L'hŽritage diplomatique du PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon
par Kanyurhi T. Tchika,
PrŽsident du Magazine Transatlantique
Le 7 juin 2009, la mort du PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon a ŽtŽ officiellement annoncŽe. Son rŽgime a durŽ plus de 41 ans, le plus long de l'Afrique. Cette longŽvitŽ a poussŽ certaines personnes ˆ ne voir que quelques erreurs commises par son rŽgime. On a eu tendance ˆ oublier que la qualitŽ de doyen des chefs d'ƒtats africains et son intelligence politique ont permis au PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon de donner ˆ son pays un rayonnement sans commune mesure avec les dimensions d'un pays de 2 millions d'habitants, mme trs riche en pŽtrole et autres ressources naturelles. Cette influence a permis de faire Žlire Monsieur Jean Ping, PrŽsident de la Commission le l'Union Africaine.


Monsieur Jean Ping, a ŽtŽ Žlu prŽsident de la Commission de l'Union Africaine
contre l'avis de l'Afrique du Sud et de la Libye.
Il y a un an, Monsieur Jean Ping, de pre chinois et de mre gabonaise alors Ministre des Affaires Žtrangres du Gabon, a ŽtŽ Žlu prŽsident de la Commission de l'Union Africaine. Ce fut un grand succs diplomatique pour le PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon, d'autant plus qu'il s'agissait d'une Žlection contre l'avis de l'Afrique du Sud, premire puissance Žconomique et politique du continent, qui voulait reporter l'Žlection. Monsieur Ping a gagnŽ haut la main contre Monsieur Ali Triki, alors Ministre libyen chargŽ des Affaires africaines, trs connu en Afrique et dont le pays a financŽ la transformation de l'Organisation de l'UnitŽ Africaine en Union Africaine. Monsieur Ali Triki vient d'tre Žlu prŽsident de l'AssemblŽe gŽnŽrale des Nations-Unis.
Il faut aussi souligner que le PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon a financŽ la crŽation de certaines institutions pan-africaines culturelles d'importance. C'est le cas du Centre International des Civilisations Bantu (CICIBA). Le CICIBA est une institution de recherches et de diffusion qui s'intŽresse aux Bantu, le plus important groupe culturel du monde nŽgro-africain, dont on dit qu'ils Žtaient partis de la Nubie vers le dŽbut du premier sicle aprs JŽsus-Christ pour occuper en plusieurs vagues successives l'Afrique de l'Est, du Centre et du Sud en se mŽlangeant avec les peuples autochtones. Il serait intŽressant d'approfondir le phŽnomne Bantu qui prouve la capacitŽ des peuples africains ˆ crŽer pacifiquement des grandes civilisations. Il faut souligner le cas de l'ancien Royaume du Congo d'o Žtait originaire Mathieu Dacosta, compagnon et interprte de Samuel de Champlain lors de la crŽation du Canada et de QuŽbec et pour qui nous avons obtenu la nomination d'une rue ˆ son nom ˆ QuŽbec. Le Royaume du Congo s'Žtendait sur une partie du Congo Brazzaville, du Congo Kinshasa, de l'Angola et du Gabon actuels. C'est de l'ancien Royaume du Congo qu'Žtaient issus une certaine Angela reconnue aujourd'hui comme la premire personne noire arrivŽe sur l'actuel territoire des ƒtats-Unis d'AmŽrique en 1607 et une grande partie des esclaves qui ont crŽŽ ˆ Congo Square les bases de la musique amŽricaine moderne en mŽlangeant les rythmes africains ˆ des cantiques chrŽtiens. Cette musique gr‰ce au gŽnie de Michael Jackson et certains autres a provoquŽe la naissance d'une culture populaire amŽricaine afro-occidentale qui a permis l'Žmergence du prŽsident Obama.
L'autre crŽation culturelle du PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon d'envergure continentale est la radio Africa no 1 qui est l'une des plus ŽcoutŽe de l'Afrique francophone. CrŽŽe dans les annŽes 1970, Africa no 1 s'est rapidement imposŽe ˆ l'Afrique Centrale et dans toute la francophonie africaine surtout aprs le dŽclin de Radio Kinshasa qu'on surnommait alors le Grand Tam Tam d'Afrique. Africa no 1 est le fruit d'un partenariat financier France-Gabon, qui a rŽussi ˆ garder une ligne Žditoriale libre prouvant que les Africains sont capables de participer ˆ un mŽdia international sans chercher ˆ en contr™ler totalement le contenu, ce qui devrait les pousser ˆ s'impliquer financirement dans TV 5 pour mieux reprŽsenter le continent africain. EspŽrons que les intŽrts libyens qui ont acquis Africa no 1 sauront garder son indŽpendance et assurer son dŽveloppement.
