|
|
|
![]() |
|
|
Tél.: |
(514) 874-8344 |
|
Télécopie: |
(514) 878-4553 |
|
E-mail: |
En application de la Déclaration de partenariat renforcé entre la France et le Canada - signée à Paris le 22 janvier 1997 - et qui visait à consolider la concertation entre la France et le Canada et à multiplier leurs actions conjointes, tant au plan bilatéral qu'international, le présent programme propose des actions ciblées susceptibles d'atteindre les dix objectifs prioritaires identifiés.
Ce programme d'action sera réexaminé régulièrement et sa mise en oeuvre sera évaluée lors de la réunion annuelle entre le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français et le Sous-ministre des Affaires étrangères au Canada. Par ailleurs, la mise en oeuvre dans le domaine de la coopération et des activités opérationnelles reposera sur les contacts réguliers entre les hauts fonctionnaires français et canadiens responsables des secteurs concernés Les deux parties conviennent en outre que 1'Association interparlementaire Canada-France/France-Canada serve de relais parlementaire aux actions engagées par les parties dans le cadre du Programme d'action et puisse, le cas échéant, présenter aux instances gouvernementales concernées des recommandations sur les actions entreprises.

I- Approfondir la coopération bilatérale
1) Les échanges économiques, industriels et commerciaux
La commission mixte économique franco-canadienne continuera d'établir, tous les deux ans, un bilan des actions entreprises dans le domaine des échanges économiques, industriels et commerciaux en application du présent programme d'action et stimulera de nouvelles initiatives, notamment du secteur privé.
a) Renforcement des échanges commerciaux
Pour tendre vers l'objectif posé par la Déclaration de partenariat renforcé d'une intensification des échanges commerciaux, la partie canadienne a publié un plan quinquennal de développement du commerce avec la France établissant les domaines suivants comme secteurs prioritaires pour la promotion du commerce des partenariats et des échanges technologiques: les technologies de l'information, l'agro-alimentaire, l'aéronautique et l'espace, les industries de l'environnement, les biens de consommation, les produits et services culturels, la santé et le tourisme. Des efforts seront faits poux engager les petites et moyennes entreprises canadiennes dans le développement du commerce sur le marché français et approfondir la coopération entre les P.M.E. canadiennes et françaises.
Pour sa part, la Partie française met en oeuvre une stratégie articulée autour d'une meilleure promotion du dispositif d'appui aux petites et moyennes entreprises; d'une sensibilisation accrue des entreprises françaises au marché canadien; et de la mise en place d'actions en faveur de la promotion des entreprises françaises au Canada.
Les secteurs prioritaires retenus par la France pour la promotion de ses entreprises et les actions de coopéra-tion industrielle sont les suivants: les technologies de l'information, l'agro-alimentaire, l'aéronautique et l'espace, les industries de défense, l'environnement, la santé, la sous-traitance automobile, les transports terres-tres, l'énergie et le tourisme. De plus, la France travail fera au renforcement de la présence française à la fois dans l'Ouest canadien et dans la région du Canada atlan-tique, notamment en inscrivant ces régions dans une démarche européenne.
b) Développement des investissements croisés et des partenariats stratégiques
L'accord de partenariat entre la Banque de développement des PME et la Banque de développement du Canada constitue une base solide sur laquelle les investissements croisés entre PME pourront s'appuyer. Les deux pays conviennent également d'encourager Les initiatives récentes qui visent à initier une coopération sur les partenariats technologiques. Ils se félicitent notamment de la signature le 27 octobre 1997 d'une entente entre l'Agence Nationale de Valorisation de la Recherche (ANVAR) et le Conseil National de Recherche du Canada au titre du programme d'aide à la recherche industrielle (PARI/CNRC). Cette collaboration permettra en outre d'intensifier les échanges et faciliter la participation canadienne au Programme EUREKA et au Programme cadre de l'Union européenne.
D'autre part, deux missions croisées, à la réussite desquelles chaque Partie apportera son concours, s'attacheront à promouvoir les investissements croisés: la mission au Canada de 1'Ambassadeur, délégué aux investissements internationaux et la mission en France du Sous-ministre canadien responsable de la consolidation et de l'expansion de l'investissement français au Canada. Les deux Parties aideront également en tant que de besoin à l'organisation de missions du secteur privé.
