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Éditorial
La recherche et la
technologie nord-américaines en
français
Canada - France -
Francophonie: Recherches et technologies
Coopération
scientifique Canada - France
Développement
international: Les 40 ans du Centre
canadien d'étude et de la coopération internationale
(CECI)
Environnement:
M. Clément Patenaude,
Président de Reso Innovac: "Nous avons une importante
expertise en gestion de l'environnement"
Espace: Projets canadiens dans le domaine spatial: Julie Payette,
astronaute
Nouvelles technologies et
multimédia: Carrefour des
technologies de l'information et du multimédia à
Québec
Recherches
médicales: Conseil de recherche
médicale du Canada: Position du Canada dans l'espace
francophone et matière de recherche en
santé
Recherches
universitaires: Université de
Moncton
Transport:
M. Timothée Aguene, ministre des
Transports de la République Centrafricaine: "La RCA
démocratisée et pacifiée aimerait profiter de la
technologie canadienne"
Vers le Sommet de
la Francophonie de Moncton
Forum
francophone des Affaires à Bathurst
Forum des gens
d'affaires francophones
Le
Village de la Francophonie à Dieppe
En
bref
Index de publicité
et messages:
ACDI (26)
Africa
Boutike (25)
CECI
(8)
CRMC (34)
Dieppe (29)
EDIC (25)
Menaibuc (5)
Ministre
de la Francophonie (31)
Université de
Moncton (21)

En mars dernier,
j'étais au Salon du livre de Paris dont le Québec
était l'invité d'honneur. De passage à notre
stand, plusieurs Français nous faisaient comprendre leur
ignorance vis-à-vis de la modernité du Québec et
de la Francophonie canadienne d'autant plus que quelques jours
auparavant, un ancien ministre du Général De Gaulle
avait osé affirmer, à la télévision,
devant le Premier ministre québécois, Lucien Bouchard
que le général avait voulu "décréoliser"
le Québec. Pareille situation nous a poussés à
préparer un numéro sur la recherche et la technologie
dans la Francophonie canadienne qui dans plusieurs domaines
dépassent la France qui peut s'en inspirer. Nous traiterons de
la coopération scientifique Canada-France où la France
s'intéresse surtout à l'avance du Canada dans les
nouvelles technologies de l'information, au système canadien
en matière de fonds de capital de risque, aux liens entre les
universités et le secteur privé et aux
mécanismes de transfert et de diffusion de la technologie.
Nous évoquerons l'expérience québécoise
et canadienne en nouvelles technologies en traitant de la
récente création du Carrefour des technologies de
l'information et du multimédia à Québec qui
s'ajoute à la Cité du multimédia à
Montréal, ville qui a vu naître le logiciel de Softimage
à la base de l'animation de grands succès
cinématographiques américains qui sont le "Parc
Jurassique", "Titanic" et "La Guerre des étoiles". M. Daniel
Langlois, créateur de ce logiciel vient de mettre au point un
complexe multimédia à Montréal;
«Ex-centris», qu'il a financé de sa poche au
coût de 35 millions de dollars.
Dans le domaine spatial, le Canada, 3e pays à avoir
lancé son satellite en 1962 après les États-Unis
et l'ex-Union soviétique, premier pays à exploiter
commercialement un satellite de télécommunication
depuis 1972, premier pays à envoyer un francophone dans
l'espace, Marc Garneau et qui a dernièrement envoyé la
Québécoise Julie Payette, a des projets importants avec
des partenaires diversifiés.
En matière de la santé, le Canada, qui a su utiliser le
savoir-faire nord-américain tout en maintenant un
système de santé plus égalitaire que celui du
grand voisin a beaucoup à offrir à la Francophonie
internationale surtout grâce au Conseil de recherches
médicales.
En recherches universitaires, le Canada a aussi beaucoup à
offrir. L'expérience de la jeune université de Moncton
évoluant en milieu bilingue peut être très utile
aux membres de la Francophonie.
Le Canada, membre du G7, peut offrir la recherche et la technologie
nord-américaines en français. Des chefs d'État
et cadres africains qui envoient de plus en plus leurs enfants
étudier plutôt au Canada qu'en France ont
commencé à comprendre cette nouvelle donnée. Ils
leur restent à renforcer leur coopération avec le
savoir-faire canadien pour bien se préparer à la
nouvelle économie basée sur le savoir.
Conseiller, Affaires spatiales, sciences et
technologies
Ambassade du Canada en France
La France est un leader mondial dans bon nombre de secteurs d'une
importance clé pour le Canada pour ne citer que les
télécommunications, les biotechnologies, l'agriculture,
la recherche médicale et l'espace.
