites entreprises technologiques un accès à ses technologies, compétences en recherches et laboratoires uniques.
Le CRC loge sur un site de 600 hectares à Shirleys Bay, à quelque 20 kilomètres à l'ouest d'Ottawa. Le campus de Shirleys Bay regroupe quelque 70 immeubles où sont aménagés des laboratoires et des installations de soutien, notamment au profit du Centre de recherches pour la défense d'Ottawa et du Laboratoire David Florida de l'Agence spatiale canadienne.
Pour en savoir davantage sur les programmes du CRC ou sur le transfert de technologie, il suffit de communiquer avec la Division de la commercialisation au (613) 990-5889 ou de visiter le site Web du CRC à l'adresse suivante :
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