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1) Quel est votre programme d'action pour le nouveau gouvernement du Québec?
Réponse : Notre plan pour le Québec repose sur les valeurs défendues par le Parti libéral du Québec. Nous croyons profondément au respect des libertés individuelles, à la justice sociale, à l'égalité de chances, aux principes démocratique et au respect des citoyens. Notre plan vise à améliorer le niveau de vie des tous les Québécois et à associer le plus grand nombre possible de Québécois à la réussite de notre société. Dans cette optique, le gouvernement du Québec donnera la priorité à la santé et à l'éducation et veillera à rendre notre économie plus compétitive.
2) Comment comptez-vous intégrer les minorités ethniques, notamment les minorités visibles, dans l'administration publique québécoise où elles sont sous-représentées?
Réponse : Le Parti libéral du Québec est à l'origine de la Charte québécoise des droits et libertés. Elle place tous les citoyens sur un même pied. Notre formation a aussi été la première a introduire un programme d'accès à l'égalité pour la fonction publique au début des années 90. l'État québécois, le plus grand employeur du Québec, se doit de donner l'exemple et d'assurer une représentation équitable des communautés culturelles au sein de la fonction publique. Il se doit d'être le miroir de la société québécoise. Malheureusement, il ne l'est pas actuellement. Au cours des 10 prochaines années, plus de 40 % des employés de la fonction publique québécoise prendront leur retraite. Nous avons là une occasion exceptionnelle de nous donner un État plus représentatif de notre société diversifiée. Les communautés culturelles doivent être davantage représentées dans l'appareil de l'État, et cela à tous les niveaux. Nous agirons donc de manière concrète afin d'augmenter la représentativité des communautés culturelles au sein de l'État, mais nous agirons aussi de manière à favoriser la participation des communautés culturelles à l'ensemble de notre activité économique.
3) Comment comptez-vous renforcer les relations entre la France, la Francophonie et l'Afrique francophone, avenir de la Francophonie internationale?
Réponse: Les premiers gestes officiels de notre nouveau gouvernement vers la France et la Francophonie se sont concrétisés lors de la visite au Québec du premier ministre de la République française, monsieur Jean-Pierre Raffarin et celle du Secrétaire général de l'OIF, monsieur Abdou Diouf. Avec monsieur Jean-Pierre Raffarin nous avons voulu donner un nouveau souffle à nos relations privilégiées et directes avec l'État français. De façon concrète, nous avons convenu de faire ensemble des missions commerciales à l'étranger dont une première prévue à l'automne 2004 au Mexique. Par ailleurs, la visite récente de monsieur Abdou Diouf aura permis au gouvernement québécois de réaffirmé son appui et sa participation active au sein de la Francophonie, dans des dossiers spécifiques comme la diversité culturelle ou des dossiers plus généraux qui se retrouveront à l'ordre du jour du prochain Sommet de la Francophonie Ouagadougou en 2004.


Suite à la tempête tropicale Jeanne qui a ravagé la ville de Gonaïves, en Haïti, il y a eu un immense élan de solidarité au Québec, au Canada et dans le reste du monde. Le premier janvier 1804, dans la même ville de Gonaïves, un tremblement de terre a secoué l'histoire : la proclamation par le général Jean-Jacques Dessalines de l'indépendance d'Haïti après avoir vaincu l'armée de napoléon, la plus puissante de son époque. Certains superstitieux voient dans ce qui s'est passé dernièrement aux Gonaïves une espèce de punition des fondateurs du pays à une classe politique qui n'a jamais été capable de maintenir leur noble idéal. Les malheurs d'Haïti ont commencé réellement avec l'assassinat le 17 octobre 1806 de son libérateur, le général Jean-Jacques Dessalines.


Un chef de guerre d'exception qui continue à inspirer tous les révolutionnaires du monde.
Décidé à punir Toussaint Louverture et ces Noirs qui voulaient plus de liberté, Napoléon Bonaparte, qui s'était proclamé consul à vie en 1801, décida de restaurer l'esclavage et prit la décision d'envoyer une expédition punitive à Saint-Domingue pour rétablir l'esclavage. Machiavélique, voulant diviser les Noirs, il proposa au général Dumas, père de l'écrivain Alexandre Dumas dont les cendres ont été transférées au Panthéon à Paris en 2002, de commander l'expédition. Le général Dumas, chef de la cavalerie française et dont le nom sur l'Arc de Triomphe à Paris, né à Jérémie à Saint-Domingue d'une mère esclave noire Marie Cussette Dumas dont il conserva le nom par solidarité avec elle et d'un père aristocrate français, Davy de la Pailletterie. Surnommé ´ Humanité ª pour avoir fait détruire la guillotine alors qu'il était commandant militaire dans les Alpes françaises et en Vendée durant la Révolution, le général Dumas répondit à Napoléon : ´ Citoyen consul, je ne puis vous obéir. Vous oubliez que ma mère était une négresse. Je n'irai pas apporter les chaînes et le déshonneur à ma terre natale et aux hommes de ma race. ª Le général Dumas fut chassé de l'armée française et sa pension ne lui fut même payée pour avoir défendu la dignité de ses congénères.