Enfin, la France et le Canada réaffirment leur intérêt pour les grands projets publics qui contribuent de façon essentielle aux investissements croisés et aux partenariats stratégiques.
2) Les technologies de l'information et télécommunications
La mise sur pied du groupe de travail sur les technologies de l'information et des communications a engendré des progrès significatifs dans ce domaine. Ce groupe permet de faciliter et de promouvoir les partenariats franco-canadiens.
a) Technologies de l'information et contenus multimédias
Les deux parties conviennent d'apporter leur concours à la mise en oeuvre des objectifs du groupe de travail Canada-France sur les technologies de l'information et des communications. Ce groupe de travail a déjà organisé la tenue d'événements d'importance destinés à identifier les intérêts communs des industriels des secteurs de l'information et des communications.
Les deux parties sont convenues de la priorité qui doit être accordée au développement du commerce électronique et ont souligné l'importance de la conférence de l'O.C.D.E. qui a eu lieu à Ottawa en octobre 1998 sur ce sujet. Les deux parties se félicitent de l'organisation par le groupe de travail, en collaboration avec le secteur privé, d'une table ronde sur le commerce électronique en marge de cette conférence. Elles conviennent d'amorcer une réflexion sur les modalités du soutien à apporter aux P.M.E. dans le cadre des opérations annuelles prévues, afin de faciliter leur participation à des foires commerciales et à l'établissement de partenariats stratégiques.
Les deux parties se félicitent, en outre, des progrès du groupe de travail bilatéral sur les produits multimédias culturels dont le premier rapport a été soumis à la Commission mixte économique franco-canadienne en avril 1998. Les deux parties s'accordent pour appuyer la poursuite de projets communs en matière de technologies de l'information, notamment le Musée virtuel de la Nouvelle-France, le projet CALLIOPEE (la classe francophone partagée), Emile 2000, le Centre des Nouveaux médias du Centre culturel canadien à Paris et le site Internet Canada-France inauguré en octobre 1997. Dans ce cadre, elles conviennent d'apporter leur concours à la création d'un secrétariat virtuel qui pourrait être hébergé sur le serveur du Centre culturel canadien à Paris. De plus, les parties appuient la tenue au Canada des deuxièmes rencontres internationales francophones sur les technologies et les institutions muséales, à l'automne 1999.
Les deux parties soulignent le rôle joué par les services culturels et scientifiques de leurs Ambassades respectives dans le développement de la coopération dans le domaine des technologies de l'information.
b) Télécommunications
À la lumière de la libération du marché des services de télécommunications dans les deux pays, de même que des importants changements réglementaires et insti-tutionnels, la France et le Canada s'entendent pour pour-suivre, annuellement, leurs consultations bilatérales en matière de politiques de télécommunications par le biais du groupe consultatif.
3) Les relations culturelles
La France et le Canada réaffirment que les relations culturelles forment un volet central de la relation bilatérale et réitèrent leur volonté de porter encore plus loin leur coopération, tant dans les domaines traditionnels que dans ceux des nouvelles technologies de l'information et des nouveaux médias. Les deux Parties marquent le souhait de réunir prochainement la Commission mixte culturelle.
La France et le Canada se serviront de 1'Accord culturel bilatéral, l'Accord sur la coopération et les échanges dans le domaine des musées, la tenue de commissions mixtes sur l'audiovisuel et de l'Accord de coproduction audiovisuelle pour poursuivre leur étroite collaboration et favoriser les participations croisées en capital dans le secteur de l'audiovisuel et encourager le commerce dans le secteur. Les deux Parties s'appuieront également sur le Groupe de travail tripartite sur l'audiovisuel.
La France et le Canada réaffirment leur attachement à TV5, instrument efficace de la Francophonie multilatérale, qui doit s'adapter à un environnement audiovisuel de plus en plus concurrentiel. Pour ce faire, ils apportent leur plein soutien au plan de modernisation de TV5 tant sur le plan technique que sur le plan de la programmation, avalisé lors de la dernière conférence ministérielle de TV5.
Dans le cadre de l'accord culturel bilatéral franco-canadien, la commission mixte culturelle pourra servir de forum pour aborder toute question de politique culturelle d'intérêt commun. De même, les deux parties travailleront de concert au sein du réseau international des ministres de la culture mis sur pied suite à la rencontre internationale sur la politique culturelle tenue à Ottawa en juin 1998.