Le Canada et la France partagent les mêmes priorités
sectorielles et il y a déjà un volume important
d'échanges et de collaborations en S-T entre nos
ministères et agences, nos instituts et laboratoires et entre
les chercheurs au plan individuel de part et d'autre de l'Atlantique.
Ces collaborations s'étendent à des participations
conjointes à des propositions pour les programmes de recherche
de l'Union européenne de même que dans le programme
spatial.

Les relations formelles de gouvernement à
gouvernement se font sous l'égide de la Commission mixte
scientifique Canada-France (CMS). La CMS est issue d'un accord
culturel conclu en 1965. La première session de la CMS eut
lieu en 1969. Pendant la 9e session, tenue à Paris en 1996,
les deux pays se sont mis d'accord pour augmenter la
coopération autour de six secteurs dits
"privilégiés" de coopération:
- médecine et biotechnologies
- agriculture
- pêches et océans
- forêts
- sciences humaines et sociales
- technologies de l'information et des communications
La dixième session de la commission mixte scientifique qui
s'est déroulée à Ottawa le 29 septembre 1998, a
permis d'établir un état de la coopération dans
les secteurs privilégiés qui ont été
confirmés à cette occasion. Il a été
également convenu d'accorder une attention particulière
aux secteurs des biotechnologies et des nouvelles technologies de
l'information et la communication et de faciliter la
coopération technologique entre PME. La France et le Canada
ont convenu de renforcer leur partenariat dans les sciences de base,
en particulier en mathématiques. Les deux pays ont convenu de
renforcer les échanges de chercheurs et de faciliter
l'accès aux laboratoires et aux programmes de chaque pays de
manière équilibrée, tant dans les relations
bilatérales que multilatérales. Sur le plan
institutionnel, les deux pays confirment leur intention de continuer
d'intensifier les relations entre:
* le Conseil National de Recherches du Canada (CNRC) et le Centre
National de la Recherche Scientifique (CNRS). Cette action s'inscrit
dans le cadre de l'accord CNRS-CNRC de 1971 et qui inclut le
télescope France-Canada-Hawaï. Dix nouveaux projets ont
été annoncés en 1998 en
télécommunications, en biotechnologies, en technologie
de fabrication et en sciences moléculaires.
* le conseil de Recherches Médicales (CRM) et l'Institut
National de la Santé et de la Recherche Médicale
(INSERM);
* la Direction générale de la recherche à
Agriculture et Agro-alimentaire Canada et l'Institut National de la
Recherche Agronomique (INRA). Une réunion bilatérale
tenue en juin 1998 a permis de faire le bilan des projets en cours et
explorer de nouvelles voies de coopération;
* le Ministère des Pêches et Océans (MPO) et
l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
(IFREMER);
* l'Agence Spatiale Canadienne (ASC) et le Centre national
d'études spatiales (CNES).
La France et le Canada ont aussi convenu de faciliter la
coopération technologique entre PME/PMI; l'Accord signé
entre l'ANVAR et le programme PARI du CNRC en octobre 1998 est un pas
positif dans cette direction.
La France est intéressée à approfondir ses
relations en S-T avec le Canada. Les Français sont
particulièrement intéressés par
l'expérience canadienne dans les sujets suivants:
- les fonds de capital-risque;
- notre régime fiscal incitatif;
- les liens qui existent entre les universités et le secteur
privé;
- les mécanismes canadiens de transfert et de diffusion de la
technologie;
- les actions en faveur de l'innovation et en particulier pour la
création d'entreprises innovantes;
- les programmes de formation d'entrepreneurs au niveau
universitaire;
- les technologies éducatives.
Finalement, le Canada est une destination de premier choix pour les
jeunes chercheurs français qui souhaitent pratiquer des stages
postdoctoraux, mais aussi pour les chercheurs français.
La présence de l'Union européenne comme soutien
gouvernemental à la recherche augmente à mesure que la
politique européenne en matière de recherche et
d'innovation prend de la maturité. Sur la période
1990-1996, il y a eu 7 036 participations de laboratoires ou
d'industries françaises dans les programmes-cadres de R-D de
l'UE. En 1997, l'allocation du Programme Cadre de Recherche
Développement dépassait le total des crédits
incitatifs de tous les ministères français (3,38
milliards FF contre 3,35 milliards FF). La France est le second
contributeur et un important bénéficiaire des budgets
de R-D de l'Union européenne. Les groupes français
peuvent jouer un rôle facilitateur en amenant des partenaires
canadiens dans leurs équipes pour préparer des
propositions dans le Programme cadre de R-D. Les Canadiens peuvent
participer en vertu de l'Accord de Coopération Canada-UE en
S-T.