Napoléon confia l'importante mission de Saint-Domingue au général Leclerc, mari de sa soeur Pauline. l'expédition était composée de plus de 40 000 soldats commandés par 40 généraux ayant fait leurs marques en Europe ou en Égypte et dont deux généraux mulâtres de Saint-Domingue, Rigaud et Pétion qui s'étaient réfugiés en France après s'être opposés à Toussaint Louverture. Conscient de la faiblesse de ses troupes devant l'expédition française, Toussaint Louverture ordonna à ses généraux de pratiquer la tactique des villes brûlées et d'organiser la résistance sous forme de guérilla. Mais, plusieurs généraux au lieu de s'enfuir se rallièrent aux envahisseurs qui leur promirent l'intégration dans la nouvelle armée. La seule bataille menée contre les troupes françaises fut celle de la Crête à Pierrot, un endroit où Dessalines avait érigé un fort où il avait rassemblé les seules forces qui restaient fidèles à Toussaint Louverture. 20 % des troupes françaises furent tuées en tentant de prendre le fort. À court de munition, les troupes acceptèrent la proposition de Toussaint Louverture de négocier les conditions de capitulation avec les Français. Il fut décidé de permettre à Toussaint Louverture de mener une vie paisible dans une de ses maisons et à des généraux et soldats qui lui étaient restés fidèles, dont Dessalines, d'intégrer la nouvelle armée française. Comme des paysans et quelques soldats avaient refusé de rendre les armes et continuer à harceler l'armée française, le général Leclerc rendit Toussaint Louverture responsable de ces mouvements et le fit arrêter et transférer en France en juin 1802 où il mourut au fort de Joux le 7 avril 1803. Le général Leclerc mourut à l'hiver 1802 de fièvre jaune. Il fut remplacé par Rochambeau qui avait combattu sous le commandement de son père qui commandait le contingent français envoyé appuyer l'indépendance des États-Unis. Connu pour sa brutalité, Rochambeau a fait exécuter des généraux noirs ou mulâtres et a jeté des soldats à la mer, a organisé une fête pour des femmes pendant qu'on éliminait leurs maris et livré des prisonniers à des chiens dressés pour chasser les Noirs. Les exactions de Rochambeau cimentèrent le désir de combattre chez les généraux et soldats autochtones. Ils désertèrent un à un l'armée française pour gagner le maquis. Les généraux mulâtres, conscients de ne rien obtenir de la France se rallièrent à Dessalines qui décida de la guerre d'indépendance.
Le 18 mai 1803, le général Dessalines désigné commandant en chef de l'armée dite indigène déchira le blanc du drapeau tricolore français et relia le bleu au rouge. Un trophée militaire et un palmier furent dessinés sur l'étoffe qui devint le drapeau de l'armée et de la nation en lutte pour l'indépendance. Il adopta aussi pour slogan ´ l'indépendance ou la mort ª qui allait être repris par tous les révolutionnaires du monde sous forme de ´ La patrie ou la mort, nous vaincrons ª. Dans son oeuvre ´ Les racines du sous-développement en Haïti ª, imprimerie Deschamps en 1979, M. Benoît Joachim soutient que Toussaint Louverture a perdu sa guerre contre les Français parce qu'il n'arrivait pas à mobiliser le peuple en soulignant son attachement à la France jusqu'au bout. M. Joachim ajoute : ´ Il adoptait le mot d'ordre de Liberté, Égalité, Fraternité, comment ceux qu'il combattait, mais il a certainement manqué un concept capital à son programme mal connu, du moins le terme indépendance à sa propagande. ª Les derniers combattants français se réfugièrent dans le fort de Vertières au Cap-français qu'ils croyaient imprenable en attendant les renforts de la métropole. Les soldats de Dessalines se mirent à l'assaut du fort de Vertières. Il y eut beaucoup de morts parmi eux. Le général Jean-François Capois, dit Capois la mort, perdit son cheval au combat puis son casque, mais continua à commander ses troupes en les poussant toujours en avant. Même les Français furent surpris d'un pareil courage. Le 18 novembre, Dessalines ordonna à son plus jeune général de division Gobart, 27 ans, de contourner avec ses troupes le fort. Ils arrivèrent à un endroit le moins solide du fort. Ils arrivèrent à le défoncer à la surprise générale des Français qui avaient concentré leurs troupes en face du plus important groupe de l'armée de Dessalines. Quand Rochambeau remarqua que le fort était devenu perméable, il fit envoyer un message à Dessalines pour lui signifier qu'il capitulait. Le lendemain, la capitulation fut signée. Rochambeau et quelques-uns de ses hommes prirent le bateau et furent arrêtés plus tard par les Britanniques devenus maîtres des océans.
Un chef politique qui a transformé sa société et a ouvert la voie de l'indépendance de l'Amérique latine et à l'abolition de l'esclavage.
Après avoir consulté ses généraux, Dessalines décida de proclamer l'indépendance de Saint-Domingue sous son nom amérindien d'Haïti le 1er janvier 1804, aux Gonaïves. Il y eut la lecture de la proclamation d'indépendance signée par tous les généraux et de la déclaration du commandant en chef résumant l'opinion de Dessalines sur l'indépendance.
On assistait à la naissance du premier État au monde créé par la victoire des esclaves, le premier État noir des Amériques et le 2e État indépendant après les États-Unis d'Amérique. Ce fut aussi la naissance du droit des peuples à lutter contre l'esclavage et à disposer d'eux-mêmes qui sera reconnu en 1948 dans la Charte universelle des droits de l'homme adoptée par les Nations unies.
Dessalines pensa à l'organisation du nouvel État. En septembre 1804, Dessalines fut proclamé empereur par les généraux et le peuple et dota l'empire d'une constitution où l'on trouvait les principes révolutionnaires comme la monarchie non héréditaire, la réforme agraire, la liberté de religion et d'autres droits civils.
La monarchie non héréditaire résulte dans le fait que l'empereur ne pouvait pas désigner son successeur qui ne peut donc pas être l'un de ses enfants. Le nouvel empereur devait être élu par les généraux et d'autres sages. C'est un système qui existait dans certaines monarchies africaines. Dessalines bénéficia du droit de nommer son successeur en reconnaissance à son rôle exceptionnel dans l'indépendance du pays.
La réforme agraire consistait quant à elle à transférer les terres abandonnées par les colons à l'État qui les faisait fructifier et en concéderait une partie à des militaires ou à des paysans.
Dans les droits civils, la grande nouveauté fut de légitimer tous les enfants. Ainsi, plusieurs enfants de colons non reconnus par leurs pères l'étaient par une loi, ce qui allait compliquer la réforme agraire parce que la plupart réclamaient les biens de leurs pères.
Quant à la liberté de religion, elle légalisa le divorce interdit par la religion catholique dans une société où beaucoup de mariages d'esclaves étaient des mariages forcés par les maîtres et laissa à chacun la liberté d'exercer sa religion. Même s'il s'était fait sacrer empereur par un prêtre catholique, Dessalines, qui était probablement musulman dans son pays d'origine, la Guinée déjà islamisée, et dont on dit qu'il s'intéressait beaucoup au vaudou et aux activités des disciples de Mackandal, un esclave musulman qui, dès 1753, prêchait déjà l'indépendance du pays et fut exécuté par les autorités coloniales.