De même, le Centre culturel canadien à Paris, les Services culturels de l'Ambassade de France à Ottawa et les différentes Alliances françaises et les établissements scolaires conventionnés avec l'Agence pour l'Enseignement du Français à l'Étranger répartis à travers le Canada, continueront d'être des instruments privilégiés de diffusion et de collaboration dans le domaine culturel.
Les deux parties décident de renforcer leur concertation dans le domaine de la coopération en éducation, notamment par le biais des nouvelles technologies de la communication.
4) Les relations scientifiques et techniques
La France et le Canada se félicitent de la tenue à Ottawa le 29 septembre 1998 de la dixième session de la commission mixte scientifique qui a permis d'établir un état de la coopération dans les domaines «privilégiés» (agriculture, forêts-arboriculture, pêches et océans, médecine-biotechnologies, technologies de l'information et communications, sciences humaines et sociales) qui ont été confirmés à cette occasion. Il a été également convenu d'accorder une attention particulière aux secteurs des biotechnologies et des nouvelles technologies de l'information et la communication et de faciliter la coopération technologique entre PME.
Les deux pays conviennent, en outre, de renforcer leur partenariat dans les sciences de base, en particulier en mathématiques. Dans cette perspective, elles décident de renforcer leur coopération entre l'Institut Henri Poincaré et l'Institut Fields.
Les deux pays conviennent de renforcer les échanges de chercheurs et de faciliter l'accès aux laboratoires et aux programmes de chaque pays de manière équilibrée, tant dans les relations bilatérales que multilatérales.
Sur le plan institutionnel, les deux pays confirment leur intention de continuer d'intensifier les relations entre:
- le Conseil National de Recherches du Canada (CNRC) et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS);
- le Conseil de Recherches Médicales (CRM) et l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM);
- la Direction générale de la recherche à Agriculture et Agro-alimentaire Canada et l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Une réunion bilatérale tenue en juin 1998 a permis de faire le bilan des projets en cours et explorer de nouvelles voies de coopération;
- le Ministère des Pêches et Océans (MPO) et l'Institut français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER);
- l'Agence Spatiale Canadienne (ASC) et le Centre National d'Études Spatiales (CNES);
- le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et le Département des Sciences de l'Homme et de la Société du CNRS.
en particulier dans la cadre des mémoires d'entente signées entre les deux parties.
II. Coordonner leur action internationale sur des dossiers prioritaires
1) Analyse et prévision
Un dialogue utile s'est déjà établi sur les questions qui sous-tendent, à moyen et à long terme, l'évolution du système international et la politique étrangère des deux pays. Les deux pays s'entendent pour poursuivre les rencontres annuelles qui ont lieu entre le Directeur du Centre d'analyse et de prévision pour la France et le Directeur général du Secrétariat de la planification pour le Canada. Les deux pays s'entendent de plus pour associer, au besoin et en fonction des circonstances, d'autres partenaires à ces discussions.

2) Relations transatlantiques
La France et le Canada rappellent leur attachement à la mise en oeuvre concrète du plan d'action euro-canadien. À cette fin, et dans le respect de la concertation interne à l'Union européenne, les deux Parties conviennent de se communiquer leurs priorités d'action.
En matière de politique commerciale, la France et le Canada s'engagent à continuer de faciliter, dans le contexte européen, les échanges de biens et de services et de travailler à la réduction ou à l'élimination des entraves tarifaires ou autres. Les deux parties se félicitent de la signature, à Londres, le 14 mai 1998, d'accords Canada-UE dans le domaine de la politique de la concurrence, de la renaissance mutuelle en matière d'évaluation de la conformité.
En matière de politique scientifique et technologique, la France et le Canada s'engagent à promouvoir dans le contexte européen les échanges de chercheurs et la participation conjointe à des appels d'offres.
3) Questions commerciales multilatérales
Sans préjudice des compétences dévolues à la Commission européenne dans ce domaine, la France et le Canada décident de procéder à des échanges de vues plus systématiques lors des rencontres régulières de fonctionnaires en vue:
- de rapprocher leurs points de vue respectifs pour préparer les prochaines négociations dans le cadre de l'OMC, notamment sur l'investissement;
- lors des négociations multilatérales, faire cause commune pour définir un cadre plus sûr et plus prévisible pour la promotion et la préservation des identités culturelles;
- de travailler à l'élaboration de positions communes sur les mesures extraterritoriales; et,
- de se concerter sur les mouvements d'intégration régionale qui intéressent actuellement les deux États.