L'Ambassade du Canada à Paris organise périodiquement
des ateliers de partenariats thématiques afin de favoriser la
formation d'équipes pour répondre aux appels d'offres
de l'Union européenne selon les règles d'accès
établies dans l'Accord Canada-UE en S-T. Les derniers ateliers
ont porté sur les technologies de l'information, sur
l'agro-alimentaire, les biotechnologies et la
télédétection.
Des origines à la
maturité
Reconnu actuellement comme une composante majeure de la
coopération canadienne tant par son expertise professionnelle
que par les valeurs d'humanisme qui le portent, le Centre canadien
d'étude et de coopération internationale a pourtant vu
le jour dans un modeste immeuble de la rue Rachel, sous
l'élan
inspiré de son fondateur, feu le Père Jean
Bouchard.
Le CECI a connu, au cours de son histoire, une constante
évolution. Cet article vous invite à en parcourir
l'itinéraire.
Les premiers pas
Entre 1958 et 1967, le CECI fut connu sous le nom de Centre
d'études missionnaires (CEM). Il offrait des cours de
formation et un service de documentation. Le CEM avait pour mission
d'initier les membres des ordres religieux et les laïcs proches
de l'Église aux réalités culturelles et aux
conditions socio-économiques qui les attendaient dans les pays
dits de mission. La formation donnée durait un an ou plus. Son
contenu, bien que d'inspiration évangélique,
présentait des dimensions anthropologique et sociopolitique :
sensibilisation aux inégalités entre le Nord et le Sud
et aux besoins des peuples du tiers monde en matière de
santé, d'éducation et de développement
économique. La formation mettait aussi l'accent sur les
qualités d'écoute et d'ouverture aux différentes
cultures.
Les années charnières
(1970-1980)
Incorporé en 1968, le Centre d'étude et de
coopération internationale (CECI) entrait dans une phase
importante de son évolution. Fondateur du CEM, le R.P. Jean
Bouchard, S.J., est demeuré aux commandes jusqu'en 1974.
D'autres Jésuites allaient assurer la relève, dont
Denis Legris et Gilles Pion. Néanmoins, dans les années
1970, la Compagnie de Jésus cède graduellement la
direction de l'organisme à la corporation CECI.
Grâce à une première contribution du Gouvernement
fédéral, le CECI envoie ses propres coopérants
volontaires en 1968. Durant les années 1970, on assiste
à une laïcisation progressive des personnes
recrutées pour oeuvrer à l'étranger. Vers 1975,
l'organisme organise des colloques sur le développement et
publie des études sur des thèmes tels le Nouvel ordre
économique international (NOEI) et l'école comme moteur
du développement dans le tiers monde.
Les années de croissance
(1980-1990)
La phase de croissance et de maturation qui a suivi fut
marquée par des changements qui allaient modifier le visage de
l'organisation. Le mouvement de laïcisation s'est
accéléré avec la nomination d'un premier
directeur général laïque et la naissance d'un
réseau de partenaires comprenant des services gouvernementaux,
des organisations issues de la base, des ONG locales et des
organisations internationales. Néanmoins, des liens importants
furent maintenus avec des ordres religieux missionnaires.
Le CECI est l'une des premières organisations canadiennes
à but non lucratif à collaborer en 1982 avec les
programmes de coopération bilatérale "autrement dit de
pays à pays" de l'Agence canadienne de développement
international (ACDI).
En 1984, le CECI ouvre ses premiers bureaux dans des pays du tiers
monde, ce qui lui permet de se rapprocher des attentes du terrain.
L'envoi de coopérants est, dès lors, encore plus
adapté aux besoins des partenaires. Les bureaux
décentralisés disposent de la latitude voulue pour
développer des programmes d'intervention dans le respect de la
mission et des objectifs de l'organisation.
L'engagement personnel demeure un critère important de
sélection de candidats volontaires. Cependant, le CECI hausse
ses exigences de formation universitaire et d'expérience
professionnelle. Mieux qualifiés et plus
expérimentés, les volontaires reçoivent une
formation spécifique à la coopération
internationale axée sur les aspects techniques et
méthodologiques des projets auxquels ils vont être
affectés.
Les années de maturité
(1990-...)