À tous ces droits, il y avait aussi des devoirs dont celui de travailler pour faire avancer la nouvelle patrie. La notion de devoir a été difficilement acceptée par la société haïtienne à l'époque de Dessalines.
Après avoir reçu les droits d'hériter, les descendants des colons, les mulâtres, ne voulaient pas partager les propriétés foncières avec le nouvel État et leurs concitoyens. Furieux, Dessalines s'exclama : ´ Les Nègres dont les pères sont en Afrique d'auront donc rien ! ª
Les mulâtres décidèrent d'éliminer le libérateur Dessalines avec la complicité de certains généraux et membres de l'élite noire qui lui reprochait de n'avoir pas créé une noblesse héréditaire avec des droits fonciers dont ils auraient étaient bénéficiaires et de quelques anciens esclaves qui pensaient que le travail était un autre esclavage.
Un système basé sur le préjugé de couleur et une lutte permanente entre les mulâtres et la majorité noire.
Le 17 octobre 1806, alors qu'il revenait de vérifier les titres des propriétés dans le Sud, l'empereur Dessalines qui n'avait qu'une escorte légère, tomba dans une embuscade tendue par des hommes proches de son ministre de la guerre, M. Gérin, avec la complicité des généraux Christophe et Pétion. Il résista, mais fut tué et découpé en morceaux comme un chien. Ce parricide horrible constitue le départ des malheurs dont Haïti souffre encore aujourd'hui et a rétabli le système économique et politique de l'époque coloniale qui était basé sur le préjugé de couleur : les mulâtres ont tout simplement pris la place qu'occupaient leurs pères français sous la colonisation.
Le général Christophe qui avait comploté pour l'assassinat de Dessalines refusa le poste de président qu'on lui avait proposé parce qu'il s'est rendu compte que le poste était honorifique. Il créa un royaume dans le nord du pays et Pétion fut proclamé président à Port au Prince. Christophe donna les titres de noblesse que Dessalines avait refusé d'octroyer. Ce fut presque caricatural comme le souligne le Martiniquais Aimé Césaire dans sa pièce ´ La tragédie du roi Christophe ª. En 1818, Pétion mourut et fut remplacé par le chef de sa garde présidentielle, Jean-Pierre Boyer. Christophe se suicida en 1820 après la révolte d'une partie de son armée qui fit appel à Boyer pour devenir président de tout le pays. Il renforça donc la mainmise économique et politique des mulâtres sur Haïti. Pendant 20 ans, il régna même sur la partie de l'île qui allait devenir Saint-Domingue à son indépendance en 1840. En 1843, Boyer fut renversé par un coup d'État militaire. Il s'en suivit une période d'instabilité avec la succession au pouvoir des présidents noirs ayant fait la lutte d'indépendance jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Soulouque qui se proclama empereur et régna pendant plus de dix ans. Après son renversement, des mulâtres ou leurs alliés se succédèrent au pouvoir, ce qui provoqua encore des réactions des paysans noirs qui, en 1911, firent accéder au pouvoir monsieur Leconte, un descendant de Dessalines, qui périt un an plus tard dans le bombardement de son palais. C'est à partir de ce moment-là que les mulâtres firent appel au Etats-Unis qui occupèrent le pays jusqu'en 1934.
La dernière destitution du président Aristide n'est qu'une répétition de l'histoire trouble d'Haïti entre les mulâtres et la majorité noire. Pour pouvoir arriver à faire quelque chose pour Haïti, il est essentiel que ce problème soit exorcisé. Il faut que les deux ethnies haïtiennes se parlent ouvertement de leur problème dans une sorte de conférence nationale comme on a connu au Bénin, le pays africain le plus proche d'Haïti, terre d'origine de Toussaint Louverture, héros national d'Haïti et du vaudou, la religion la plus pratiquée en Haïti. Madame Conceptia Ouinsou, née Denis, d'origine haïtienne, présidente de la Cours constitutionnelle du Bénin, peut jouer un rôle important. Comme d'ailleurs madame Michèle Montas, veuve du journaliste Jean Dominique, qui, bien que on dise que son mari a été assassiné par des gens proches d'Aristide, C'était montré dans une interview au journal français le Figaro opposée à la destitution du président Aristide. Le ministre Pettigrew, qui cherche à organiser quelque chose d'important pour mettre fin à l'impasse politique en Haïti peut avoir des conseils intéressants de ces deux dames exceptionnelles.
Par Kanyurhi T. Tchika, président et éditeur du magazine Transatlantique
l'élection de monsieur Maka Kotto, d'origine camerounaise, comme député du Bloc québécois de St-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal, a fait couler beaucoup d'encre. La question a l'avantage de permettre de rectifier certaines erreurs et d'ouvrir de nouvelles pistes de coopération surtout avec l'Afrique, continent où se trouve la majorité des pays francophones.

Lincoln Alexander, premier député noir au Canada fut élu en 1968 et est devenu ministre en 1979
Dans une lettre au quotidien La Presse, monsieur Jean-Marc Léger prétend que l'élection de monsieur Jean Alfred, du Parti québécois en 1976, d'origine haïtienne et premier député noir à l'assemblée nationale du Québec fut un précédent dans l'histoire politique canadienne. On peut se demander pourquoi monsieur Léger qui fut le premier secrétaire général de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) fondée à Niamey au Niger en 1970, devenue aujourd'hui l'Agence de la francophonie et dont les pays africains sont majoritaires parmi les membres, n'a jamais fait d'efforts pour renforcer les relations entre le Québec et l'Afrique francophone, ni apprendre le minimum sur les personnalités politiques d'ascendance africaine au Canada.