4) Nations Unies
La France et le Canada proposent de conjuguer leurs efforts pour contribuer à résoudre la crise financière des Nations Unies, de se consulter sur la réforme du système des Nations Unies, et de coordonner plus étroitement leurs positions dans toutes les instances de l'Organisation, de même qu'au sein de ses agences spécialisées et organes subsidiaires.
Les questions liées à cette coopération seront abordées de façon spécifique au cours de la réunion annuelle du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français et du Sous-ministre des Affaires étrangères du Canada. Les deux Parties s'entendent également pour procéder à des consultations annuelles préalables à la tenue de l'Assemblée générale des Nations Unies.
5) Aide publique au développement
La France et le Canada rappellent leur attachement à la mise en oeuvre des engagements pris dans les enceintes internationales (ONU, IFI, CAD de l'OCDE) ainsi que dans le cadre du G8 et à une concertation sur les priorités sectorielles et géographiques de l'aide pub-lique au développement. Ils manifestent leur souhait d'une plus grande complémentarité de leurs aides respectives et de l'accroissement de leur efficacité. Ils entendent en particulier développer des actions com-munes en matière de lutte contre la pauvreté, de déve-loppement durable, de recherche pour le développement.
Les deux parties décident de renforcer leur concerta-tion au niveau des enceintes internationales de recher-che, et en particulier à celui de la Banque mondiale et des centres internationaux correspondants.
À ces fins, les deux Parties décident:
- de renforcer leur concertation au niveau des représentations permanentes ou des capitales au sein des enceintes internationales (OCDE, institutions des Nations Unies) et du G8, en particulier à la veille d'échéances importantes;
- d'élargir les consultations annuelles bilatérales sur l'Afrique, qui en sont à leur 25e édition, à l'ensemble des dossiers d'aide publique au développement;
- d'évoquer ces questions lors d'une rencontre annuelle entre le Sous-ministre canadien de commerce international et le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français.
Les deux Parties réaffirment leur volonté de mettre en oeuvre les conclusions de l'aide-mémoire signé le 4 décembre 1997 à Ottawa par le Secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie français et la Ministre canadienne de la Coopération internationale à l'occasion de la 25e consultation annuelle sur l'Afrique.
6) Francophonie
La France et le Canada poursuivent et développent leur coopération dans le cadre de la Francophonie. Ils conviennent d'inclure cette question à l'ordre du jour des rencontres annuelles des Ministres chargés du Développement et de la Francophonie et des entretiens annuels entre le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français et le Sous-ministre des Affaires étrangères du Canada.
La France et le Canada réaffirment leur intérêt pour le développement de la langue française sur les inforoutes et souhaitent oeuvrer dans ce sens au sein des institutions de la Francophonie. Dans cette perspective, la France confirme sa participation financière à hauteur de 21,5 millions de francs français par an au Fonds francophone pour le développement des inforoutes, prévu par le plan d'action adopté lors de la conférence des Ministres francophones pour le développement des inforoutes qui s'est tenue à Montréal au mois de mai 1997 et confirmé lors du Sommet de Hanoi. De son côté, la partie canadienne s'engage à verser CDN$ 5 millions à l'appui de la mise en oeuvre du Plan d'action de Montréal, dont CDN$ 3,5 millions qui transiteront par le Fonds multilatéral unique (FMU) de l'Agence de la Francophonie.
La partie française souligne son intérêt pour l'enseignement du français dans le système éducatif, notamment au sein des écoles d'immersion.
7) Questions régionales
La France et le Canada décident d'élargir leurs consultations annuelles sur l'Afrique à l'ensemble des régions menacées par l'instabilité et d'inclure ces questions, de même que la coordination des politiques et actions humanitaires, à l'ordre du jour de la rencontre annuelle entre le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français et le Sous-ministre des Affaires étrangères du Canada et d'engager une concertation dès l'apparition d'une crise régionale.