Après avoir investi l'essentiel de ses ressources dans le
développement de ses activités de coopération,
le CECI affirme sa présence au Québec et plus
largement. Il développe de nouveaux programmes s'adressant
à des groupes d'ici. Les programmes jeunesse du CECI initient
des jeunes du Québec et des autres provinces du Canada
à la coopération internationale à travers des
stages auprès de partenaires dans les pays du Sud. Par ses
activités de sensibilisation du public, par ses services de
documentation et ses cours du soir à Québec et à
Montréal, par ses publications à large clientèle
et par des séries diffusées à la
télé comme à la radio, le CECI contribue
à ce que soit mieux compris par le public canadien le
bien-fondé de la coopération internationale.
Entre-temps, le CECI diversifie ses sources de financement au Canada
et à l'étranger, tout en conservant la confiance de
l'ACDI, son principal partenaire financier. En 1991, il met en place
sa propre collecte de fonds. Sa gestion financière demeure
bien cotée par une firme de vérification
externe.
Les défis du 3e
millénaire
Lors des célébrations du 40e anniversaire en 1998, Yves
Pétillon, alors directeur général du CECI, a
déclaré ce qui suit : « À mon sens, le CECI
peut encore appuyer efficacement ses partenaires en mouvement. Cela
tient à sa nature. Entité à but non lucratif, le
CECI puise son élan dans des valeurs telles la compassion, la
générosité et la dignité de la personne ;
il milite pour l'équité et la justice. Les structures
d'État, avec leurs contraintes politiques, et les firmes
privées, perpétuellement en quête de profit,
n'ont pas la même liberté de manoeuvre que les
organismes à but non lucratif. »
Présent sur place, le CECI est capable, avec les gens du pays,
d'identifier et de mettre en oeuvre des actions de
développement conformes à leurs attentes, que ce soit
en eau potable, en santé, en éducation de base ou en
développement de la petite entreprise. Il s'intéresse
aussi aux droits de la personne, au développement
démocratique et à la prévention des conflits,
trois domaines que l'on ne saurait négliger tellement ils sont
à la racine de tout développement durable.
Parmi les atouts dont l'organisme dispose pour affronter les
défis à venir, il y a son «scepticisme
créatif». Le CECI se méfie des modes et des
idéologies. Il privilégie la recherche, l'esprit
critique, le pragmatisme et la systématisation des
méthodologies. Un autre atout est son esprit d'entreprise et
d'innovation. Il fut l'une des toutes premières organisations
canadiennes à proposer à l'ACDI un programme d'appui
aux droits de la personne.
Le CECI continuera d'être une organisation de
coopération directe, présente dans le Sud et permettant
à des Québécois et à d'autres Canadiens
d'offrir généreusement leurs compétences comme
volontaires. Néanmoins, de plus en plus, le CECI misera sur
des professionnels nationaux oeuvrant dans leur propre pays ou dans
d'autres pays du Sud. Il se pourrait que l'organisme ait à
mettre sur pied un réseau international constitué de
CECI nationaux autonomes s'échangeant des compétences
en vue de mieux répondre à l'évolution des
besoins dans leurs milieux respectifs.
Déjà, le CECI s'est outillé pour aller au
secours des victimes de désastres naturels ou autres, comme au
Kosovo. Hélas, des populations continueront de souffrir dans
diverses régions du monde. Le CECI devra aussi se doter de
nouvelles expertises en environnement, autre enjeu majeur, et en
communications pour le développement, incluant les nouvelles
technologies.
La baisse des aides publiques au développement international
et la croissance des investissements privés dans le Sud
poussent d'ores et déjà des organisations telles que le
CECI vers des collaborations porteuses de développement local
avec des investisseurs privés opérant dans le secteur
minier ou dans celui des ressources naturelles.
Enfin, nous assisterons à l'appauvrissement d'une fraction de
plus en plus importante de nos propres concitoyens. Certains
approches mises au point dans les pays en développement
seraient avantageusement applicables ici même. Le CECI
étudie très sérieusement la possibilité
de s'engager dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion
dans son propre milieu.

Ancien conseiller spécial du Premier
ministre du Québec, M. Bourassa, M. Clément Patenaude
s'intéresse beaucoup à l'Afrique et au monde
francophone en développement
M. T.:
Pouvez-vous nous présenter votre
entreprise?