Né en Ontario de parents venus des Antilles anglaises, Monsieur Lincoln Alexander fut nommé ministre du travail sous le gouvernement Progressiste-Conservateur de monsieur Joe Clark en 1979. En 1988, Monsieur Alexander devint lieutenant-gouverneur de l'Ontario et fut plus tard chancelier de l'Université de Guelph. En 1990, madame Rosemary Brown fut la première femme noire élue député au Canada. Elle était député néo-démocrate à la législature de la Colombie-Britannique représentant un comté de la ville de Vancouver. Élue à Toronto en 1990, madame Zanana Akande fut ministre dans le gouvernement ontarien du premier ministre néo-démocrate Bob Rae. Le gouvernement du Québec vient de poser un geste intéressant en faisant élire madame Yolande James comme première femme noire députée à l'Assemblée nationale du Québec. Âgée de 26 ans et avocate, madame James est née à Montréal de parents originaires des Antilles anglaise. Madame Jean Augustine, originaire de la Grenade et députée libérale de la région de Toronto depuis 1993 et a été jusqu'à tout récemment ministre d'État au multiculturalisme et à la condition féminine, poste qu'avait déjà occupée sa congénère madame Heidy Fry, qui avait battu à Vancouver l'ex-première ministre du Canada, Kim Campbell. Madame Marlene Jennings, députée montréalaise de Notre-Dame de Grâce, née au Québec de parents originaires des Antilles anglaise et secrétaire parlementaire du premier ministre Martin, chargée des relations entre le Canada et les États-Unis, un pays où les Noirs ont de plus en plus de l'influence. Il suffit de penser au secrétaire d'État, Colin Powell, à madame Condoleezza Rice, conseillère du président pour la sécurité nationale, qu'on qualifie souvent de la femme la plus puissante du monde, au ministre de l'Éducation qui est aussi un afro-américain, à Monsieur Pearsons, le PDG de Time Warner, la plus grande entreprise de communication au monde et à l'animatrice Oprah Winfrey, devenue récemment milliardaire en dollars, pour s'en convaincre.

On a demandé récemment à monsieur Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l'ONU et de la francophonie que nous avons déjà eu l'occasion d'interviewer, ce qu'il fallait faire pour intégrer les personnes d'origine arabe de plus de cinq millions à la société française. Il a répondu en affirmant qu'il fallait suivre l'exemple américain où sitôt qu'on a pris conscience de problèmes de la communauté noire, on a réussi à améliorer sa situation dans les vingt dernière années. Le Québec peut aussi s'en inspirer si on se souvient que le Noir représente 12 % de la population américaine, presque autant que leur pourcentage dans la population de Montréal, mais qu'il n'y en a aucun au conseil municipal, après madame Kettly Beauregard qui avait été colistière de l'ex-maire Bourque et à l'Assemblée nationale du Québec où siège déjà madame Fatima Houda-Pépin, originaire du Maroc et première femme musulmane élue députée au Canada.
Monsieur Derlemari a soutenu que monsieur Maka Kotto était le premier Canadien d'origine africaine élu au parlement fédéral. Ce n'est pas tout à fait vrai. Il est juste le premier citoyen d'origine d'Afrique sub-saharienne ou Afrique noire élu. Monsieur Clifford Lincoln, originaire de l'île Maurice, fut ministre de l'Environnement au Québec dans les années 1990 avant de se faire élire député fédéral. Monsieur Jacques Saada, député de Brossard-LaPrairie, voisin du comté de monsieur Maka Kotto, est né en Tunisie. Il s'était récemment plaint d'avoir reçu des messages anti-sémites. Monsieur Saada a été nommé ministre du Développement économique Canada pour les régions du Québec et ministre de la Francophonie. Il peut renforcer la coopération entre le Canada et l'Afrique dans le cadre de la Francophonie.
Ouvrir de nouvelles pistes pour la coopération entre le Canada, l'Afrique et sa diaspora dans le cadre de la francophonie
Plus de la moitié des pays membres de la francophonie sont des pays africains. Si on y ajoute Haïti, on comprend combien la francophonie peut être un canal important pour la coopération canadienne avec l'Afrique et même avec sa diaspora.
Le premier janvier 2004, Haïti devait fêter le bicentenaire de son indépendance faite par le général Jean-Jacques Dessalines qui était né en Guinée en Afrique et qui a battu l'armée de Napoléon, le plus puissante de son époque. Dessalines est donc le seul esclave au monde à avoir créé un État. Même après son assassinat, le 17 octobre 1806 par le complot de fils de colons, les Mulâtres, qui reprirent les rênes du pays en rétablissant le système colonial basé sur le préjugé de couleur et dont souffre encore Haïti aujourd'hui, l'esprit de l'action de Dessalines a traversé les frontières en ouvrant la voie de l'indépendance à la plupart des pays de l'Amérique latine sous la conduite ou l'inspiration de Simon Bolivar et a forcé les Britanniques à abolir l'esclavage en 1833 et les Américains en 1863 sous la président de Lincoln. C'est pour souligner ce pas important dans l'histoire de l'humanité que fut l'indépendance d'Haïti que l'UNESCO a proclamé 2004 année internationale de commémoration de la lutte contre l'esclavage et de son abolition.
Alors que plusieurs chefs d'États africains, des hautes personnalités noires américaines et des pays francophones s'apprêtaient à aller fêter l'indépendance d'Haïti, le président Aristide et la classe politique haïtienne du pouvoir comme de l'opposition n'avaient réussi à créer la paix sociale indispensable à la commémoration d'un événement d'une telle ampleur historique. Quand une rébellion éclata, notre magazine qui a déjà visité Haïti avec le ministre canadien des Affaires étrangères en 1996 et fait une publication sur les relations entre le Canada et Haïti a saisi le gouvernement du Canada pour lui demander de proposer la médiation du Canada et d'autres pays francophones dont le Bénin, les pays africains culturellement le plus proche d'Haïti dont ils partagent la religion vaudou et patrie des parents de Toussaint Louverture, héros national d'Haïti et dont l'actuelle présente du Conseil constitutionnel, madame Conceptia Ouinsou, née Denis et d'origine haïtienne, est habituée à mener des négociations complexes. Malheureusement, les événements se sont précipités et les États-Unis ont embarqué le Canada dans un processus qui était d'avance perdu alors qu'on se souviendra que le gouvernement Mulroney avait soutenu le président Aristide renversé par un coup d'État en 1991 contre la volonté du gouvernement américain avec lequel il était pourtant proche. Cet appui a permis à M. Aristide d'avoir le soutien de tous les pays francophones en attendant que les lobbies noirs américains, dont Transafrica et le Black Caucus, le regroupement des députés noirs américains, convainquent le président Bill Clinton de le rétablir dans les fonctions en 1994.