Une telle concertation peut reposer sur les consultations déjà existantes entre le Directeur des affaires africaines et malgaches du ministère français des Affaires étrangères et le Sous-ministre adjoint responsable de l'Afrique au ministère canadien des Affaires étrangères.
Les deux pays s'efforceront d'identifier les opérations de maintien et de consolidation de la paix auxquelles ils peuvent travailler conjointement. Les deux parties conviennent d'examiner les possibilités de collaboration dans le domaine de la consolidation de la paix, tant au niveau gouvernemental que de la société civile, en vue d'unir leurs efforts pour développer dans des pays tiers une véritable capacité de gestion non-violente des conflits.
La France et le Canada lanceront des consultations entre le Directeur d'Asie et d'Océanie et le Sous-ministre adjoint d'Asie.
9) Affaires stratégiques, désarmement et non-prolifération
La France et le Canada décident de renforcer leur concertation, tant au niveau des capitales que dans les enceintes internationales appropriées, dans le domaine de la sécurité et de la défense, notamment sur:
- les dossiers stratégiques liés à l'architecture transatlantique et européenne de sécurité (OTAN, UEO et OSCE);
- les dossiers de désarmement;
- les dossiers de maintien de la paix (voir 70);
- les dossiers de non-prolifération, en particulier le processus d'examen renforcé du TNP.
La France et le Canada rappellent en outre que l'interdiction des mines antipersonnel constitue une priorité de leur action internationale. Dans cette perspective, ils souhaitent oeuvrer conjointement à la mise en oeuvre du Traité d'Ottawa sur l'interdiction totale des mines antipersonnel terrestres et coopérer, au sein de tous les forums appropriés, en vue de l'internationalisation du traité.
Fait à Ottawa, le 17 décembre 1998
Charles JOSSELIN
Ministre délégué à la
coopération et à la Francophonie
Lloyd AXWORTHY
Ministre des Affaires étrangères

Le développement des échanges internationaux a été un des facteurs déterminants de la croissance des pays occidentaux depuis la fin de la guerre. La spécialisation des activités et l'optimisation de la localisation des investissements qu'il autorise - et entraîne à la fois - ont permis des gains de productivité très appréciables pendant toute cette période.
Le rôle des Chambres de Commerce bilatérales est de faciliter, et donc d'accélérer, le mouvement des échanges économiques et commerciaux entre les pays concernés et de contribuer ainsi à leur croissance respective.
La Chambre de Commerce France-Canada, dont le siège est à Paris, s'inscrit bien entendu dans cette ligne.
La France et le Canada sont déjà des partenaires très importants l'un pour l'autre, largement dans les dix premiers pour ce qui est du commerce extérieur, dans les cinq ou six premiers en matière d'investissements directs dans l'autre pays. Quatre cents sociétés françaises sont actives au Canada et cent sociétés canadiennes le sont en France.
L'objectif commun est d'améliorer encore fortement cette situation à bref délai: l'ambition affichée est de doubler le montant des échanges bilatéraux entre 1997 et l'an 2000.
Il est clair que tous les acteurs des relations franco-canadiennes doivent fournir un effort particulier pour atteindre cet objectif.
La Chambre de Commerce France-Canada, pour sa part, souscrit à cette ambition et veut contribuer aussi activement que possible à sa réalisation.
Elle renforce donc sa relation, selon les trois axes stratégiques qu'elle a choisis:
€ une information très concrète et adaptée aux besoins, en direction des décideurs économiques concernés par les relations franco-canadiennes,
€ l'organisation de rencontres opérationnelles directes et de réunions de réflexion plus large, avec les mêmes protagonistes,
€ la diffusion de documents d'information, destinée à un public beaucoup plus étendu, pour le familiariser avec les possibilités et les opportunités que peuvent offrir des opérations franco-canadiennes de toute nature.
La présentation des vecteurs qui structurent les actions de la Chambre figure dans l'article suivant, grâce à notre Vice-Président Délégué général.
Au total, c'est avec la totale détermination qui lui a déjà valu les succès de ses quarante années d'existence, que la Chambre de Commerce France-Canada s'engage dans la mission d'intérêt général qui est la sienne, pour contribuer à placer les relations économiques et commerciales des deux pays au niveau auquel elles peuvent et doivent se situer.