C. P.: Le Reso
Innovac est un groupe de consultants. Nous nous spécialisons
de plus en plus dans le développement des entreprises. Nous
aidons des entreprises à s'installer au Canada ou dans le
monde. Nous offrons surtout notre expertise pour le
développement de petites et moyennes entreprises. Le Reso
Innovac travaille aussi dans la consultation en administration des
entreprises ou des gouvernements. Avec l'appui de l'Agence canadienne
de développement international (ACDI) ou de la Banque
mondiale, nous avons aidé certains états à
réorganiser leurs services publics. Notre groupe s'occupe
aussi de la gestion des ressources humaines et de la formation au
Canada et dans le monde. Nous nous intéressons de plus en plus
aussi à la gestion de l'environnement. Il s'agit surtout
d'aider certains gouvernements à établir des politiques
environnementales. Le Canada dispose d'une importante expertise en
matière d'environnement. Il faut se souvenir que le
siège social de la Commission environnementale de l'Accord du
Libre-échange nord-Américain (ALENA) se trouve à
Montréal.
M. T.:
Quels sont vos projets actuels ou avenir
en matière d'environnement?
C. P.: Nous
avons eu plusieurs sortes de projet en communication
environnementale. Par exemple au El Salvador, nous avons eu le mandat
d'aider le gouvernement à établir des politiques
environnementales. Nous avons aussi conseillé le gouvernement
du Costa Rica dans sa résolution des problèmes
environnementaux.
Nous avons eu en Égypte un projet de gestion des
déchets. Nous nous sommes occupés de la partie gestion
et des politiques gouvernementales pendant que les ingénieurs
étaient responsables de la partie technique. Nous avons aussi
des projets à l'étude dans plusieurs pays d'Afrique
francophone.
Au Canada, nous aidons les compagnies étrangères qui
veulent s'installer au pays à se familiariser avec les
exigences canadiennes en matière d'environnement. Nous les
aidons par exemple à préparer le dossier pour une
audience au BAPE (Bureau d'Audience Publique en Environnement).
Nous facilitons donc l'obtention de certains permis. Dans notre
équipe, nous avons un ancien commissaire au BAPE. Nous pouvons
agir comme intermédiaires entre les entreprises et les
institutions gouvernementales chargées de la
réglementation en matière d'environnement.
M. T.:
Comment selon vous, peut-on transmettre
l'expertise canadienne à d'autres pays
francophones?
C. P.: Dans la
plupart des mandats que nous avons eus à l'étranger, il
s'agissait de transmettre le savoir-faire déjà
développé au Canada et de l'adapter au milieu.
En matière d'environnement, le Canada est très
avancé et la conscience collective y est de plus en plus
sensible. Par exemple, en France, il est tout à fait normal de
geter un mégot de cigarette sur un trottoir alors qu'au Canada
c'est devenu une chose inadmissible. L'éducation en
environnement fait qu'aujourd'hui les gens sont de plus en plus
conscients de son importance pour notre avenir.
M. T.:
Pouvez-vous nous parler du Forum des
gens d'affaires francophones du Canada auquel vous venez de
participer?
C. P.: Je vous
remercie de me poser la question sur ce forum très important
pour nous.
Nous avons reçu un mandat du gouvernement
fédéral d'aider des petites et moyennes entreprises
à se développer hors Québec et à avoir
des perspectives internationales.
J'étais invité comme participant et comme
conférencier au 3e forum des gens d'affaires francophones du
Canada. Nous y avons rencontré des gens d'affaires et des
responsables du développement économique soucieux de
développer des liens avec des entreprises canadiennes. On
estimait en 1993 à plus de 160 milliards de dollars
l'importance du marché interprovincial. À l'heure de la
mondialisation, il importe de se concerter pour affronter les
marchés internationaux.

Dans le domaine spatial, le Canada, 3e pays à avoir lancé son satellite en 1962 après les États-Unis et l'ex-Union soviétique, premier pays à exploiter commercialement un satellite de télécommunication depuis 1972, premier pays à avoir envoyé un francophone dans l'espace, Marc Garneau et qui y a dernièrement délégué la Québécoise Julie Payette, a des projets importants avec des partenaires diversifiés dont sa participation à la station spatiale internationale.

Station spatiale internationale
Le Canada participe avec les États-Unis, l'Union Européenne, le Japon et la Russie à la construction et à l'équipement de la Station spatiale internationale. Il a fourni à la station le "Bras canadien" qui permet de déplacer des objets dans l'espace et d'assembler la station spatiale. C'est dans le cadre de sa participation à la Station spatiale internationale que le Canada a récemment envoyé en mai dernier l'astronaute Julie Payette qui devient la première Québécoise à séjourner dans l'espace et la deuxième femme canadienne après Roberta Bondar.