On se souviendra aussi qu'en 1996, madame Albright, alors secrétaire d'État américain, avait utilisé un document produit par un général canadien pour empêcher une mission des Nations unies au Congo-Zaïre, deuxième pays francophone du monde, où une guerre d'invasion a maintenant fait près de cinq millions de morts.
En ce qui concerne la coopération avec l'Afrique, Monsieur Saada est probablement le seul ministre canadien de la francophonie qui connaît le continent : plusieurs de ses prédécesseurs étaient incapables de situer plusieurs pays africains sur une carte. Né en Tunisie dans une famille juive ayant des racines séculaires, M. Saada s'est déjà plaint des actes antisémites dans son propre comté de la Rive-Sud de Montréal. Le fait que M. Saada soit aussi ministre fédéral du développement économique régional au Québec est un élément très important : les pays africains veulent que la francophonie soit de plus en plus axée sur le développement économique. Des entretiens lors des missions sur le continent avec des chefs d'États ou de gouvernements, des ministres, des hauts fonctionnaires, des gens d'affaires et même des groupes de femmes m'ont convaincu que les Africains attendent beaucoup du Canada pour leur montrer la voie du développement économique. La Révolution tranquille québécoise peut servir de modèle à l'Afrique. Des instruments de développement québécois, comme la Caisse de dépôt et de placement du Québec, peuvent être reproduits en Afrique avec l'appui des fonds de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), surtout dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) dont les projets canadiens actuels ne sont pas très innovateurs malgré la bonne volonté de l'ancien premier ministre Jean Chrétien. Le premier ministre Martin connaît mieux l'Afrique qu'on ne le pense. Dans le cadre du G20 des ministres des finances qu'il a fondé, il a réussi à créer des relations amicales avec le ministre des finances de l'Afrique du Sud avec lesquels il a quelque fois passé des vacances dans son pays. Il est à noter aussi que né à Windsor en Ontario, ville proche de Détroit au Michigan aux États-Unis à majorité noire, monsieur Martin a pendant sa jeunesse milité pour le mouvement des droits civiques des Noirs américains conduit par Martin Luther King. Les Africains veulent aussi être intégrés au marché mondial en faisant la promotion de leurs produits en occident. Ce pourquoi il serait souhaitable de créer un centre d'informations sur le développement et le monde francophone à Montréal ou faire connaître les produits africains, les possibilités d'affaires avec le Canada et créer la visibilité pour les personnalités africaines de passage au Canada qui sont souvent ignorées par les médias.

Monsieur Jean Coutu, milliardaire en dollars et président fondateur du Groupe Jean Coutu, qui nous a déjà accordé une entrevue, est certainement l'homme d'affaires québécois qui comprend mieux et aime l'Afrique où il a des activités humanitaires. Il peut donner des conseils très utiles. l'Afrique a permis à des entreprises canadiennes comme SNC-Lavalin de se développer, Alcan est en Guinée depuis 50 ans et Lambert-Somee construit une ligne électrique à haute tension entre le nord du Sénégal et la Mauritanie. Tecsult fait près de la moitié de son chiffre d'affaires en Afrique où Cima+ veut accroître ses activités avec son vice-président, monsieur Abdou Mamadou, originaire du Niger où CANAC a acheté pour plus de 40 millions de dollars le droit d'exploiter le chemin de fer entre le Sénégal et le Mali.

Les Africains souhaitent aussi de plus en plus la coopération sud-sud appuyée par les pays du nord. C'est ainsi que des pays comme l'île Maurice et la Tunisie ou le Maroc peuvent transférer leur expertise dans d'autres domaines à d'autres pays africains avec l'appui des partenaires du nord. C'est dans ce cadre que l'ONA (Omnium nord africain), l'entreprise privée la plus importante au Maroc, a investi 60 millions de dollars dans SEMAFO, une entreprise de Montréal, pour qu'elles aillent exploiter ensemble des mines en Afrique de l'Ouest en respectant toutes les règles internationales. l'entreprise Prometic science de la vie a signé un contrat de plus de 30 millions de dollars avec l'institut Pasteur et des partenaires tunisiens pour fabriquer en Tunisie des médicaments à exporter en Afrique et au Moyen Orient.
La diaspora africaine peut jouer un rôle capital dans le renforcement des relations entre le Canada et l'Afrique. Il y a aujourd'hui plus d'enfants de chefs d'États africains et des hauts fonctionnaires à poursuivre leurs études à Montréal qu'à Paris : ils viennent apprendre la technologie nord-américaine en français. Des anciens étudiants africains au Canada occupent de plus en plus de hautes fonctions dans leur pays. C'est le cas de monsieur Mahanane Ousmane, ancien chef d'État du Niger et actuel président de l'Assemblée nationale et de l'Association des parlementaires de la francophonie, du premier ministre d'Égypte, monsieur Ahmed Nazif, du premier ministre du Sénégal et de son ambassadeur au Canada, Amadou Diallo. La diaspora africaine qui a élue domicile au Québec est très instruite et prête à contribuer aux relations avec le continent d'origine. On peut citer le cas de M. Ibrahim Dia, vice-président à la Banque royale du Canada, et de M. Mamadou Amidou Abdou, vice-président de CIMA+ International.
Dans la situation actuelle d'un gouvernement minoritaire, les renforcements des relations économiques avec l'Afrique francophone peuvent faire consensus entre le gouvernement et le Bloc québécois et permettre au ministre Saada et au député Maka Kotto de collaborer pour le plus grand bien de leur continent d'origine et de ce qui unit l'Afrique au Québec : la francophonie. Dans cette noble tâche, ils peuvent avoir aussi l'appui du gouvernement du Québec qui n'a rien de palpable jusqu'à présent pour l'Afrique francophone, et de la France qui en dépit de quelques problèmes reste le premier partenaire économique de l'Afrique francophone et son président, M. Jacques Chirac, est certainement le chef d'État occidental le plus attaché à ce continent. Le fait que monsieur Saada a aussi la nationalité française peut lui être utile.