On a abondamment parlŽ des
mŽdiations du PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon
pour la paix en Afrique. Il avait continuŽ ses activitŽs dans les institutions
internationales comme la Francophonie o il avait une influence rŽelle.
Monsieur Jean-Louis Roy, ancien SecrŽtaire gŽnŽral de la ACCT a reconnu
l'influence capitale du PrŽsident Omar Bongo Ondimba
du Gabon.
Lors du Sommet de la Francophonie
de QuŽbec en octobre 2008, on a pu remarquer que le PrŽsident du Gabon avait ŽtŽ prŽsentŽ
ˆ la fin du dŽfilŽ des dŽlŽgations, juste avant le PrŽsident de la France, Monsieur Nicolas Sarkozy. D'aucuns pensent que c'Žtait
dž au fait que le PrŽsident du Gabon Žtait devenu le doyen des chefs d'ƒtats Africains.
D'autres y voyaient une influence croissante du Gabon au sein de
l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Commentant le Sommet de la Francophonie de QuŽbec pour le RŽseau de
l'Information (RDI) continue de la tŽlŽvision de Radio-Canada, Madame Liza Frulla,
ancienne ministre de la culture au QuŽbec et au Canada avait demandŽ ˆ
Monsieur Jean-Louis Roy si la France pouvait imposer tous ses souhaits ˆ la Francophonie Internationale. Ancien
secrŽtaire gŽnŽral de l'Agence de CoopŽration Culturelle et Technique (ACCT), anctre de
l'Organisation Internationale de la Francophonie, Monsieur Jean-Louis Roy a
affirmŽ que contrairement aux idŽes reues, la France ne contr™lait pas totalement la Francophonie
Internationale. Il a ajoutŽ que le PrŽsident Omar Bongo Ondimba
du Gabon y avait une influence telle que ce qu'il ne voulait pas, n'y passerait pas, ˆ cause de son influence sur les autres chefs
d'ƒtats Africains qui sont majoritaires dans la Francophonie Internationale. Le Gabon a fait Žlire
deux secrŽtaires gŽnŽraux de la CCT et le prŽsident de son AssemblŽe
Nationale est actuellement le PrŽsident de l'AssemblŽe parlementaire de la Francophonie.
C'est le PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon qui a permis au dernier Sommet de
la Francophonie de QuŽbec, de trouver un compromis pour confier
l'organisation du Sommet de 2010 ˆ Madagascar et celui de 2012 au Congo Kinshasa, deuxime pays
francophone du monde, qui a pu ainsi sauver la face aprs la prestation catastrophique de sa
dŽlŽgation. Il faut aussi signaler que le Gabon est le pays africain qui
envoie le plus d'Žtudiants au Canada.

Le Gabon est le pays africain qui envoie le plus d'Žtudiants au Canada
et en plus, avec ses propres fonds.
Il y a plus de mille Žtudiants
gabonais qui suivent leurs Žtudes, surtout dans des universitŽs francophones du Canada, notamment au QuŽbec. La plus grande particularitŽ est
que ces Žtudiants sont en majoritŽ boursiers du gouvernement du Gabon qui paie
rŽgulirement leurs bourses sur ses fonds propres, alors que d'autres pays se
contentent des bourses canadiennes ou des organisations internationales. Les
Žtudiants gabonais injectent donc des dizaines de millions de dollars dans l'Žconomie du QuŽbec et du Canada. Il est temps que
ce fait soit soulignŽ pour amŽliorer l'image du Gabon au Canada. Le collge
de Saint-Jean-sur-le-Richelieu qui gre les bourses
du Gabon, doit sortir de sa torpeur et participer ˆ des activitŽs
de promotion du Gabon au Canada. Il faut aussi signaler que des entreprises
minires du Canada font des affaires d'or au Gabon dans le pŽtrole et que
des entreprises quŽbŽcoises y ont dŽjˆ eu des contrats importants dans plusieurs domaines dont les travaux
publics.
On ne peut pas finir d'Žvoquer
l'hŽritage du PrŽsident Omar Bongo Ondimba du Gabon
sans se rappeler de l'influence de son Žpouse ƒdith Lucie morte deux mois
avant, fille de l'actuel PrŽsident du Congo Brazzaville qui a poussŽ son mari ˆ nommer une femme,
Madame Rose Francine RogombŽ, PrŽsidente du SŽnat
et qui se retrouve aujourd'hui PrŽsidente par intŽrim, du Gabon, aprs
avoir ŽtŽ assermentŽe par une autre femme qui est la PrŽsidente de la
Cour constitutionnelle. Ainsi, deux femmes ont permis au Gabon de respecter les
institutions dans une succession au pouvoir, une chose trs rare en Afrique.