Née le 20 octobre 1963 à Montréal, Québec, Julie Payette a fait une maîtrise en Sciences à l'Université de Toronto en 1990 après un baccalauréat en ingénierie à l'Université McGill en 1986 commencé après un baccalauréat international à l'école United World International College of the Atlantic en 1982.
Julie Payette parle plusieurs langues dont le français, l'anglais, l'espagnol, l'italien, l'allemand et le russe. Comme loisir, elle pratique le triathlon, le ski, les sports de raquette, la plongée sousmarine, le piano et le chant.
Fascinée par les images télévisées d'Appolo lorsqu'elle était petite, Julie caresse le rêve de devenir astronaute depuis l'âge de 10 ans. C'est en lisant une annonce de recrutement de l'Agence spatiale canadienne (ASC) qu'elle décide de tenter sa chance. Grâce à sa personnalité, ses études et sa motivation à devenir astronaute, elle est, en 1992, sélectionnée par l'ASC. Depuis ce temps, elle s'entraîne et étudie très fort pour réaliser son rêve. Le 20 mai 1999 marque sa première mission dans l'espace.
D'autres projets du Canada dans le domaine de l'espace sont très remarquables. C'est la cas de COSPAS-SARSAT.
COSPAS-SARSAT
Le COSPAS-SARSAT est un système international de recherche et sauvetage par satellite démarré en 1979 suite à un accord entre le Canada, la France, les États-Unis et l'Union soviétique. Ce système a déjà sauvé au-delà de 7,500 vies humaines. Le Canada, la France et les États-Unis ont signé récemment un nouvel accord définissant comment les parties géreront leur contribution, soit le système SARSAT. Le Canada collabore à d'autres projets dont le système français SPOT.
Le système français SPOT
Le système français SPOT pour l'observation de la terre dispose de deux stations canadiennes de réception des données, l'une à Prince-Albert et l'autre à Gatineau permettant de couvrir l'ensemble du territoire de l'Amérique du nord. Un contrat signé en 1990 par la société française SPOT Image et la société canadienne Radarsat International Inc. confie à cette dernière la distribution des images SPOT sur le territoire canadien. Par ailleurs, les deux entreprises ont conclu en avril 1996 une entente prévoyant la distribution par SPOT Image des images RADARSAT en France. Le Centre canadien de télédétection, qui opère les deux stations de réception sus-mentionnées, a signé en 1994 un protocole de coopération avec le CNES prévoyant un soutien du CCT pour la poursuite des lancements de satellites français en orbite basse.
D'autres missions scientifiques
Le Canada participe à certaines autres missions scientifiques, comme WINDII, un interféromètre de haute précision destiné à la mesure de la vitesse des vents et des températures atmosphériques lancé en 1991; un instrument nommé Ultraviolet Auroral Imager sur la mission INTERBALL, impliquant aussi la Russie, avec un lancement en 1994; et ODIN, impliquant aussi la Suède, connu son lancement en 1998. Les scientifiques du Canada et de la France ont aussi collaboré (avec leurs collègues de la NASA, de l'ESA et du Japon) aux premier et deuxième Laboratoires internationaux en microgravité (IML-1 et 2).
Le Canada et la France coopèrent, dans le cadre de l'Agence spatiale européenne (ESA), aux programmes suivants: (i) observation de la terre: Programme européen de satellite de télédétection (ERS-2), Programme préparatoire d'observation de la terre (EOPP extension) et Envisat-1; (ii) télécommunications: Programme de systèmes et de technologies de pointe (ASTP-4), Programme de recherche de pointe sur les systèmes de télécommunications (ARTES-5); Programme de mission de technologie et de relais de données (DRTM); et (iii) Programme général de technologie de soutien (GSTP). L'ESA est aussi le partenaire du Canada dans le programme de la Station spatiale internationale. La France est le contributeur le plus important aux programmes de l'ESA, et est un intervenant très important dans le cadre de la participation européenne à la Station spatiale internationale.
Le Canada participe à ces programmes de l'ESA principalement afin de permettre aux entreprises canadiennes de coopérer avec leurs homologues européens dans le développement de technologies spatiales avancées, de développer des alliances stratégiques dans la conquête des marchés internationaux, et de fournir au Canada une perspective privilégiée sur la formulation des politiques spatiales en Europe.