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M.T. : |
Pouvez-vous nous parler du Groupe d'amitié parlementaire Canada- Tunisie? |
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Yvon Charbonneau : |
Créé en avril 2002, ce Groupe réunit
une quarantaine de parlementaires canadiens,
sénateurs et députés issus de la
plupart des partis représentés au Parlement,
autour des objectifs suivants : « favoriser les
échanges entre parlementaires tunisiens et canadiens,
proposer des initiatives susceptibles de promouvoir une
meilleure compréhension mutuelle des problèmes
nationaux et internationaux et développer la
coopération entre les deux pays dans tous les
domaines des activités humaines. » |
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M.T. : |
Vos impressions, à la suite de votre mission récente? |
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Yvon Charbonneau : |
Tout d'abord, je dois vous dire que je n'ai pas eu
à « découvrir » la Tunisie, puisque
j'ai travaillé à Sfax comme
enseignant-coopérant de l965 à l967, et que
j'y suis revenu quelques fois au fil des ans. Le charme
tunisien, tout en douceur, est toujours présent.
Toutefois, j'ai senti une activité industrielle
nettement accrue, tout comme j'ai perçu un net
changement en ce qui touche l'aménagement du cadre de
vie : habitation, gestion de l'environnement, circulation,
télécommunications, capacité
hôtelière. Bref, la Tunisie se présente
comme un pays d'une modernité comparable à bon
nombre de pays du bassin méditerranéen. |
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M.T. : |
Comment renforcer les relations entre nos deux pays et le monde arabe? |
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Yvon Charbonneau : |
Tout d'abord, comme Canadiens nous devons apprendre
à apprécier toute la richesse de la
personnalité tunisienne. Pays arabo-musulman par sa
population, la Tunisie s'inscrit d'entrée de jeu dans
la mouvance méditerranéenne constituée
du brassage et de la fusion de plusieurs anciennes
civilisations. En relation étroite avec la France,
l'Italie, l'Allemagne et de nombreux pays d'Europe, la
Tunisie fait aussi partie du continent africain où
elle compte plusieurs amis sub-sahariens. De plus, à
titre de membre actif de la francophonie, la Tunisie
bénéfice d'un réseau de relations
internationales très diversifiées. Dans
quelques années, la Tunisie fera partie du
marché européen, et les entreprises
étrangères, par exemple canadiennes,
pourraient y développer des formules d'affaires leur
permettant l'accès à l'Europe, par le biais de
ce pays. |
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1. QU'EST-CE QUE LE FONDS ?
2. A QUOI SERT-IL ?
è Soutenir le développement et la structuration d'un secteur privé indépendant de production audiovisuelle dans les pays francophones du Sud ;
è Elever le niveau qualitatif et augmenter la quantité des productions audiovisuelles du Sud et favoriser ainsi l'accès des créations audiovisuelles du Sud aux circuits de distribution ;
è Améliorer la qualité de la programmation des télévisions nationales du Sud;
3. A QUEL NIVEAU INTERVIENT-IL ?
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Pour quels produits ? |
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Oeuvres unitaires |
Fiction, documentaire, animation (longs, moyens et courts métrages); |
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Programmes en série |
Téléfilms, sitcoms, émissions pour enfants, dessins animés, documentaires. |
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Dans quelles conditions ? |
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è Réalisé ou co-réalisé par un ressortissant d'un pays francophone du Sud (obligatoire) |
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Comportant un plus grand nombre d'éléments du Sud (contenus , thèmes, scénario, producteurs, réalisateurs, comédiens ou cadres technico-artistiques) ; | |||
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Présentant une faisabilité financière réelle, matérialisée par un plan de financement non contestable. Aucun projet ne sera reçu si les apports financiers recueillis totalisent moins de 25% du budget prévisionnel et le financement du Fonds ne sera versé qu'après bouclage de 40% du budget ; | |||
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è |
Assuré d'une garantie de diffusion dans au moins 1 (un) pays du Sud (obligatoire pour les produits télévisuels). | |||
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Présentés par qui ? |
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Une société de production juridiquement constituée, disposant d'un capital et agissant comme producteur délégué, garant de la bonne fin de la production, | |||
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Une télévision publique ou privée du Sud, | |||
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Une institution publique ou parapublique du Sud, NB : Pour bénéficier du Fonds, une structure de production doit obligatoirement être à jour de ses obligations administratives sur tout projet précédent soutenu . | |||
4. QUELLES SONT LES INTERVENTIONS DU FONDS ?
Le Fonds est prioritairement affecté à l'aide à la production cinématographique ou télévisuelle.
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AIDE A LA PRODUCTION |
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AIDE AU DEVELOPPEMENT (1) (Réécriture, repérages, faisabilité) |
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AIDE A LA FINITION (Post-production, doublage, sous-titrage) |
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AIDE A LA DISTRIBUTION (Achat de droits, tirage de copies, interventions promotionnelles). |
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(1) - l'aide au développement ne peut être accordée par la Commission que pour un projet soumis à l'aide à la
production dont l'intérêt est évident mais pour lequel elle estime nécessaire la réalisation de certains travaux préalables.
NB - Aucune production, en cas de plusieurs interventions complémentaires du Fonds, ne peut dépasser le montant maximal autorisé au titre de l'aide à la production.