La Chambre de Commerce France-Canada (CCFC) a été fondée en 1956 dans le but d'augmenter le volume d'affaires entre la France et le Canada. Elle a pour vocation de développer les échanges commerciaux et industriels entre les deux pays. Ses activités sont multiples, elle permet aux grandes entreprises ainsi qu'aux PME françaises et canadiennes de s'informer sur l'évolution du courant d'affaires franco-canadien et de prendre des contacts utiles.
La Chambre organise des missions de prospection individuelles et collectives et prépare les rendez-vous professionnels des investisseurs canadiens intéressés par le marché français. En tant qu'acteur majeur du marché unique et de l'euro, la France constitue une véritable porte d'entrée sur l'Europe et nombreuses sont les entreprises canadiennes qui en ont conscience. La CCFC s'engage donc à défendre leurs intérêts et à mettre à leur disposition toutes les informations dont ils auront besoin.
La CCFC est aussi en mesure de répondre de manière ciblée aux demandes particulières de ses membres. Elle organise régulièrement des déjeuners et petits-déjeuners autour d'Industriels, de Ministres ou de Hauts Fonctionnaires français et canadiens, cherchant ainsi à créer un climat convivial de travail et de collaboration.
Pour informer la communauté d'affaires des deux pays, la Chambre publie une lettre mensuelle intitulée Informations canadiennes. Elle permet de communiquer au public les dernières évolutions du courant d'affaires franco-canadien et aux entreprises de bénéficier de sa Bourse d'affaires. Sa publication annuelle, le Guide des Affaires franco-Canadiennes, s'adresse à un très large public, allant de l'entrepreneur à l'étudiant en passant par le cadre commercial. Cet ouvrage de plus de 300 pages fait la synthèse des principales questions que l'on peut se poser sur les relations franco-canadiennes: commerce et économie de chaque province, lois et fiscalité, soutien au développement technologique, relations bilatérales et adresses utiles, le tout rédigé par les meilleurs spécialistes des domaines traités. La Chambre de Commerce France-Canada remet à jour chaque année l'ensemble des informations y figurant, notamment les listes des entreprises canadiennes en France et celle des sociétés françaises présentes au Canada. Il s'agit d'un ouvrage unique en son genre. La CCFC possède aussi une boîte aux lettres électronique (ccfc@ccfc-france-canada.com) ainsi qu'un site Internet (www.ccfc/france-canada.com).
Pour l'investisseur français, le Canada est un pays immense, à la fois culturellement proche et pourtant géographiquement éloigné. Pour le Canadien, la France est un marché de 60 millions de consommateurs au pouvoir d'achat intéressant. Par la qualité de ses services et de ses publications, la Chambre de Commerce France-Canada entend rapprocher les deux pays et renforcer leur coopération.

Du 29 au 30 janvier a eu lieu à Montréal une conférence sur la paix durable et le développement démocratique au Congo-Zaïre organisée par le Centre international des Droits de la personne et du développement démocratique.
Plusieurs partis politiques dont le Parti social chrétien et l'Union pour la démocratie et le progrès (UDPS) étaient représentés, ainsi que la société civile.
Il y avait aussi monseigneur Mosengo, archevêque de Kisangani et ex-président de la Conférence nationale. M. Nendaka, Président d'une comité dit de bons offices qui essait de réconcilier des anciens moboutiste avec le pouvoir actuel, était aussi présent.
On remarquait la présence d'une nouvelle génération surtout au niveau de la société civile. On peut souligner la présence du père Minani, ancien étudiant à Montréal qui anime le groupe Jérémie à Kinshasa après avoir été obligé de fuir Bukavu à l'est du pays. Un autre prêtre, l'Abbé Badike, de Justice et foi, lui oeuvre courageusement à Kisangani en zone occupée comme Goma d'où était venue la courageuse madame Mukanirwa.