À l'aube de l'an 2000, les gouvernements et
les entreprises reconnaissent d'emblée que la valeur
économique des savoirs et des connaissances constitue la
clé de voûte de la nouvelle économie. Dans la
région de Québec, nous ne faisons pas exception. En
tant que PDG du CEFRIO, j'ai eu le privilège de participer aux
réflexions qui ont mené à la première
politique gouvernementale traitant spécifiquement de
Québec, la Capitale.
Québec,
technorégion
Parmi les secteurs reconnus comme prioritaires dans notre
région, la haute technologie occupe, et occupera de plus en
plus une place de choix, avec la culture et le tourisme.
Québec technorégion n'est donc plus une vue de
l'esprit, c'est une réalité!
À l'heure où les décisions se prennent à
un rythme accéléré dû à
l'instantanéité de l'information, à l'heure
où les réseaux technologiques, mais surtout humains
sont une condition sine qua non de réussite, que manquait-il
à notre région pour prendre sa place dans cette
nouvelle économie du savoir? Nous avons déjà un
Parc technologique reconnu, un Centre de développement des
technologies de l'information (CDTI) bien implanté, une
Société Innovatech et des sociétés de
capital de risque très dynamiques, et, depuis peu, un Centre
national des nouvelles technologies de Québec, annoncé
lors du récent discours du budget.
Notre région regroupe, à elle seule, plus de 300
entreprises et centres d'expertise qui emploient plus de 10 000
personnes dans le domaine des technologies de l'information et du
multimédia. Ces entreprises, pour la plupart des PME, doivent
à la fois recruter les personnes les plus qualifiées,
augmenter leurs efforts de RD, innover dans leurs façons de
faire, acquérir de nouvelles technologies afin de
pénétrer de nouveaux marchés et de demeurer
compétitives.
Le Carrefour des technologies de
l'information et du multimédia
Le CARTIM répond donc aux besoins exprimés par les
entreprises de la région qui souhaitent prendre le devant du
peloton, comme dirait Louis Garneau en facilitant la démarche
des entrepreneurs à la recherche d'information et de services
stratégiques. En regroupant sous une même
bannière l'ensemble des expertises montréalaises et
québécoises de soutien, de recherche, de
développement et de promotion, le CARTIM apporte à la
région de Québec, un réseau unique, un
réseau de réseaux que j'ai le plaisir présenter
ce matin ainsi que leurs représentants (par ordre
alphabétique).
Les partenaires du CARTIM
Monsieur Gilbert Ouellette, dirige les destinées de
l'Association des producteurs de multimédia au Québec
(APMQ), dont la mission principale est de regrouper et de
représenter les producteurs de contenus multimédias du
Québec et de défendre et promouvoir leurs
intérêts en vue de favoriser le développement de
cette industrie. Active auprès des gouvernements, des
organismes de financement, des centres de recherche et des autres
regroupements de l'industrie du multimédia, l'APMQ vise
à doter les producteurs en multimédia de tous les
moyens requis pour que la production multimédia au
Québec devienne une industrie reconnue sur le marché
intérieur comme sur les marchés internationaux.
Le Consortium multimédia CESAM, représenté par
sa présidente-directrice générale, Louise A.
Perras, regroupe 27 experts et chefs de file des domaines des
technologies de l'information, des télécommunications,
de l'éducation, des arts et des médias. Sa mission est
de faciliter l'émergence et la croissance d'entreprises
québécoises de calibre international dans le domaine
des nouveaux médias.
Le Centre de développement de la géomatique (CDG),
présidé par Michel Mellinger, dont le CEFRIO est l'un
des membres fondateurs avec le Cégep de Limoilou et
l'Université Laval, a pignon sur rue à Québec
depuis 1995. Sa mission: contribuer à la promotion et à
la compétitivité de l'industrie
québécoise de la géomatique tant au
Québec que sur la scène internationale. Actuellement,
le CDG, qui regroupe la majorité des industriels et
intervenants oeuvrant en géomatique au Québec, s'est vu
confier lors du dernier Sommet sur l'économie et l'emploi, la
Stratégie d'exportation de la géomatique.
Le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO),
que j'ai le plaisir de diriger depuis 6 ans, rejoint maintenant 110
membres industriels, gouvernementaux et universitaires et se veut un
agent de changement auprès des entreprises
québécoises dans le but d'améliorer leur
performance à tous les niveaux, et ce, par l'appropriation
plus intense et plus rapide des technologies de l'information et de
communication. Ses principaux projets
portent sur le télétravail, l'informatisation des PME,
la téléformation et la
télémédecine, ainsi que les services publics et
les inforoutes. Dans la région de Québec, le CEFRIO a
coordonné le Pôle multimédia et a mis en place un
service de veille stratégique (SISTECH) qui diffuse maintenant
à plus de 2000 abonnés au Québec et dans
l'ensemble des pays de la Francophonie grâce à une
collaboration avec l'Agence de la francophonie.