5. QUELLES SONT LES CONTREPARTIES EXIGEES ?
6. COMMENT LES DEMANDES SONT-ELLES EXAMINÉES ?
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Par qui ? |
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Deux producteurs indépendants du Sud; | |
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Un réalisateur indépendant du Sud; | |
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Deux professionnels des télévisions francophones du Sud; | |
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Deux professionnels des télévisions francophones du Nord; | |
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Un responsable du CIRTEF; (membre permanent) | |
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Un représentant de la Direction du Cinéma et des Médias de l'Agence, (membre permanent) Le mandat des sept (7) membres non permanents est d'une durée de 3 ans et non reconductible. La Commission est renouvelée au tiers chaque année. | |
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Selon quels principes ? |
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La Commission statue de façon indépendante et en dernier recours et remet des avis motivés à l'Administrateur général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie en se fondant sur les critères suivants :
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l'originalité du sujet ; |
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La qualité du scénario ; |
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La mise en valeur du patrimoine culturel et de la diversité des identités culturelles ; |
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l'implication effective de personnels qualifiés du Sud (artistiques et technico-artistiques) ; |
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La cohérence et le réalisme du budget ; |
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La fiabilité du plan de financement ; |
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La réalité des accords de coproduction ; |
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Le potentiel de diffusion ou de distribution ; |
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Le partenariat Sud/Sud ou Sud/Nord ; |
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Le calendrier de tournage. |
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Comment soumettre les projets ? |
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Les demandes d'intervention du Fonds sont à présenter sur un formulaire disponible auprès de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie ou du Conseil international des radios-télévisions d'expression francophone (CIRTEF), accompagné d'un dossier justificatif en dix (10) exemplaires constitués du scénario et du dossier administratif et financier accompagné, s'il s'agit d'une demande de participation au titre de l'aide à la finition ou de l'aide à la distribution, d'une cassette VHS pour visionnage..
Liste des pièces obligatoires composant le dossier administratif et financier :
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Le formulaire de présentation de projet ; |
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La note de synthèse du projet (objectifs, description sommaire, public visé) ; |
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Le synopsis ; |
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Le scénario ; |
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Le découpage technique ; |
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Le curriculum vitae du réalisateur ; |
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Le budget de production détaillé et le plan de financement (acquis et prévu) ; |
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Les copies des accords de coproduction (en cas de coproduction) ; |
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Le calendrier d'exécution (mentionner la date prévisionnelle d'entrée en production) ; Le plan de diffusion et de circulation de l'oeuvre ; Les statuts de la société productrice (déléguée) et capital social ; La copie du contrat de cession de droits entre l'auteur et le réalisateur ; La liste des techniciens du Sud avec leur fonction ; L Liste des pièces facultatives : - Les copies des contrats de préachat ; - Les copies des contrats des comédiens et des techniciens du Sud ; Tout dossier incomplet fait l'objet d'un rejet automatique. |
Quand soumettre les projets ?
La Commission se réunit trois fois par année, selon le calendrier suivant :
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SESSIONS |
TENUE DE |
DATE LIMITE |
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LA SESSION |
d'ACCEPTATION |
DES DOSSIERS |
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Session 1 |
Avril |
31 janvier |
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Session 2 |
Juillet |
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30 avril |
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Session 3 |
Novembre |
31 août |
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7. COMMENT l'AGENCE FORMALISE -T-ELLE UNE DECISION DE SUBVENTION ?
Toutes les décisions positives ou négatives sont notifiées, exclusivement par écrit, dans un délai de quinze (15) jours après la réunion de la Commission.
Les décisions positives mentionnent le montant de l'aide accordée par le Fonds et les réserves éventuelles à lever pour le déblocage de cette aide.
Les décisions négatives comportent l'avis motivé de la Commission.
Les dossiers rejetés peuvent être éventuellement représentés pour une session ultérieure sauf dans le cas où l'avis de la commission comporte la mention : ´ Rejet définitif. ª
Comment l'Agence octroie-t-elle une aide ?
l'octroi de l'aide de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie est consécutif à la signature d'une convention liant l'Agence et le bénéficiaire
Ce document contractuel décrit : l'objet détaillé de la contribution, les responsabilités et obligations respectives de l'Agence et du bénéficiaire, les modalités de paiement de la contribution; le calendrier prévisionnel d'exécution et la durée de la convention et le règlement des litiges. Le bénéficiaire est tenu au strict respect des termes de la convention.
Autres dispositions :
Si l'ensemble des conditions administratives nécessaires à l'établissement d'une convention définitive d'aide à la production ne sont pas réunies et sur décision spécifique de la Commission, il sera établi une lettre d'engagement d'une validité de six (6) mois garantissant le financement acquis à la production.
Au terme de la validité de la lettre d'engagement, si le contrat définitif ne peut être établi, l'accord de principe est annulé sans qu'il soit besoin d'autre formalité.
8. QUELLES SONT LES CONDITIONS DE LIBERATION d'UNE CONTRIBUTION FINANCIERE ?
Toute contribution est liquidée en plusieurs tranches et selon les modalités inscrites dans la Convention.
a) Les contributions inférieures ou égales à 300 000 FF sont liquidées en deux tranches :
- un premier acompte de 80 % de la contribution totale est libéré après la signature de la convention par les deux parties.
- un paiement final de 20% de la contribution totale est libéré après fourniture de la totalité des contreparties prévues dans la convention.
b) Pour les contributions supérieures à 300 000 FF, le versement du financement s'effectue en trois tranches :
- un premier acompte (de 50%) est libéré après signature de la convention par les deux parties.
- un second acompte (de 30%) est libéré à la réception du planning effectif de production ainsi que de l'attestation d'entrée en production co-signée par le producteur et le réalisateur.
- Le versement final (de 20%) est libéré après fourniture de la totalité des contreparties prévues dans la convention.
9. COMMENT l'AGENCE SOUTIENT- ELLE LES JEUNES CREATEURS ?
Mesure en faveur des jeunes créateurs.
l'Agence intergouvernementale de la Francophonie réserve chaque année 10% des ressources financières du Fonds soit 1, 5 millions de francs, au titre de l'aide à la production des deux premières oeuvres de créateurs audiovisuels du Sud, ceci dans le but de favoriser l'émergence de nouveaux talents.