À l'occasion de cette réunion, nous avons recueilli les impressions de mme Dorothée Gizenga, fille du vice-président du gouvernement Lumumba en 1960 et qui avait gardé ses distances avec le régime de Mobutu. -
1. Mon implication politique dans la question du Congo/Zaïre
Dès mon bas âge, j'ai grandi dans un contexte politique. Pour échapper à un attentat à sa vie, mon père quitta le Congo en 1966. La famille le suivi en exil d'un pays à l'autre, principalement, au Mali, dans l'ancienne URSS, la France et l'Angola et d'autres pays avec des séjours plus courts. Notre père nous a élevés selon la culture africaine, mais surtout en nous enseignant l'histoire politique du Congo. La dévotion de notre père au Congo n'était pas nécessairement contagieuse. Cependant de cette dévotion, nous les enfants avons acquis une conscience politique et sociale. Ainsi, j'ai toujours rêvé d'apporter ma modeste contribution au changement des conditions sociales et humaines dans ce monde. Je n'avais jamais envisagé faire de la politique et je n'envisage pas de la faire au-delà de certains buts.
C'est en 1986 lors d'une visite du Canada au Congo Brazzaville, où mon père venait d'être libéré de prison, qu'en sympathisant avec les sacrifices de mon père, je me suis inscrite dans son parti: le parti Lumumbiste unifié (PALU). Sincèrement, ce n'était pas encore l'éveil politique. C'était plutôt le désir de faire plaisir à mon père, en montrant un soutien à sa cause. Évidemment, avec mon père, il n'y a jamais de demi-mesure. Ainsi, à mon retour au Canada, j'ai reçu en 1990 une nomination d'être la Représentante du PALU en Amérique du Nord. Lorsqu'un autre patriote, fut trouvé aux États-Unis (Dr Claver Pashi), je suis restée avec la représentation au Canada.
Depuis lors, je lutte pour une démocratie pluraliste au Congo.
2. La situation actuelle au Congo
Je me sens frustrée de la situation, mais je ne me sens pas désespérée. Je dirai en bref, que la guerre actuelle, comme la précédente sont le résultat de plusieurs intérêts étrangers. Cependant, c'est l'absence et le manque continu d'un système unificateur et de droit, qui permet aux étrangers d'exploiter l'opportunisme de certains de nos compatriotes en leur faveur. La stabilité durable, qu'elle soit au Congo ou ailleurs, passe par la démocratie. C'est la stabilisation intérieure qui nous permettra de faire face, même dans la crise actuelle à la menace extérieure, et il n'est jamais trop tard pour essayer de bien faire.
3. Le rôle de la nouvelle génération
C'est d'abord de bien comprendre les besoins du pays. Ensuite, tirer des leçons des échecs et de certaines réussites de la génération précédente. Mais surtout savoir intégrer les ambitions individuelles dans les intérêts collectifs. On parle souvent d'un mal congolais. Ce mal est justement dans l'opportunisme individuel et dans le manque de savoir utiliser constructivement les opportunités qui se présentent. Il y a cependant suffisamment des défis dans le développement économique et démocratique du Congo, pour mettre en valeur et distinguer chaque joueur et ainsi satisfaire les ambitions de tous et chacun.
Finalement, le rôle de la nouvelle génération, c'est d'être active. L'inaction ou l'indifférence (parfois de ceux qui sont à l'étranger) n'avancent pas les changements au Congo. Tout le monde doit se sentir concerné et chacun doit être un agent de changement.
4. Le rôle de la femme
Je vois le rôle de la femme, comme un rôle actif. D'abord, elle est majoritaire dans la population. Nulle comme elle, ne peut représenter l'avant-garde de la démocratie. Ensuite, elle joue le rôle économique dans la famille et dans la société, et par ce rôle porte un impact sur les décisions politico-économiques. Finalement, elle est un des éducateurs primaires de la nouvelle génération (les enfants). Puisque l'enseignement du bien et du mal commence à la maison, il est important que les éducateurs comprennent la notion du bien collectif.
En plus de cela, la femme est une victime multiple des conflits armés. Elle est abusée, et souvent par les deux fractions en conflits, alors qu'on présume que l'une est là pour protéger la population. Il est donc dans l'intérêt de la femme de se vocaliser et de devenir...




P.S.: Ce magazine est la propriété exclusive du Magazine Transatlantique et son utilisation, malgré qu'elle soit sur internet, nécessite une autorisation de l'éditeur qui est Kanyurhi T. Tchika. Les utilisateurs qui feraient une utilisation abusive de ce magazine pourrait être poursuivie en justice. Merci de votre compréhension.
Si vous avez des commentaires à propos de cette page, veuillez communiquer avec Serge Fortin (SF TEXT). Merci de vos commentaires.
|
|
|
|
|
|
|
|
|