Le Centre de promotion du logiciel
québécois (CPLQ), présidé par Claude
Pineault, représenté par Nicole Martel, directrice des
projets et développement associatif, regroupe à lui
seul 400 membres oeuvrant dans le domaine du logiciel. Sa mission:
offrir une expertise de calibre mondial en commercialisation,
promotion et exportation dans l'univers des sociétés de
technologies de l'information. Le CPLQ contribue activement au
développement des marchés et anime un réseau de
maillage tant local qu'international pour les entreprises de
logiciels, de services électroniques et de
multimédia.
Le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM),
présidé par Yves Sanssouci, idéateur de la
Maison des hautes technologies de Montréal, et
représenté par son vice-président scientifique,
Denis Poussart, de l'Université Laval, participe au
développement socio-économique et industriel de la
société dans les secteurs de pointe des technologies de
l'information et des applications de l'informatique. Fondé
à Montréal en 1985, le CRIM agit auprès de ses
membres et de la communauté québécoise en
offrant des services de RD, de formation, de tests, de transferts et
d'accompagnements technologiques.
Enfin, le Conseil national de recherches Canada (CNRC),
représenté par le directeur régional adjoint,
Claude Attendu ainsi qu'Alain Michard, spécialiste en
technologies de l'information, basé au CEFRIO, dispose au
Québec d'un réseau de conseillers qui desservent une
clientèle d'environ 2000 entreprises manufacturières
dont de nombreuses oeuvrent dans les domaines de la haute
technologie. Par son Programme d'aide à la recherche
industrielle, le CNRC a pour mission d'aider les entreprises à
mettre cette expertise technologique à l'oeuvre, afin de
stimuler la productivité, la rentabilité et la
compétitivité internationale des PME canadiennes. Au
cours des trois dernières années, le Programme d'aide
à la recherche industrielle (PARI) a contribué à
financer 40 projets dans la région de Québec touchant
à divers degrés les technologies de l'information et
totalisant des contributions de l'ordre de 3 500 000 $.
Le CARTIM, Un réseau de
réseaux
Le CARTIM s'inscrit dans la foulée de la Maison des hautes
technologies inaugurée, en novembre dernier, par le
vice-premier ministre Bernard Landry. Les partenaires du CARTIM
reconnaissent en effet la nécessité de regrouper leurs
forces complémentaires pour offrir une offre
intégrée de services aux entreprises.
À eux seuls, les sept organismes que je viens de vous
présenter regroupent 700 entreprises et organismes producteurs
et utilisateurs de technologies de l'information et de communication,
dont près du tiers ont des bureaux dans notre région.
Avec la Maison des hautes technologies de Montréal, à
laquelle s'ajouteront bientôt d'autres régions, me
dit-on, c'est le plus vaste réseau de réseaux au
Québec, et je dirais même au Canada.
Le CARTIM, c'est donc une nouvelle fenêtre qui s'ouvre pour les
entreprises de la région de Québec, et du Québec
dans son ensemble. C'est le résultat d'une vision
partagée par le gouvernement, par des organismes qu'il
supporte et par le secteur privé. C'est un modèle
original de partenariat privé - public fort prometteur.
Toutes les organisations réunies aujourd'hui ont en commun
d'être innovatrices, d'être préoccupées par
le développement et l'appropriation des nouvelles
technologies, de participer, chez nous, à la croissance de la
nouvelle économie et de travailler en réseau.
Mais comme nous le savons tous, malgré la puissance et le
déploiement accéléré des réseaux
technologiques, il n'en demeure pas moins que l'HUMAIN est au coeur
de tous ces réseaux, et certainement la clé du
succès du CARTIM.
Je me fais le porte-parole des partenaires du CARTIM et des
entreprises de notre région pour vous remercier, Monsieur le
vice-Premier Ministre, pour cette contribution financière qui
vient à point et qui nous permettra, nous le souhaitons
vivement, de contribuer au progrès économique et social
du Québec.
Allocution prononcée à Québec, le 6 mai 1999,
à l'occasion de l'inauguration du Carrefour des technologies
de l'information et du multimédia, par le vice-premier
ministre du Québec et ministre d'État à
l'Économie et aux Finances, monsieur Bernard Landry.
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