10. OU DEPOSER LES DOSSIERS SOUMIS EN VUE d'UN FINANCEMENT ?
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N.B : Ces documents sont disponibles sur le site internet de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie : http://agence.francophonie.org
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RAPPEL : Les résultats des travaux de la Commission seront communiqués uniquement par écrit. Aucune contestation sur les décisions ne pourra être prise en compte. |

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M.T. : |
M. Piché, pouvez-vous me parler de vos activités en Afrique francophone? |
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M. Victor Piché : |
Depuis une trentaine d'années je suis impliqué dans des projets de recherche et d'appui institutionnel en Afrique francophone. Je suis au département de Démographie de la Faculté des arts et des sciences mais nous travaillons aussi avec la Faculté de médecine, notamment avec l'Unité de santé internationale de l'Université de Montréal. Depuis 1985, nous intervenons dans la formation du personnel de santé en Afrique francophone. Nous avions un programme financé par les Nations Unies qui a duré 15 ans. Il avait commencé à Montréal puis il avait été transféré à Dakar. Il visait à former des intervenants en développant des capacités d'analyse, de conception, de mise en oeuvre et d'évaluation des programmes de santé reproductive. Rapidement on s'était rendu compte qu'on ne suffisait pas à la demande. On a donc transformé le programme pour en faire un programme de formation des formateurs. On a ajouté une dimension ´ formation pédagogique ª au programme. Nous avons formé une vingtaine de formateurs par année qui sont rentrés en Afrique pour faire de la formation. Ce programme est terminé depuis décembre dernier. Nous avons transféré certains modules de formation les cas dans quatre institutions africaines dont une au Burkina-Faso, l'École Nationale de Santé Publique, deux au Sénégal, l'École Nationale du développement des Services Sociaux sanitaire et social et le CESAG, une institution au Bénin, l'Institut de recherche en Santé Publique. Dans les quatre institutions, les curriculaum ont été révisés pour intégrer nos approches pédagogiques, y compris la résolution par problèmes. Depuis, l'Université de Ouagadougou et l'Université de Montréal ont Pour faire suite à notre programme, nous avons soumis un projet de création d'un centre d'excellence en Afrique francophone à la Fondation Bill & Melinda Gates qui a accepté de le financer. À long terme, nous voulons que des cadres africains puissent être formés en Afrique même. |
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M.T. : |
Et justement, quelles sont les grandes lignes de votre projet financé par la Fondation Bill & Melinda Gates? |
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V.P. : |
Il s'agit d'un partenariat entre l'Université de Montréal et l'Université de Ouagadougou au Burkina-Faso. Nous avons obtenu un financement de 11,6 millions de dollars américains pour 10 ans. Les opérations vont se dérouler à l'Unité d'enseignement et de recherche en démographie de l'Université d'Ouagadougou, avec laquelle nous travaillons depuis 1991 et en jonction avec le Département de Santé publique de la même université, en partenariat avec le Département de démographie de la Faculté des Arts et des Sciences de l'Université de Montréal, associé à l'Unité de Santé internationale de la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal. Des deux côtés de l'Atlantique, nous avons fait la jonction entre la démographie et la santé publique. Le projet vise principalement à mettre au point un DESS, un diplôme d'études supérieures spécialisées, l'équivalent d'une maîtrise professionnelle dans le domaine de population et santé. Nous voulons former comme pour le programme que nous avions à Dakar, des gens capables d'analyser des politiques, de concevoir des programmes, de les mettre en oeuvre et de les évaluer. Pour que ce diplôme soit de niveau international, nous devons transformer l'environnement. C'est l'opération qui nécessite le plus d'argent. Nous nous intéresserons d'abord à l'environnement humain : les capacités du personnel de l'Université de Ouagadougou seront renforcées afin d'assurer la pérennité des activités de formation et de recherche. En complément à ce programme de DESS, des bourses de doctorat permettront à des ressortissants d'Afrique subsaharienne francophone, d'abord en provenance du Burkina Faso, de venir étudier à l'Université de Montréal en démographie, en santé publique ou dans des disciplines connexes. Ces derniers renforceront le corps professoral des universités africaines après leurs études. Notre projet a aussi un volet ´ infrastructures ª. Il s'agira de créer un environnement physique approprié pour les salles de cours, la salle informatique, les laboratoires, etc. l'Université de Ouagadougou va construire un bâtiment pour le projet. Nous allons payer un loyer avec lequel l'Université va payer une partie du coût du bâtiment pour qu'à la fin du programme, il reste quelque chose dans le domaine des infrastructures. Nous allons aussi améliorer les systèmes administratif, comptable et financier de l'UERD en apportant des ressources financières importantes et en développant, conjointement avec notre partenaire, un modèle de gestion efficace. |
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M.T. : |
Comptez-vous couvrir toute l'Afrique francophone ou seulement l'Afrique de l'Ouest? |
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V.P. : |
Notre projet concerne toute l'Afrique sub-saharienne francophone. Nous avons déjà identifié dans notre réseau la République Démocratique du Congo où il y a des gens de haut niveau, le Bénin, le Cameroun, le Mali et le Sénégal, etc. |
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M.T. : |
Comme vous le savez déjà, le prochain Sommet de la Francophonie aura lieu à Ouagadougou en novembre de cette année. Selon vous qui connaissez bien l'Afrique, qu'est-ce que la Francophonie peut apporter à l'Afrique? |
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V.P. : |
Je pense que la Francophonie apporte déjà beaucoup à l'Afrique. Dans le domaine de la recherche, l'AUPELF-UREF ou l'Agence Universitaire de la francophonie a permis par ses programmes de coopération Nord-Sud, de renforcer les capacités des recherches des pays Africains. Mais aussi grâce aux bourses de la Francophonie pour les maîtrises et les doctorats. C'est un domaine très important en ce moment où l'on assiste à la détérioration des universités africaines à cause des programmes d'ajustement structurel imposés par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, la privatisation de certains secteurs qui a appauvri les États et la dévaluation du Franc CFA pour des pays d'Afrique francophone. Contrairement à l'Afrique anglophone, les Uuniversités d'Afrique francophone n'ont jamais eu beaucoup de ressources. et à part l'Université de Dakar, elles sont récentes. |
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M.T. : |
Comment peut-on renforcer les relations entre le Québec, le Canada et l'Afrique francophone? |
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V.P. : |
Je pense qu'il y a le canal de la Francophonie. Le Québec est présent dans la Francophonie mais malheureusement, il n'a jamais mis assez d'argent |